Bienvenue sur Manga No Sekai ! Nous accueillons tous vos mangas préférés ! Venez nous les faire découvrir, ou tout simplement en parler entre passionnés.
 
AccueilAccueil  PortailPortail  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Les enfants des neiges [Naruto]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant
AuteurMessage
Invité
Invité



MessageSujet: Les enfants des neiges [Naruto]   Jeu 7 Mar - 7:29

Rappel du premier message :

Voici une fiction Naruto qui je l'espère vous plaira...
Je ne vais pas m'éloigner de la trame du manga, mais juste traiter d'un autre village que celui de Konoha, donc de nouveaux personnages etc... Mais je ferai intervenir des personnages déjà existants.
Vous découvrirez que cette fiction va donner un côté plus sordide et mature à ce manga... Alors je commence par le premier chapitre.

Les enfants des neiges


Arc enfants des neiges :

1.0 Le nécro-village

Un village parmi tant d’autres. Un petit village oppressé parmi tant d’autres recueillait en son sein la pauvreté, la famine. Yuki No Kuni… Le village caché des neiges ou des flocons. Comme la plupart de ces villes de même instance, la guerre et ses conséquences se faisaient que plus ressentir chez eux que chez les cinq grands pays. Et cette troisième guerre ninja s’éternisait au grand damne de la population. Heureusement que le dirigeant, un Kage plus craint qu’aimé, avait su montrer les crocs à ses voisins, et faire les bons traités. Il dirigeait Yuki d’une main de fer. Son tempérament guerrier ne le présentait pas pour autant comme un sauveur. Une minorité commençait à s’agacer. Mais ils ne pouvaient rien y faire, ni même demander une audience auprès de leur Eminence. Ce redoutable ninja vivait au cœur de la ville dans une enceinte sécurisée et barricadée par ses hommes. En dehors de ce fort aux nombreux malaxeurs de chakra, la vie des citadins n’était pas rose. Les réquisitions des uns et les attaques des autres en avaient démunis plus d’un. Le pays n’était plus le même. Les gens n’étaient plus les mêmes. Ils étaient plus froids, distants. L’ambiance devenait aussi glaciale que lors des mois d’hiver dans ce pays. Plus on s’écartait du centre de Yuki, plus les quartiers étaient malfamés, insalubres, et respiraient la misère. Un port à l’Est et ses entrepôts étaient un nid de délinquance et de crapules formant des bandes violentes. Les ninjas peinaient à faire régner l’ordre dans toutes les zones sensibles. L’hiver avait commencé et les sans abris et les orphelins dans les rues allait le sentir passer. Qui sait combien de victimes de ce système allaient reposer dans la neige éternellement…

Des gamins s’étaient en effet retrouvés sans famille, sans chez soi. Leurs parents avaient été victimes de la guerre ou alors les avaient abandonnés ne pouvant subvenir aux besoins de tout le monde. Il arrivait qu’à la fin de l’automne, Yuki grouillait de gosses frêles et sales. L’hiver ferait une sélection naturelle et cruelle. Dans le quartier Sud, une petite mamie portant son lot de pain et de riz pour la semaine, s’attristait de dessous son foulard qui couvrait ses cheveux grisonnants. L’œil blafard sur les bordures de ruelle, elle ne pouvait que s’épouvanter du décor. Ne pas pouvoir offrir une miche de pain à ces jeunes mendiants lui arrachait le cœur. Elle les regardait errer ça et là, sans but réel, les bras ballants à cause d’un manque de force évident. Ceux qui se sentaient défaillir, se meurtrissaient la peau juvénile de leurs cuisses sur des morceaux de trottoirs verglacés. Puis, au fond d’un cul-de-sac, elle entraperçut un autre bambin, un garçon de six ans pas plus, prostré contre une barrière de planches pourries. Il était assis, les genoux refermés sur ses bras, et collés à son front. Des mèches bleues grises trempaient ces articulations cagneuses. Il faisait par contre partie des jeunes qui venaient de se jeter dans cette vie de débauche. Sa tenue vestimentaire moins rongée en témoignait. Rares étaient ceux de son âge qui arrivaient à se débrouiller dans pareil merdier. Il était incapable de contrôler ses tremblements. Cette image était plus que ce que la vieille femme pouvait en supporter, voir ce pauvre petit grelotter et mourir à petit feu était une vision atroce. Elle se rebiffa, ses rides s’étant accrues, et claudiqua jusqu’à retrouver sa maisonnette. Tout comme cette dame d’un certain âge, les villageois ne faisaient qu’encaisser sans rien dire. Un jour peut-être, la guerre aura fini de les harceler…

Le petit recroquevillé dans ses membres continuait à trembler. Le fait de se tenir dans l’ombre omniprésente d’une allée avait de quoi intensifier la sensation de froid. Ses lèvres étaient gercées, et ses doigts présentaient des engelures. Les mêmes symptômes le déformaient aux orteils, malgré les sandales dont il était chaussé. Il ne pouvait empêcher sa figure se rougir au sommet de ses pommettes et ce, même s’il tentait de le réchauffer au creux de son corps en position fœtale. Il respirait lentement. Etrangement, le gosse ne tremblait pas vraiment de froid, il ne le ressentait pas, ou du moins il en faisait abstraction. C’était plutôt des gémissements provenant d’une crise nerveuse. Il s’était volontairement isolé dans un coin reculé et assombri, ne voulant pas encore se confronter aux personnes du dehors. Ses troubles et ses peurs le hantaient. Ses larmes ne tarissaient pas. Il ne comprenait pas… Que faisait-il ici, sans parent ni personne le réclamant ? Pourquoi était-il dans un état aussi déplorable, délaissé dans une ville où ses habitants n’étaient que des pierres tombales qui se trainaient ? Une même bande de film défilait à n’en plus finir. Plus rien n’avait de sens. Il était perdu sans aucune attache sûre. Il était prêt à ce qu’une trainée de convulsions le prenne de cours. Mais il trouva une seule pensée dans son for intérieur… en fait c’était plutôt un sentiment, mais il valait mieux qu’il s’en contente si cela pouvait lui valoir de rester conscient. Aussi saugrenu que cela puisse paraitre, ce n’était pas de la tendresse ou une chaleur lointaine. Il se saisit de cette dernière échappatoire, cette corde de survie. Ce qui lui donna un semblant de courage pour envisager l’avenir, était une haine qui le bouffait. Il n’avait que cette solution, nourrir sa haine, même si celle-ci n’avait aucun fondement. Il aurait voulu se rabattre sur autre chose, de plus positif et réconfortant. Mais rien d’autre ne lui venait, alors il prit sur lui-même. « Non, je ne peux pas… pourquoi… pourquoi je les déteste ? Que m’ont-ils fait ? Je n’y comprends rien… Que m’arrive-t-il ? Suis-je un monstre ? Je veux des réponses… Pourquoi ne sont-elles pas dans ma tête ? » Ce néant le détruisait, et il vint à ce qu’il le préoccupait, l’essence de son être. « Qui suis-je ? » Mais il se reprit. A ces moments d’égarements, il ne pouvait que revenir sur sa haine, il s’en sustentait. Il pouvait ainsi se sentir plus fort, plus vivant. Il les détestait… Il détestait les ninjas de Yuki, le Yukikage, et dans une plus large mesure tout ce qui faisait le shinobi. Finalement, un timide rayon solaire qui s’était perdu, imbiba son cou d’une tiédeur. Il sortit de sa torpeur et leva sa caboche amochée. Il avait oublié que des poubelles étaient plaquées contre le mur à sa droite, et que des piles de cartons ouverts tapissaient une parcelle de neige. Ce devait être sa couche provisoire… si seulement elle pouvait l’être ! Ce qu’il vivait était un cauchemar à durée illimitée. Il était temps d’arrêter de pleurnicher, sa vie pouvait avoir un sens grâce à cette prise floutée de son esprit tâtonnant. Il ne devait plus sombrer, mais survivre, faire front à une réalité, une horrible réalité qu’il n’aura de cesse que de chercher à la braver. La neige avait retenu ses flocons, le temps de son introspection. Une fois revenu à lui, elle délivra une poignée de ses cristaux d’eau sur cet innocent et les alentours. Une vague de froid se profilait, chacun devra s’y préparer, peut-être même à aller jusqu’à s’entretuer.


Dernière édition par bl00dy le Jeu 7 Mar - 13:23, édité 4 fois
Revenir en haut Aller en bas

AuteurMessage
Shika'
Membre
avatar

Féminin Messages : 430
Réputation : 15
Date d'inscription : 15/01/2013
Age : 19

MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Ven 10 Mai - 17:26

(Encore désolé pour le retard !)
De nouveaux personnages, j'ai hâte de voir leurs compétences..
Et merci, parce que j'ai bien rigolé avec le dernier chapitre ! x)
Vivement le prochain !

_________________



Arigato gozaimasu Luffa-chan ♥️, utsukushii sugimasu ! *0*
⊱ L'AdN, c'est dans les gènes ! ⊰
Thanks Ao-kun :
 
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Lun 13 Mai - 20:06

Oui, le dernier était là pour détendre l'atmosphère. ^^

3.2 Horrifié dans son sommeil


« Pourquoi… pourquoi est-ce qu’il a fallu en arriver là ?! Pourquoi tant de violence ? Mes parents… pourquoi sont-ils morts ?… » L’enfant s’était lové en serrant ses fébriles jambes contre lui. Il tremblait de peur attendant que l’assassin le châtie pour une raison qu’il lui était étrangère. Il n’avait rien fait de mal, il était innocent ! Pourtant, une masse sombre venait vers lui. Les ombres se confondaient. A l’extérieur, on entendait comme un feu qui crépitait, un incendie s’était déclaré. L’informité inquiétait Ensei, il respirait à la limite de l’hyperventilation. Il eut un coup au cœur, quand un être surgit pour le finir. Une carcasse humaine pointait ses doigts greffés de lames pour le transpercer. Sa tignasse ébouriffée fit apparaître un regard de fou furieux, et une bouche de poupée rapiécée. Le pantin de Rumibayu !
Il se leva en sursaut, trempé. Ensei en avait des sueurs froides, et grelottait comme s’il avait eu froid. Il était dans sa chambre d’hôtel, dans un état second. Ses cauchemars ne le laisseraient jamais en paix ! Cette fois-ci, ça avait été plus virulent. Son cœur tressautait dans son torse et deux douleurs s’éveillèrent intensivement. L’une était due son index qui avait encore fait des siennes. Il atteignait presque le bout du lit, avec cet aura malsaine. Cette élongation faisait endurer une souffrance comme s’il brûlait du bout de ses phalanges. L’autre douleur était un mal au crâne, au niveau du front, qui l’assommait. Il l’avait déjà ressenti, mais pas après un mauvais rêve. Il tomba comme une loque sur son oreiller, vidé.
En tournant sa tête sur le côté, il vit entrer en trombe une personne. La vision brouillée, il s’attendait à voir apparaître son plus fidèle ami. Mais il crut halluciner en s’apercevant que c’était Takumi qui s’était ruée vers lui, l’inquiétude sur le visage. Elle s’assit au bord du lit, et voulut savoir comment il se sentait et ce qu’il lui arrivait. Elle ne chercha même pas à poser son dur regard sur son anomalie de l’index.

– Ce n’est rien. Tu peux me laisser, ça m’arrive souvent. C’est juste un mauvais rêve.

Aussitôt, une troisième tête émergea dans son champ de vision. Il avait été moins rapide, mais Ryusuke voulait se rassurer sur son état. Il avait été loin de s’attendre à ce que la violente kunoichi l’ait précédée.

– C’est encore le même cauchemar ? Tu es dans un de ces états mon pauvre…, s’attrista le punk.

– Je vais m’en remettre ce n’est que passager.

Son collègue hocha la tête, et se laissa happer par le regard détendu de la belle. Il souhaita à nouveau une nuit meilleure à Ensei, et prit la porte. Il aurait préféré que Takumi le laisse se reposer mais elle ne semblait pas l’entendre de cette oreille. Elle était décidée à rester à son chevet un peu plus longtemps. Ryusuke jeta un dernier coup d’œil avant de s’en aller. Malgré son coup de foudre, il se méfiait d’elle depuis la révélation sur le Harem et le possible lien qu’elle pourrait avoir avec lui, ou avec Ensei dont le pouvoir s’était manifesté avec violence.
Dès qu’il les délaissa, la kunoichi fut aux petits soins, ce qui déboussola l’azuré. Il ne la connaissait pas comme ça. Sans aucune arrière pensée, elle posa sa main sur son front brûlant. La peau blanche de Takumi était rafraîchissante, et pourtant il était pris d’une bouffée torride. Couvait-il quelque chose ? Ce n’était vraiment pas le moment de tomber malade ! Ou alors il ressentait une certaine gêne ? Même en son for intérieur, il ne savait pas où il en était. Cette fille était si énigmatique et déroutante.

– Tu as de la fièvre. Attends là, je reviens, retira-t-elle sa main en douceur.

Elle s’absenta dans la salle de bain et revint avec une serviette humide qu’elle avait préalablement épongée. Elle l’étendit sur son front. Peu à peu, les phalanges se rétrécirent en même temps que ses douleurs. Un léger mal au crâne persistait dans un bourdonnement. Néanmoins, il était nettement plus lucide et put s’exprimer sans grincer des dents. Il voulait savoir.

– Pourquoi tu fais ça ?

– Il faut bien s’entraider quand on fait partie d’une même équipe. Ne va pas croire que j’ai de l’affection pour toi, sourit-elle sincèrement.

– Loin de moi cette idée ! Lui rendit-il la pareille.

Toutefois, ces mots et les actes ne concordaient pas vraiment. Un élément n’allait pas dans ce sens, un détail presque anodin. Ah oui, la jeune femme souriait. Quelque part, elle laissait paraître son soulagement. Elle avait eu peur pour lui. Son expression ne pouvait être que franche et spontanée. Il n’y fit guère attention, mais inconsciemment il accorda bien plus d’estime envers elle. Elle était toujours le summum en tant que rivale, toutefois leur relation devenait amicale sans prises de tête. Il la découvrait sous un nouveau jour.

– Tu ne m’en veux pas trop pour tout à l’heure ?

– Tu veux parler de ton penchant d’obsédé… Non, je m’adapte à chaque personnalité, l’embêta-t-elle.

Ensei ferma les paupières, frustré, blessé dans son amour propre. Il n’aimait pas se faire taquiner, au moins, elle avait été indulgente. Elle avait compris que ça n’avait été qu’un accident. Elle enleva la serviette froide pour reprendre sa température. Il en profita pour lui poser une autre question, plutôt accessoire :

– J’ai été si bruyant que ça pour que tu accoures dans ma chambre ?

– Disons que tu as lâché un cri d’épouvante, qui m’a fait sursauter dans mon lit.

– Désolé.

– Ce n’est rien, ça ne se contrôle pas. Dis-moi, tu fais quel genre de rêve pour que ce soit si terrible quand tu sors de ton sommeil ?

– Difficile à dire, le scénario est le même, le décor est inchangé. Je suis chez moi, et je suis sur le point de me faire tuer par un ninja, ou par un monstre. Mon bourreau n’est pas tout le temps le même, par contre.

– Mm, l’écouta-t-elle sans chercher un sens à ce rêve. Bon, tu devrais être en meilleur forme, dans les jours à venir. La fièvre s’estompe déjà.

– Je vous avais dit que ce n’était que passager.

– Ouais, ben on n’est jamais trop prudent. Passe tes dernières heures de repos de manière plus détendue. Notre traversée du pays du Feu n’est pas finie. A demain.

– A demain.

Elle se dépêcha alors de sortir. Avant de fermer la porte complètement, elle eut soudainement l’envie de clore leur entrevue par une énigme.

– Au fait, un conseil.

– Oui ?

– Quand tout te paraîtra sans espoir, quand tu auras l’impression que tous tes amis t’ont abandonné, quand tu auras besoin de te ressourcer, de faire le vide en toi, de retrouver la paix, va au mont Bakufujo.

Elle ne laissa plus trace d’elle, alors qu’il aurait bien voulu obtenir l’interprétation de ces paroles. Tant pis, une autre fois… Il n’avait pas le courage de résoudre un casse-tête. Il voulait seulement retrouver son calme. « Elle voulait certainement parler de mes rêves qui me tiraillent. Le mont Bakufujo serait une échappatoire spirituelle qui me permettrait de refouler mes angoisses… » Son cerveau cessa ses remues méninges pour retomber dans l’inconscience.

Tôt dans la matinée, les six voyageurs aptes au combat s’alourdirent de leurs bagages, et avancèrent pour que l’hôtel luxueux soit loin derrière eux. Le garçon au regard voilé par ses cheveux avait repris des couleurs, enfin de ce que son teint pâle pouvait transparaître. Requinqués, ils entreprirent leur dernière ligne droite. En fin de journée, ils furent arrêtés par trois ninjas du village de Konoha, d’après les connaissances accrues de Kagu. Ainsi, Ensei découvrit un autre symbole ninja, marqué dans le métal. Ils présentèrent leur passeport, leur droit de passage, et ces shinobis aguerris arrêtèrent de les importuner. Leur séjour dans ce pays était sur le point de se terminer, après trois nouvelles journées. Avant de passer la frontière, Takumi cessa de guider l’équipe et donna la carte à celui qui la réclamait, Ryusuke. Elle voulait que Yune arrête de la rabrouer sur ses décisions. La métisse aux cheveux blancs tempéra ses ardeurs comme prévu. Avec ça, leur traversée s’éternisait anormalement. Ils auraient dû atteindre le pays de la pluie, depuis une heure et des poussières. Ryusuke était pourtant sûr de la marche à suivre. Au bout du compte, Takumi lui arracha la feuille des mains, et fut prise dans un pic de colère quand elle s’aperçut que e brun tenait la carte à l’envers. Une torgnole sur le crâne fut infligée au grand damne du benêt qui se le tint jusqu’à Ame. Qu’est-ce qu’il pouvait l’irriter ! Il était pire que Yune ! En tout cas, ils étaient tous affligés par l’incompétence de celui à la coupe d’iroquois. Kotarasu avait même émis entre ses dents : « Quel boulet, celui-là ! » Ils avaient divergé de leur route, mais Takumi et l’avis expert de Kagu rectifièrent la bévue. Ils intensifièrent leur vitesse de déplacement pour combler le retard. Avec pas mal d’obstination, ils entrèrent dans le petit pays.

Après avoir longé des parois rocheuses aux précipices béants, et un lac abondant de larmes célestes, ils furent en vue du prestigieux village d’Ame. Il était sortit de l’anonymat de par son implication dans la troisième guerre ninja, récente dans les esprits. Son dirigeant, Hanzô de la Salamandre, avait gagné en renommée à tel point qu’il était entré dans la légende, contrairement à leur ‘bien aimée’ Yukikage. Que pouvait-il préparer pour cet examen ? Ils empruntaient un large pont, sécurisé par des barrières tout du long. Au bout, ce village très fermé les narguait de par ses immenses tours aux formes insolentes. Ils crurent distinguer sur l’une d’elle ce que l’on pouvait apparenter à une tête humaine tirant la langue. Pour la météo qui les talonnait, Ryusuke la résuma :

– C’est quoi ce temps ?! Ca flotte, ça flotte, et ça flotte encore…

– On sait ! S’écrièrent les cinq ennuyés et décrépit par cette pluie inaltérable.

Ame reposait sur un îlot au beau milieu d’un lac, celui qu’ils avaient longé tout à l’heure. Deux ponts permettait de réguler les arrivées et les sorties. Ils étaient sur l’un d’eux, et comme tout bon village ninja, la sécurité était nécessaire pour éviter toute intrusion malicieuse d’ennemis. Sur ce pont, avait été emménagé un ponton où était maintenu une case en bois, lieu où s’abritait les douaniers.
Même si le temps était capricieux, deux ninjas leurs barrèrent la route, alors qu’ils n’étaient plus qu’à deux doigts de sécher leurs têtes sous une devanture ou un préau. Ils appartenaient bien au village par leurs habits, cependant ils furent troublés par leurs bandeaux. Les traits représentant une averse battante avaient été rayés par un coup de kunai. C’était plus qu’étrange.

– Arrêtez-vous ! Que venez-vous faire ici ? Il est interdit aux ninjas étrangers d’entrer dans Ame !

– Nous sommes venus pour l’examen shunin qui a lieu dans votre village, prit la parole Takumi. Voici nos papiers ainsi que la missive de votre Kage faisant acte de cet évènement, dit-elle tandis qu’ils montraient leurs pièces d’identité.

– Je vois… vous êtes en règle. En revanche, vous devez savoir que l’examen a été annulé.

– Vous rigolez ! Alors on a fait tout ce chemin pour rien ! S’irrita le Gomenaren.

– Croyez-le ou non, mais nous en sommes désolé. Vous auriez dû en être averti.

– Pourquoi un tel changement ? Voulut s’informer Yune.

– Cela reste interne au village, sachez juste que l’on n’a pas pu le maintenir.

– Très bien, nous repartons, déclara la brune refermée sur elle, les yeux mi-clos.

Elle tourna sur ses talons, quand Ryusuke fulminait de plus bel :

– Tu es sérieuse ?! Avec tout le respect que j’ai pour toi, tu ne vas pas me dire que tu te contentes de rebrousser chemin comme ça !

– C’est bien beau ce que tu dis, mais on n’a pas le choix, le dissuada-t-elle.

Ils commencèrent tous à se retirer, démoralisés même si Kagu et Takumi ne laissaient rien afficher de leurs émotions. Ensei était à la traine, il réfléchissait. Tout ce cinéma ne rimait à rien.

– Kamuhita, tu viens ? L’appela son ami à la crête.

C’est alors que celui à la tignasse grise et bleue fit volte face. Il courut en direction des gardes, kunai en main. Ses compagnons se retournèrent, abasourdis par ce revirement de situation. Ensei allait frapper des shinobis en terrain découvert ! Les ninjas de la pluie tendirent leurs mains vers les poignées de leurs couteaux qui étaient à leurs hanches. Le flocon fonça à corps perdu sur les défenseurs de leur cité. Finalement le choc était attendu, mais rien… Ensei était passé au travers d’illusions ! Il se tourna vers ses compatriotes, grand sourire empli de fierté. Il avait décelé le genjutsu avant tout le monde ! Ryusuke était une fois de plus bluffé.

– Mais comment t’as fait ?

– C’était trop gros pour que cet examen soit stoppé aussi facilement, de nombreux pays y participent, et je ne vous dis pas les représailles à cause des désagréments. Il fallait prendre ce premier rideau défensif comme un test ! Ce qui m’a mis la puce à l’oreille sur les illusions, c’est leur laxisme dans leur vérification, ils n’ont rien pris dans leurs mains qui nous appartenait, et ce pour une seule raison, c’est parce qu’ils en étaient incapables.

Ryusuke était admiratif, et Yune, Kotarasu et Kagu étaient défaits face à son raisonnement sans faute. Seulement Takumi n’était pas si enjouée, elle ne fit que soupirer, en rejoignant le méthodique Ensei. Ce soupir désempara le calculateur qui le prit comme une victoire face à elle. Les quatre autres suivirent.

« Je n’ai rien vu venir avec ce genjutsu… J’aurai dû être le premier à le déceler. Dans sa conception, il ne devait pas être normal. La prochaine fois ce sera à moi de briller, mon pote ! »
« Il est vraiment réfléchi le mioche. » Avoua Kagu.
« Et moi qui les sous-estimais… » Concéda Kotarasu.
« En plus d’être mignon, il est intelligent ! C’est le garçon parfait ! » S’extasia Yune.
« C’est maintenant que le vrai examen commence ! » Jubila Ensei, une lueur dévorante dans les yeux.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Ven 17 Mai - 18:05

3.3 Début des festivités

Ils firent une courte visite des environs, pour qu’ils aient juste de quoi se rassasier. Dans un silence morose, ils observaient tour à tour les installations, les bâtisses étaient grises tout comme l’humeur des hommes et des femmes qui étaient de passage. Ils se réconcilièrent avec une spécialité du village, des brioches fourrées à la viande. Ryusuke en était repu. Ils souhaitaient se relever en dehors de leur abri, après que les gouttes se turent quelque peu. Pour ça, ils pouvaient attendre. Ils n’étaient pas au village caché de la pluie pour rien !
Ce ne fut pas eux qui prirent les dispositions pour se renseigner sur la suite des évènements, car un homme recouvert de la tête aux pieds par un manteau imperméable à capuche, vint à leur table. Il les identifia immédiatement comme étant des participants à l’évaluation. Par contre, les genins n’étaient pas certains qu’il était d’Ame, vu que son bandeau était caché sous le gros imper.

– Vous êtes ceux de Yuki ?

– Oui, affirma Takumi.

– Je vois que les deux équipes sont là. Je vous remets un parchemin pour chaque équipe qui vous expliquera le but de la première épreuve. Bonne chance à vous !

Il donna donc les deux rouleaux respectivement à Kagu et à Takumi, pour ensuite s’évanouir sous les averses qui tombaient en filet d’eau. Elles les ouvrirent d’un commun accord et partagèrent aux autres qui s’impatientaient, leur contenu qui était identique. La blonde au long kunai focalisa leur attention, lorsqu’elle parla à voix haute de la situation.

– L’épreuve commence immédiatement. En gros, nous devons atteindre la tour où nous attend le chef d’Ame. Elle est au centre du village, apparemment on ne pourra pas la rater. De ce que je relève, il n’est pas question d’une course de vitesse, même si la limite de temps est de cinq heures. La première équipe arrivée n’aura pas d’avantage par rapport à la dernière au terme de cette étape. Il faut juste que les trios arrivent sains et saufs à cette construction.

– Est-ce que il est possible de s’entraider entre équipes ? Demanda Yune, perplexe.

– Il n’en est pas fait mention, je suppose que ce n’est pas interdit.

– Je ne vois pas où est la difficulté, commenta Ryusuke tout en se grattant le sommet de sa tête.

– C’est bien ça qui m’inquiète, fit remarquer la Louve. Que direz-vous, si on progressait ensemble pour cette épreuve-ci.

– Ne sachant pas à quoi nous devons nous attendre, il vaut mieux oui, accepta le Lynx.

Cette fois, ils savaient qu’ils n’avaient pas de temps à perdre. Pluie ou pas, trempés ou pas, ils devaient batailler dur pour que ce test soit couronné de succès. La traversée d’Ame ne les épuisèrent pas le moins du monde. A côté de leur long périple pour venir jusqu’ici, c’était du gâteau. Ils arrivèrent même dans le bon quartier en à peine une demi heure. Constatant qu’ils étaient en avance, ils ralentirent le rythme, conscients que des pièges pouvaient être tendus. Dorénavant, l’ambiance était différente. Tout d’abord, les maisons à étages furent remplacées par des buildings improbables, des tours envahies de canalisations et de tuyauteries. Le sol en était aussi truffé formant des fois des ponts aériens. Le terrain était propice aux embuscades. La prudence était mère de sûreté. Ensei et d’autres avec lui, pressentaient qu’il y allait avoir des complications. Les rues qui se succédaient étaient vides, pas un chat ne montrait le bout de ses moustaches. « Ça sent le roussi… On n’a pas vu âme qui vive depuis un certain temps. Je doute que le peu de chemin qui nous reste à faire, se fera en un claquement de doigts. Ce serait trop facile. » Se méfia Ensei. Qui sait si son analyse s’avérerait exacte.

Dans un étage de la tour grimaçante, au milieu d’une certaine pièce mal éclairée à cause du temps maussade, un individu passait son visage fermé au travers de la bouche fenêtre, et fixait le firmament. S’il n’était pas debout, on aurait pu croire qu’il était sans vie dans son manteau noir aux motifs de nuages rouge. Puis, vint dans un bref courant d’air, une femme dans son dos. Elle était aussi fraîche qu’une fleur du désert et dissimulait ses aptitudes au combat derrière un sérieux grave. Sa chevelure bleue était décorée d’une rose en papier, et la dame s’enorgueillissait d’un piercing sous la lèvre inférieure. Elle portait le même manteau que l’immobile. Elle se permit de l’interrompre dans ses songes éveillés.

– Je voulais te dire que tous les petits villages ont répondu favorablement et ont bien envoyé leurs genins. Nous venons de leur laisser l’intitulé de la première épreuve, et ils ont commencé.

– Je l’ai remarqué… Mais c’est mieux que tu me le confirmes. Merci Konan, susurra l’homme roux.

– Nous avons des aspirants qui me paraissent redoutables sur le papier. Yuki a sélectionné comme promis deux équipes, et ce qui m’intrigue, est que trois d’entre eux n’ont aucune information statistique sur leur niveau et le nombre de missions effectuées.

– Mm… La Dame des Glaces jouerait-elle avec nous ? Qu’elle essaye, mais elle ne pourra pas ralentir la destruction de son village. Personne ne peut s’opposer à Dieu. Nous garderons un œil sur ces trois éléments suspects.

– C’est entendu. Pour Ame, tu te doutes que tous ceux qui ont été recommandés sont de la partie. Comme ils vous vénèrent tous, ils ne pouvaient pas vous désobéir.

– Oui, quatre équipes de notre village sont en lice, dont celle de Zenji. Tu oublies que ce dernier ne m’est pas complètement soumis.

– Oui…, cligna-t-elle avec une goutte de transpiration sur la tempe. D’ailleurs pour son cas, le faire concourir n’est-il pas excessif ? Il est assez bestial dans son genre.

– Non, je ne trouve pas quand je vois les ninjas des autres villages.

– Tu as sans doute raison. Concernant les trois autres villages, Kusa a trois teams dont celle d’Egyo du clan Masamari, réputé là-bas. Le récent village des geysers a envoyé ses recrues les plus prometteuses, ce sera intéressant de les suivre. Et le dernier à avoir répondu est Taki, trois équipes, avec à sa tête, la jinchuriki de Nanabi. On ne va pas la capturer durant l’examen ? Se releva-t-elle de sa paperasse.

– Non, Madara n’a pas déclaré ouverte la chasse aux démons. Attendons ses nouveaux ordres quand il reviendra de Konoha avec Kyubi.
– Tu lui fais tant confiance que ça ?

– Je ne dirai pas ça, même s’il a montré sa bonne foi. Puis… j’ai décidé de prendre les devants. Il nous a dis de ne pas capturer les démons, mais il n’a pas mentionné que l’on ne pouvait pas se débarrasser de leurs hôtes.

– Tu voudrais confisquer le démon au village des cascades ?

– Tu sais, on est dans un examen shunin. Un accident peut vite arrivé. Viens, il est temps que les choses sérieuses démarrent.

Sans plus tarder, ils gravirent des dizaines et des dizaines d’escaliers en colimaçon pour terminer leur ascension au sommet du monument. Un homme de 25 ans les attendait de pied à ferme à son poste, assis en tailleur dans cette dernière salle exiguë. Lui aussi, possédait un bandeau du village de la pluie dont le symbole était raturé. Son nez soupesait des lunettes translucides et rectangulaires. Les mèches châtaines qui tenaient devant ses oreilles se rebiffaient en l’air. Devant lui, était étalé le contenu d’un rouleau, dont deux grossiers cercles y étaient dessinés.

– Eikuso, nous sommes là. J’espère que l’attente n’ait pas été trop longue, s’en soucia à peine l’homme aux pupilles à plusieurs cercles.

– Oh non, Dieu ! Pas du tout !

– Bon, tu peux lancer l’opération. Tu as bien pris soin d’avoir un stock de munitions suffisant ?

– Oui, fit le subordonné, pleinement concentré.

Le binoclard avait toute une cargaison d’armes près de lui. Il piocha à l’intérieur pour en prélever des kunais, un dans chaque main. Il les plaça chacun sur l’un des cercles. Avant qu’il n’effectue son jutsu, son supérieur lui donna ces dernières attentes.

– Je ne veux pas que tu fasses de cadeaux, aucune faveur même envers ceux de notre village. Je vais interrompre ma pluie pour que tu puisses agir aisément. Tiens-toi prêt ! Lança-t-il en apposant ses doigts les uns sur les autres.

Au détour d’une ruelle perdue entre ces tristes immeubles, des pas claquaient sur des dalles à une cadence effrénée. Un ninja, un jeune homme, s’enfuyait avec une démarche chancelante. On pouvait distinguer qu’il était du pays. Il ne prenait même pas la peine de reprendre son souffle. Il était littéralement terrifié, la bouche sèche. « Non, non ! NON ! Je ne veux pas mourir ! Laissez-moi tranquille, je ne veux pas finir comme mes compagnons ! » Il avait les yeux écarquillés, les yeux d’un fou. Les hauts murs qui encadraient la voie étaient des plus sombres. Le combattant avait perdu tout bon sens, et c’est dans sa course, qu’un outil fila, émergeant des ténèbres. Il n’eut plus à crier ni à pleurer… Un kunai s’était enfoncé dans sa boîte crânienne, dans le front. Une équipe entière était éliminée.
Pour le groupe de six bien soudé, il progressait en étant aux aguets. La pluie s’était enfin retenue et des éclaircies apparurent léchant quelques faces de buildings. Ryusuke voyait ce répit comme bénéfique, mais il était bien le seul. Ensei s’était tenu exprès à l’arrière, marchant à la suite de la demoiselle métissée. Il analysait la situation qui n’était pas si terrible que ça. Subitement il tressaillit, un kunai apparut dans un nuage de fumée juste derrière la nuque de Yune. « D’où vient-il ? C’est dément ! »

– Yune ! Attention derrière toi !

Trop tard ! Cette pointe métallique tranchante prit soudain de la vitesse alors que personne ne semblait l’avoir envoyée. La jeune femme était obligée de se le prendre. En plus, l’arme s’était exécutée avec précision pour tuer en une tentative au niveau du cou. Alertée, l’intenable aux cheveux neige eut le réflexe qui sauve. En revanche, elle eut l’épaule clouée par le poignard. Elle se l’agrippa, meurtrie de douleur. Ce petit laps de temps où elle tâtonna la mit à découvert. Une fournée de six shurikens s’était présenté face elle et décolla pour la planter. Une ombre rapide surgit prestement et contra tous les projectiles. Kagu avait prit les devants pour venir en aide à son amie. Elle avait fait tournoyer son long kunai avec dextérité.

– Ne me fais plus une frayeur pareille, maintint-elle sur son ton ferme er dur en même temps qu’elle rangeait son arme de prédilection.

– Attends ! Je vais m’occuper de toi, vint Ensei muni de sa trousse de secours.

– Je n’y pouvais pas grand-chose, il était entré dans mon angle mort, serra-t-elle entre ses dents.

Le ninja médecin se retroussa alors les manches, se montrant vite efficace. La plaie examinée en deux temps, n’était pas profonde. Les soins n’étaient pas difficiles à administrer. Pendant qu’il était affairé à nettoyer, désinfecter et nouer des bandages, les quatre acolytes formèrent une zone de défense autour d’eux en cas d’assauts aussi imprévus que le premier. Pour finir, Ensei se servit d’un jutsu médical de base pour accélérer la cicatrisation. Pour le remercier de l’avoir remise sur pieds, elle lui sourit langoureusement en accentuant par un clin d’œil exagéré. Ensei ne savait pas comment le prendre.

– Bon, allez ! On se dépêche si tu es rétablie ! Grogna la brune, qui mit un terme à l’échange.

Tous les protagonistes se regardèrent interloqués en voyant Takumi perdre son calme pour une broutille. Kagu trouvait que ça ne lui ressemblait pas, et Ryusuke en vint à la même conclusion. Il s’imaginait à tort, ce qui aurait pu se produire entre Ensei et sa dulcinée à partir du moment où il les avait laissé seuls dans la chambre, il y a quatre jours. Sa perversité mal placée reprenait le dessus, le démoralisant. Ils se ressaisirent et reprirent leur pérégrination en prenant une formation qui couvrait tous les angles. Ils se demandaient même quel était le fonctionnement d’une telle technique et qui pouvait bien être le lanceur ?

En effet, comment pouvait-il penser que le ninja qui attaquait sur tous les fronts, était perché en haut d’une tour gigantesque à cent mètre d’altitude ? Il prenait fermement son rôle à cœur, sous le regard impénétrable de son chef suprême et sous la stupéfaction de l’ange messager bleu.

– Je suis impressionnée… Comment fait-il ?

– Eikuso Tamaji… Tu sais tout autant que moi, qu’il est chargé de la surveillance du village en mon absence. Tu te demandes pourquoi ? En fait, ses capacités de senseur surpassent presque tous les dojutsus. Il répand de fines particules de son chakra dans l’air sur un rayon d’un kilomètre. Tout ce qui se passe dans ce quartier ne peut pas lui échapper. Le rouleau qu’il utilise est imprimé de sceaux lui permettant de téléporter les objets dans son périmètre de vision. Un autre jutsu qu’il n’hésite pas à utiliser pour défendre mon domaine, est la télékinésie sur ce qu’il touche tant que cela puisse être porté à bout de bras. Il associe téléportation et télékinésie à merveille, révéla-t-il à Konan qui ne s’était pas intéressée à ce shinobi de l’ombre jusqu’à maintenant.

D’ailleurs, ce shunin avait attendu que le rouquin finisse pour faire une annonce :

– Bilan du premier quart d’heure : trois équipes ont été mises hors course ! Deux de Kusa et une d’Ame.

– C’est trop peu, soupira le dirigeant qui mit à la lumière du jour, deux rangées de piercing sur le nez. Eikuso, sors ton autre parchemin…

– Que vas-tu faire ? Fit la femme qui n’aimait pas qu’il fasse son cachotier.

Elle en eut un aperçu, au moment où cinq bonhommes firent irruption dans la salle. Ils arboraient les mêmes décorations au visage que l’instigateur ainsi que la même couleur de cheveux. Ils s’approchaient d’eux à la manière de macchabés.

– Ne me dis pas que…, s’arrêta celle à la rose en papier tandis qu’Eikuso mis à plat un parchemin bien plus large que le précédent, sur lequel était marqué des cercles bien plus grands.

– Si Konan, je veux qu’ils aient un avant goût du châtiment divin... Il est temps pour moi, Pain, Dieu Tout Puissant, d’entrer dans la partie !
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Dim 19 Mai - 20:50

3.4 Les pouvoirs des Pains

Ce que nous connaissons comme les avatars de Pain, sont sur le point de faire trembler cette phase du tournoi qui déterminera quelles équipes seraient les mieux à même de poursuivre les hostilités.

– C’est qui ce type ? D’où il sort ? Se mordit la lèvre, un ninja de la Cascade désireux de devenir shunin.

– Qu’est-ce qu’il lui fait, bon sang ?! S’épouvanta un second.

Cette team s’était trouvée dans une bonne dynamique, essuyant un à un les coups meurtriers d’Eikuso. Mais après une accalmie, leur situation s’était renversée. Un homme de grande taille à la coupe de cheveux longue et rousse s’étendant derrière son dos, était apparu comme par magie comme s’il avait été invoqué, sauf que son invocateur n’était pas présent. Il avait rapidement brisé leur formation, pour saisir l’un d’entre eux, la fille du trio. De sous sa chevelure auburn mi longue et ondulée, elle était paralysée par la peur. Le sombre personnage l’avait embarqué pour se percher sur une terrasse à mi-hauteur. Les deux garçons étaient vidés, désemparés au moment où l’individu agrippa la tête de leur amie d’enfance. Le spectacle les fit déglutir. C’était affreux ! Il extirpa l’âme de la jeune fille avec une facilité déconcertante. Elle finit par tomber raide morte, sourde des cris d’effroi de ses camarades. Le ciel duveteux demeura impassible même lorsqu’ils s’étouffèrent dans leur agonie. Le bilan des morts s’accélérait.

*
Plus vers l’Est, une autre équipe vit apparaître l’un des patins de Pain. Ils n’avaient pas oublié qu’ils devaient absolument être tous vivants pour être acceptés à passer une probable seconde épreuve. L’avatar se contenta de leur barrer le passage, s’ils n’arrivaient pas à la tour dans les temps, son but qui était de minimiser le nombre de prétendants au titre serait atteint. Il les regardait fixement, à l’aide de ses pupilles spéciales. L’équipe dont il avait la charge de ralentir, était l’unique équipe des Geysers. Le plus petit gars fit part de son inquiétude vis-à-vis de leur opposant qui ne voulait pas lâcher prise. Il était brun, enfin c’était la couleur qui dépassait à peine d’une coiffe faite de son bandeau frontal et de bandelettes qui lui serraient la caboche. Il était le moins sûr de lui, étant le plus jeune, 12 ans.

– Vous… Vous croyez que l’on va réussir à s’en débarrasser ? Bégaya-t-il.

Le deuxième adolescent de sexe masculin, cette fois âgé de 13 ans, marmonna des syllabes incompréhensibles à cause de son agacement. Difficile de lire sur son visage ce qu’il pouvait penser de son acolyte, tant il était masqué par un rideau de cheveux de jais. Il n’y avait qu’un menton à la forme prononcée, et un nez aquilin d’un blanc maladif qui parfois prenaient l’air. Ces deux-là étaient en retrait, en revanche leur chef d’équipe s’était avancé courageusement vers ce corps blafard. C’était une demoiselle de 14 ans, un peu trop musclée pour son âge, c’était ce que montraient ses bras nus. Elle faisait sévère malgré sa coiffure enfantine, deux couettes de cheveux marron clair touffus, tombant vers l’arrière. Elle avait aussi des pigasses sur le haut des pommettes. Elle fut rapidement exacerbée par le manque de combativité du jeune de la bande.

– Si tu as si peur de te salir les mains, Ubarishojo, tu peux disposer… Non attends, pour te prouver que tu n’as rien à craindre avec moi à tes côtés, je vais le défier seule. Vous deux, mettez-vous à couvert, le temps que je le dégomme.

– Bien, répondirent-ils en mettant de la distance.

La tension battait son plein. Il ne lui fallait surtout pas sous-estimer son adversaire qui sortait de elle ne savait où. Aussitôt, le possesseur de dojutsu attaqua. Il saisit sa main gauche et la tira pour dévoiler un arsenal de missiles à l’intérieur de son bras. Les obus volèrent puis s’écrasèrent sur l’aspirante. Ubarishojo en frémit. L’explosion se dissipa avec le soulèvement de poussière, et celle qui s’était dressée contre Shurado n’avait pas bougé, et ne présentait aucune séquelle.

– Bah alors ? C’est tout ce que tu sais faire ?

La réaction fut immédiate. Le chauve fit jouer son deuxième bras pour qu’en se détachant, une chaîne sertie de pointes enlace la fille aux airs de garçon manqué. Elle mit en place une technique. L’échappée n’était plus envisageable, elle se prit de plein fouet les lacérations. Cependant, elles lui passèrent au travers, sans lui faire de dommage. Elle s’était laissé faire, pour montrer par un tour de force qu’elle avait la capacité de changer son corps en vapeur d’eau, là où elle le désirait. Une fois que le danger fut écarté, elle se reforma juste à côté. Sans perdre plus de temps, elle avait enchaîné par une autre série de signes rapides. Tout à coup, la marionnette sophistiquée fut à son tour prise au piège. Des faisceaux de vapeur à haute pression sortirent du sol, tout autour de lui, le transperçant à plusieurs endroits et de part en part. Le robot avait été touché à des points sensibles, et s’affaissa pendant que des parties de son corps s’en allaient en débris.

– C’est bon la voie est libre, les appela-t-elle.

Ses compagnons la retrouvèrent et ils purent progresser avec plus de sérénité. Mais croyez-le ou non, Shurado était bien plus coriace que ça, il se releva et se jeta sur la femme, alors qu’il était éventré. Elle était de dos, et sentant venir l’attaque, elle esquissa un dernier mudra. Le pantin chauve n’eut pas l’occasion de l’érafler qu’un geyser d’eau à une température infernale le submergea. Ses rouages se disloquaient et sa peau fondait. Avec la pression le cadavre désarticulé fut éjecté loin de ces shinobis à ne pas prendre à la légère. A présent plus rien ne pouvait les retenir ici.

*

Autre part, une autre équipe bataillait ferme. Un Pain causait là aussi le trouble. A ce moment précis, il s’était courbé, une mèche virevoltant dans les airs. Face à lui, un ninja d’Ame lui souriait de toutes ses dents, carnassier. Il revêtait de dessus ses muscles saillants, une tenue commune aux hommes de la force armée du village, recouverte d’un manteau noir. Des bandages maintenaient ses poignets. Il était brossé d’une coupe aléatoire grise qui s’hérissait au gré du vent. Il avait sur son dos, une lame immense par sa largeur, un sabre noir au tranchant gris acier édenté et discontinu. C’était une arme utilisée pour la torture, capable de scier lentement les os. Son expression faciale n’inspirait pas la confiance, le teint hâlé et les traits émaciés. Il était plus dans le style du type fou furieux.

– Allez-y Zenji-senpai ! L’acclamèrent, des étoiles dans les yeux, deux épéistes qui lui servaient de fan club et de bouc émissaires.

– Vos gueules ! Et écartez-vous de mon chemin !

Les deux hommes, un petit et un gros rondouillard, aux courts katanas obéirent. Le Pain ne s’était pas laissé aller, et posa ses mains au sol. Une invocation fonça droit sur l’inconscient Zenji, après s’être débarrassé de la fumée. C’était un taureau au poil long, s’élevant au garrot à cinq mètres. La bête l’avait pris pour cible, mais qui était le plus sauvage des deux ? Le dénommé Zenji mit au clair son sabre de bourreau et chargea à son tour. Son cri strident perçait les tympans.

– YAHAAA !!

*

A quelques pâtés de maisons de leur destination, un trio de Taki était dans une situation similaire.

– Bien vu, Haru. Il y a bien un drôle de ninja qui nous embête, la félicita une kunoichi aux cheveux vert clair et aux yeux dorés.

– Je détecte qu’il a de mauvaises intentions, la renseigna Haru, une fille élégante aux cheveux d’un rouge bluffant.

– Il fallait s’en douter, il est là pour nous gêner après tout… Denkashi, on se met en formation C. Haru, tu te mets à l’arrière et tu surveilles les mouvements de l’ennemi.

Haru et Denkashi suivirent les directives. Pour ce dernier, il était un jeune homme bien bâti, brun aux yeux bleus. Le garçon qui savait parfaitement se coordonner aux mouvements de la donneuse d’ordre, sauta pour se mettre hors de portée du champ de vision du Pain. Cet énième rouquin chercha à le suivre du regard sauf qu’il dut faire gaffe à un jutsu que lança la demoiselle à la coiffure verte :

Hikari no Hibuki !

Elle souffla de sa bouche un vent de tempête de lumière sur l’individu à l’expression figée. Celui-ci étendit ses paumes devant lui comme pour l’arrêter. A l’impact, la kunoichi s’étonna de découvrir qu’il absorbait sa technique sans se fouler. Les effets avaient été annulés.

– Intéressant… alors comme ça, tu te nourris du chakra même quand il est sous la forme de jutsu. Ce n’est pas beau de nous faire de telles surprises, causa-t-elle.

Elle tenait à ce qu’il délie sa langue mais non, il demeurait muet. La jinchuriki était intriguée par son regard qui n’avait rien de normal. Mais pas de temps à perdre en contemplation ! « Je vais brouiller sa vue. » Pour ce faire, elle créa un brouillard étincelant et aveuglant. Le rinnegan était neutralisé mais seulement pour un courant instant. Même s’il était ébloui, cela ne l’empêcha pas de faire disparaitre la brume en retirant le chakra. Cependant, la femme stratège l’avait devancée. Elle s’était glissée derrière lui, et pendant qu’il faisait l’aspirateur, elle forma un kunai fait exclusivement de son chakra lumineux. Elle visa la gorge. Toutefois, l’avatar n’était pas en reste, il n’eut aucun mal à faire évanouir le kunai avec son don. La capitaine en était furax et finit malgré tout son geste afin de lui asséner une droite mémorable. Pour une dame, elle avait une force extraordinaire. Le possesseur de dojutsu fut envoyé sur les roses, sonné. Il ne put pas se lever, juste remonter ses pupilles vers le ciel avant de se faire écraser. Le brun, Denkashi s’était élevé dans les airs pour cueillir le perturbateur. Il s’était doté d’un renforcement doton sur l’intégralité de ses bras pour les abattre verticalement comme un marteau. Le corps inerte du Pain était réduit à néant au milieu d’un cratère. Le combo entre ces deux coéquipiers avait été redoutable et imparable. Ils se félicitèrent du regard. C’est à partir de là, que le troisième membre y mit son grain de sel :

– Plus aucun adversaire de ce genre, dans les environs, secoua de la tête celle à la tignasse rouge.

– Super, allons-y qu’on en finisse avec ce parcours du combattant, proposa la leader.

*

Alors que ces divers groupes se débloquaient, ceux qui venaient de Yuki avançaient sans se douter qu’une personne les épiait. Ils passèrent un carrefour, et ne la virent pas qui les observaient dans une impasse insalubre. En toute discrétion, elle fit apparaitre une grosse tête monstrueuse qui ouvrit la bouche. Une langue avec une main au bout en sortit et se promena pour se saisir de l’un des participants. Si elle pouvait n’en attraper qu’un seul, ce serait bien suffisant. Celui qui était le plus à portée, était un garçon qui lançait des boutades à tout-va. Il était vraisemblablement celui qui déconcentrait tout le monde. Bizarrement cette langue ne pouvait pas être vue par toute la communauté. Elle était à quelques cheveux du brun. Mais immédiatement il se retourna et blessa le membre visqueux avec un kunai. En guise de réaction défensive, elle se rétracta dans sa ruelle.

– Qu’est-ce qui t’arrive ? Fit Ensei quand il le vit brandir son arme.

– Il y a quelqu’un derrière nous, s’assombrit Ryusuke.

Le voyant aussi sérieux pour la première fois, ils considérèrent que ses propos devaient être fondés.
Cela se révéla véridique, puisque le trouble-fait se lança sur eux par surprise après que son plan initial ait échoué. Cette fois Ensei était visé, et c’est pour cette raison qu’il recula. Takumi s’affirma en posant ses paumes violemment sur le sol.

Doton – Entraves terrestres !

Le Pain aux rides prononcées et aux airs sévères fut stoppé par un soulèvement de terre qui lui immobilisa les pieds. Il était sur le point de se libérer de cette technique de bas niveau, qu’il dut encaisser, un nouveau jutsu venant de Kagu :

Raiton – Eclair Paralysant !

Le grand roux ne pouvait plus bouger, ainsi foudroyé. Mais ils ne jugèrent pas cela suffisant, Yune avait préparé son attaque en deux étapes :

Suiton – Tentacules aqueux ! Futon – Souffle arctique !

Des bras d’eau entrelacèrent le pantin humain et en suivant, un vent d’hiver claqua sur leur victime. L’eau ainsi soumise au froid extrême, gela pour former un amas de glace très résistant. Jigokudo était encore plus bloqué dans ses mouvements. Ryusuke et Ensei assistaient à la toute puissance du Harem de la Yukikage ! Kotarasu s’était fait oublié, mais acheva l’œuvre avec l’un de ces jutsus qu’il affectionne.

Futon – Missile venteux !

Il se le prit de plein fouet, et fut mis hors d’état de nuire en subissant une explosion fracassante, éclatant la glace en même temps. Ils prirent néanmoins leurs précautions, en ne s’approchant pas de près du tué.

– C’était qui ce gars ? Demanda Ryusuke.

– Comment veux-tu qu’on le sache, le sécha Kotarasu.

– Qu’importe qui il est. Il devait faire partie des dangers à contrer. A présent, nous pouvons continuer, redémarra la Louve qui fit agiter sa chevelure.

Les autres ninjas acquiescèrent et reprirent leur vadrouille avec elle.

*

Parmi tous ces prétendants, une team avait pris du retard. Ils ne se pressaient pas, attentifs à ce qui pourrait leur tomber dessus. Que ce soit l’un ou l’autre, ils arboraient tous trois le symbole de l’Herbe. Sans qu’ils ne soient au courant, ils étaient les derniers de leur village à être dans la course. Il y en avait un en tête, qui voulait accélérer la cadence. Il était vraiment buté. Il était plutôt jeune, douze ans et avait une crinière rouge dont plusieurs mèches partait sur le côté, à l’avant. Parmi eux, il y avait le plus jeune du tournoi, un tout petit brun à la coupe au bol, à l’expression toute guillerette. Il était habillé d’une robe de moine noire à capuchon. Le dernier, était le plus vieux, 16 ans et était grand. Il avait une peau légèrement rosée et son corps revêtait un bel ensemble de robes traditionnelles et d’une veste prune sur les épaules. Il était quasiment chauve car il n’avait qu’une unique tresse couleur suie qui descendait de l’arrière du crâne. Une sorte de poêle à frire géante tenait sur son dos.

– J’en ai marre de trainer des pattes ! Je prends de l’avance, fit le décoiffé en se mettant à trottiner.

Il n’en fallait pas plus pour que le sort s’acharne sur lui. Des poignées de kunais, shurikens et mini faux fendirent l’air alors qu’ils venaient de nulle part. Le jeune homme pris au dépourvu, mit sa tête entre ses bras. S’attendant à trépasser, il entendit que les projectiles cognèrent une surface métallique. Il ouvrit les yeux et fut soulagé de voir le dadais aux yeux marrons s’être arraché pour le protéger de sous sa poêle. Elle était si large que l’ustensile de cuisine pouvait accueillir deux personnes sous son ombre.

– Merci Egyo, eut du mal à avouer le sauvé.

– Sheyen, quand est-ce que tu vas arrêter de faire l’enfant ? Nous allons être pile à l’heure, alors arrête de te ronger les sangs pour un rien, le rabroua-t-il gentiment pour reprendre la marche en toute zénitude.

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Mer 22 Mai - 21:13

3.5 L’art du papier plié

L’après midi chauffait tout doucement dans ce territoire déserté par la population, ce qui était voulu en vu de cet examen qui ne pardonnait pas. Terré dans un coin, le Pain aux longs cheveux se tenait debout, constatant les dégâts. Son collègue, pro des invocations, s’était fait mettre en pièces par un concurrent violent et agressif. C’était à lui que revenait la tache de faire le ménage.

A la tour où les plus valeureux se rassemblaient, les gradés d’Ame faisaient un récapitulatif de cette épreuve qui arrivait à son terme. Le chef du village connecté avec le dernier des siens sur le terrain, compta alors les pertes, et fut incroyablement surpris par la qualité des aspirants. Les petits villages avaient joué le jeu.

– Quatre Pains ont été vaincus, Konan. Ningendô ramènera ses congénères. Tu vois, je n’y suis pas allé franchement avec eux, et certains ont retenu ma curiosité.

– L’un de nos objectifs que nous nous étions fixés, était de dénicher de bonnes recrues pour rejoindre notre organisation.

– Et je t’avoue qu’il y a de quoi faire… Bon, quel est le bilan des morts ? Demanda-t-il à Eikuso.

– Aux dernières nouvelles, une équipe d’Ame et une de Taki ont échoué. Ce qui nous fait pour la suite : 7 équipes.

– Donc, deux équipes de Yuki, deux équipes d’Ame, une équipe de Taki, une équipe des geysers et une équipe de Kusa, écrivit la femme au piercing sur son calepin pour le tenir à jour. Ils sont tous en train de se reposer et se restaurer, en bas, dit-elle en rangeant son crayon.

– C’est très bien, nous allons leur donner les directives pour qu’ils se lancent dans l’épreuve suivante. Eikuso, tu as mérité ton congé.

– Merci, Seigneur Pain, s’inclina-t-il.

L’homme aux lunettes rangea son matériel pendant que le duo aux manteaux identiques le laissèrent afin d’entreprendre la descente des escaliers.
Dans la pièce commune du rez-de-chaussée, ces genins à bout de nerfs ou sur les rotules se requinquaient. Canapés et sofas étaient disséminés contre les murs, et au centre, une table rectangulaire délivrait le casse-croûte. Ils discutaient tous plus ou moins à voix basse seulement avec ceux qui appartenaient au même village, pays. Les hypothèses allaient dans tous les sens au sujet de ce qui les attendait. L’un se détachait des messes basses, parce qu’il était le plus à l’aise et décontracté de l’assemblée. Il était affalé sur un sofa, une grosse lame striée contre un accoudoir. Il avait un sourire rayonnant qui attirait l’attention. C’était à ce point désarmant, qu’un membre d’Ame de l’autre team inconnue, s’approcha de lui furtivement. Il avait été d’une grande discrétion. Il portait une combinaison de plongée rayée et bleu pastel, et parlait de sous un masque à gaz.

– Zenji, tu ne crois pas que tu en fais un peu trop. Tu es le plus détendu parmi nous, tu attires facilement les regards sur toi, alors qu’un ninja digne de ce nom devrait cacher sa force.

– Je n’ai aucune raison d’aller contre ma nature, grinça-t-il des dents.

– Et pour la mission ?

– Je m’en contrefous, je veux juste m’amuser, fit-il buté.

Consterné, il ne chercha même pas le comprendre, et reprit sa place auprès de ses équipiers aussi mal fringués que lui. Il s’était déplacé de manière toujours aussi mystérieuse et indécelable. Avec cet échange, Zenji avait quand même perdu son sourire niai. Il n’aimait pas qu’on lui dicte ce qu’il devait faire. Sa vie de ninja était alors relativement compromise. Alors qu’il avait l’humeur chauffée à blanc, les organisateurs firent irruption.
Ils n’inspiraient rien de bon. Chacun put toiser le couple aux manteaux noirs et aux nuages rouges. Rien que ce détail flagrant, les mit en alerte car pour ceux qui s’étaient débrouillés face à un pantin contrôlé, ils reconnurent l’accoutrement.

– Je sais à quoi vous pensez. Mais vous n’avez rien à craindre de moi, je ne suis pas là pour vous combattre. Chaque chose en son temps.

L’assistance se détendit et demeurait attentive. Ensei fut sur le qui-vive, en inspectant sous toutes les coutures le personnage au ton neutre et sans sentiments. « Il a vite fait la même coupe, des piercings, et surtout les mêmes yeux que le mec qui s’était interposé face à nous lors de l’épreuve. Ils seraient de la même parenté ? »

– Je suis celui qui a mis en place cet examen shunin. Tout d’abord vous méritez des félicitations pour être arrivé jusqu’ici, poursuivit l’homme au rinnegan. Mais vous vous doutez bien que ce n’est pas fini, et nous sommes là pour vous en parler. Vous allez devoir reprendre dès maintenant. Avant de vous dévoiler ce qui a trait à l’exercice en lui-même, je dois vous annoncer la levée d’une règle jusqu’à la fin de l’examen… La mort de l’un de vos équipiers ne vous disqualifiera pas, tant que vous n’abandonnez pas ou que vous ne mourrez pas, évidemment.

– Ah, parce que l’on pouvait abandonner ? Arqua un sourcil Yune.

– Pour le premier test, ce n’était pas vraiment le cas. Il fallait le prendre comme si vous entriez dans une arène de laquelle vous ne pouviez pas en ressortir par la même porte. Mais bon, pour un certain nombre d’entre vous, l’abandon ne sera pas nécessaire… Bref, tout ça pour vous dire, que désormais vous serez jugé individuellement plutôt que par équipe, même si vous progressez toujours à trois. Maintenant, il est temps de passer à la deuxième partie. Vous devrez l’aborder comme un jeu de pistes. Mon bras droit, ici présente, va venir entre les équipes pour que vous piochiez dans une boîte, un morceau de papier. Il y sera écrit votre premier point de passage, et un autre indice vous y sera donné par le biais du même papier. Selon les trios, vous n’aurez pas le même parcours à faire. Le hasard décidera. Un conseil primordial : ne perdez pas votre feuille, ce serait dommage. Elle est la clé qui vous mènera à l’épreuve finale.

Pain était resté évasif quant au final du jeu de pistes, qu’advenait-il dès qu’ils arrivaient au bout du jeu ? Konan fit donc le tour, permettant à chaque groupe d’obtenir son ticket pour participer à la fête. Takumi en prit un, y jeta un œil vite fait. En même temps, les deux gars qui l’accompagnaient, y mirent leurs nez en se penchant au-dessus des souples épaules de la brune. Le médecin lut mentalement. « Nous devons trouver un origami en forme de lotus…Tiens, c’est étrange, il y a trois cases dessinées en bas de page ? Qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ? » Ryusuke en avait les sourcils froncés, et Takumi fit alors quelques signes à Kagu, lui demandant en secret s’ils avaient les mêmes petits carrés. Elle lui répondit par l’affirmative, sauf qu’eux n’avaient pas trois cases, mais une seule ! C’était incompréhensible, il était impossible de savoir en quoi ces encadrés pouvaient servir. Et malgré les questions à ce sujet, Pain n’en lâchait pas un mot. Plusieurs genins étaient frustrés et l’agitation montait. L’adulte ne laissa paraître aucune trace d’énervement et pour arrêter le tumulte, il annonça d’une voix sans appel :

– Vous avez tout le village d’Ame comme lieu d’examen. Que l’épreuve des Origamis commence !

Les participants ne se firent plus oppressants, et déguerpirent dans le but de réussir une nouvelle fois. Chacun savait ce qu’il avait à faire, sans non plus voir ce qu’il y avait au bout du tunnel. En l’espace de deux secondes, les sept équipes se dispersèrent.
Sur les lieux, ce soit disant dieu et son ange ne bougèrent pas de leur position. Ils réfléchissaient, peut-être à des choses différentes. La kunoichi était attristée, plus que de coutume. Un fragment douloureux de son passé l’avait submergé.

– Excuse-moi, Nagato de remettre ça sur le tapis, mais ce que tu as prévu pour une partie d’entre eux, j’ai du mal à le cautionner.

– Je ne peux pas t’en vouloir, nous sommes passés par des moments difficiles.

– Alors pourquoi tu veux les amener à faire des choix aussi terribles ?

– Un jour où l’autre, ils auraient vécu une telle situation. Pour ma part, on a choisi à ma place… Je veux voir comment eux, vont réagir. Il est temps pour eux de connaître la douleur divine, celle qui ne peut disparaître, celle du cœur.

– Comme tu voudras… Tu ne m’avais pas dit que tu avais chargé les Futomis d’une mission ! Changea-t-elle de sujet.

– C’est bien parce que ce n’était pas nécessaire de te mettre au courant, se contenta-t-il de dire en retournant à ses appartements.

– Arrête de te moquer de moi ! Dis-moi quelle est la mission que tu leur as confiée ! La colla-t-elle aux basques.

– Je suis sûr que tu en as une idée.

– Je veux l’entendre de ta bouche ! Attend que je vienne te chercher !

Ils se chamaillèrent, savourant ces instants avant qu’ils ne se chargent de préparer le dernier test. Nagato qui était de nature taciturne, prenait plaisir à tourner en bourrique son amie. C’était une joie frivole à côté du mal qui le rongeait en permanence.

Les concurrents s’étaient précipités pour en finir dans un temps record. Ce qui était tout bonnement inutile, car s’il était question d’une course de vitesse, le classement à l’arrivée aurait dû compter. L’organisateur ne l’avait pas précisé, cela voulait dire qu’il y avait autre chose là-dessous. Une équipe en particuliers, n’avait pas poussé la réflexion aussi loin, et fut la première à être arrivé à destination. Zenji et le duo de ploucs comme il se plaisait à les surnommer, se tenaient face à un poteau électrique sur lequel était suspendu un ange de papier. Le musclé au visage fin et aux pommettes crevassées, était devenu grave dans son attitude. Il détestait les énigmes.

– Senpai ! Regardez sur notre feuille, si le message a changé ! Proposa le nain dont le manche de son katana tapait derrière sa tête.

Zenji s’exécuta et eut les yeux exorbités quand il vit un changement au niveau du contenu de la paperasse chiffonnée.

– Ah ouais, bravo. Le message a disparu pour nous donner la nouvelle marche à suivre.

– C’est quoi, senpai ?! S’exclamèrent les épéistes de bas niveau, excités comme des puces.

Il ne répondit pas, il n’en éprouvait pas l’envie. Il baissa simplement la tête, le visage dans le noir de son ombre. Et là, il se mit à ricaner doucement, les épaules roulant nerveusement.

– Pourquoi il rigole comme ça ? Plissa d’avantage les paupières celui au ventre gonflé.

Sa remarque n’eut pas la réponse escomptée. Bien au contraire, Zenji n’en pouvait plus et entra dans un fou rire hystérique. Maitre de ses mouvements, il tira sur son énorme épée d’assassin et la fit valser. Ses rires muant sensiblement en des cris furent tout ce que l’on pouvait entendre de ce bain de sang. Le gris de ses cheveux s’empourpra, après qu’il ait saigné les deux qui l’avaient admiré tant d’années. Ce n’est qu’à la fin de cet excès de violence, qu’il prit sur lui. Sa distraction n’avait été que de courte durée. Il remit son sabre sanguinolent à son dos, et ramassa la feuille très précieuse. Dans ses ébats récréatifs et malsains, il l’avait fait tomber. Il grogna satisfait, et avec le sang des manieurs pourfendus, il en tâcha le bout de papier, exactement là où était marqué deux cases vides. Sa qualification lui était promise, mais en serait-il de même pour les autres ? A moins que ce ne soit le début d’une psychose ?
Revenir en haut Aller en bas
Shika'
Membre
avatar

Féminin Messages : 430
Réputation : 15
Date d'inscription : 15/01/2013
Age : 19

MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Jeu 23 Mai - 15:38

Alors là, y a beaucoup d'actions ! J'aime beaucoup le chapitre "Le pouvoir des pains" qui change de point de vue fréquemment. J'adore toujours autant ta fiction, si ce n'est plus. Et moi qui connais les personnages de Naruto, tu respectes très bien leur nature.

J'ai juste une seule critique négative que je me permet de faire.. Je t'avoue que j'ai du mal parfois à savoir quel personnage fait-ci, quel personnage fait-ça. Tu emploies des surnoms et des pronoms ce qui permet de ne pas faire trop de répétition, mais si tu le fais trop, le lecteur se perd et ne sait plus qui fait quoi. Peut être que je suis la seule à ressentir ça, mais je préfère le préciser pour éventuellement améliorer tes écrits, même si ton histoire est déjà génial ! C'est d'ailleurs pour ça que je me permet de te le dire. ^^

Continue, merci encore !

_________________



Arigato gozaimasu Luffa-chan ♥️, utsukushii sugimasu ! *0*
⊱ L'AdN, c'est dans les gènes ! ⊰
Thanks Ao-kun :
 
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Ven 24 Mai - 6:56

Merci, disons que pour les personnalités de Nagato et Konan, j'ai essayé de faire mon possible. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais j'ai peut-être rendu Nagato trop "sympathique" avec Konan...

Pour ta remarque, je prends note ! Ca ne va pas être évident, j'ai toujours peur de rabâcher mes mots. ^^'
Je vais essayer d'être plus direct, surtout quand il y a beaucoup de personnages en jeu.
Revenir en haut Aller en bas
Shika'
Membre
avatar

Féminin Messages : 430
Réputation : 15
Date d'inscription : 15/01/2013
Age : 19

MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Ven 24 Mai - 16:10

Dans le manga les sentiments de Nagato pour Konan ne sont pas très explicites, sauf pendant une scène. Du coup tu as une plus grande liberté à ce niveau, et je trouve que tu as bien exploité cette "faille".
Tu as attendri le personnage, l'a rendu plus attachant et plus humain au final. Et par ce simple procédé, le lecteur va plus facilement se mettre à la place de Nagato et mieux comprendre sa démarche et sa vision spéciale des choses.
Enfin là, c'est de l'anticipation mais je suis presque sûre que c'est ce que je vais ressentir plus tard..
Donc ne t'en fais pas, je pense que tu as fait la meilleure chose possible !

Justement, on voit trop que tu t'appliques à éviter les répétitions, et ça faut pas qu'on le remarque. Je pense aussi qu'une approche plus directe simplifierait la compréhension. ^^

_________________



Arigato gozaimasu Luffa-chan ♥️, utsukushii sugimasu ! *0*
⊱ L'AdN, c'est dans les gènes ! ⊰
Thanks Ao-kun :
 
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Lun 27 Mai - 20:17

3.6 Abandon ou trahison

Cette épreuve qui se déroulait, allait avoir certainement une fin dramatique, où larmes et sang se mélangeraient…

Après le massacre sans retenue de Zenji d’Ame, celle des Geysers qui fallait garder à l’œil, eut enfin la chance de tomber sur leur origami. Ils avaient pour cela crapahuté un bout de temps. La forme qui avait été donnée à l’œuvre nippone était un oiseau. Il était posé sur un rebord de fenêtre, à une intersection. La femme vapeur le prit et ne voyant que rien y était écrit, le reposa.

– Tu as notre bout de papier ? Expira le brun chevelu de sa voix éteinte et éreintée.

– Oui, Makio.

Elle le sortit de sa poche à kunais et comprit instantanément que les mots avaient été remplacés par d’autres. Elle en fit une lecture expéditive pour ensuite leur rapporter la terrible révélation.

– Je ne m’attendais pas à une telle demande… Les gars, si l’on veut aller plus loin, l’un d’entre nous doit y laisser sa vie pour que les deux autres continuent. On doit ensuite faire couler une goutte de sang du sacrifié à cet emplacement, annonça-t-elle sans âme en montrant la case qui ne demandait qu’à être remplie.

– Tu plaisantes, pas vrai ? Craignait le bandé tremblotant.

Mais ils eurent confirmation en s’informant du message de leur propre initiative. Ils étaient effondrés. Ils se dévisagèrent les uns les autres, indécis. Quelle serait la sentence ? La demoiselle se savait sauve, elle était la plus dangereuse des trois, et même s’ils s’alliaient contre elle, ils ne feraient pas du tout le poids. Elle était cependant prête à abandonner, même si c’était la chance de sa vie. Elle lui arrivait souvent d’être sévère et exigeante envers les autres membres de son équipe, mais c’était pour la bonne cause. Elle n’avait vraiment pas le cœur à ôter la vie, pas à des amis. « Quelle épreuve moisie ! » Retint-elle dans un juron.

– C’est bon, je me sacrifie.

L’utilisatrice de geysers n’en revenait pas. Celui qui se proposait était le garçon le plus peureux qu’elle connaissait. Contrairement à elle et à l’inscrutable Makio, il était ferme dans sa parole. Elle sonnait comme une promesse.

– Tu n’es pas sérieux ?! Ubarishojo !

– Je n’ai pas peur de mourir… en tout cas pas de cette manière là. Je sais combien tu tiens à réaliser tes rêves, et à réussir cet examen. Mais moi, je n’ai pas cette rage de vaincre, et je ne l’aurai certainement jamais. Ce que je peux faire, c’est vous offrir mon âme pour l’honneur des hommes des geysers !

– Tu es complètement fou… Es-tu sûr de vouloir te suicider ?!

– Torukyo… je m’y suis préparé. Alors, s’il te plait, n’essaye pas de m’en dissuader.

Sa rancœur la prenait à la gorge. La kunoichi avait du mal à l’accepter. Elle n’avait en plus aucun soutien de l’autre au visage impénétrable. Bien au contraire, il posa une question au condamné de très mauvais goût :

– Comment veux-tu mourir ? Souffla-t-il toujours aussi enroué.

– Vous n’avez qu’à me pendre à un fil de fer. Je préfère ça que vous me donniez directement la mort.

– On n’en aurait même pas été capable, parla la ninja pour elle et Makio.

La condamnation était lourde à porter. Néanmoins, Makio prépara la potence. Il attacha l’un de ses fils de fer à une branche d’arbre, l’un des seuls à avoir été planté au milieu des pavés. A l’autre bout, il fit un nœud coulant. Le brun avait une allure de bourreau, non… perché ainsi sur la branche, on aurait dit un corbeau.

– Makio ! Ca suffira, l’appela la jeunette. Fais en sorte qu’Ubarishojo ne souffre pas !

Dans un râlement succinct, la tignasse ambulante vint vers celui qui incarnait leur porte de survie. D’un sac, il sortit une tige qu’il craqua. Une fumée rosée s’en échappa. Il la lui fit respirer à pleins poumons. A l’odeur ce ne pouvait être que de l’encens, mais un encens mélangé à du chakra. Dès que l’on humait le parfum, les sens se brouillaient et si l’on ne se débattait pas, il réduisait la personne à l’état de légume. Son arme principale était une drogue. Ne pouvant plus bouger par lui-même, sous l’effet de l’encens enivrant, Torukyo et Makio le portèrent et le hissèrent à hauteur de corde. Ubarishojo les guidait de sa voix assoupie. Finalement la tête entra dans la boucle tortueuse, et le fil lui lacéra le cou. Sa mort avait été rapide et mise sous silence. Ils se rappelleraient longtemps, voir indéfiniment de ce qu’avait accompli le raté, comme se plaisaient à dire les genins de leur village. La kunoichi aux vapeurs incendiaires récupéra une gouttelette de son sang, en lui faisant une légère coupure au majeur. Elle valida leur feuille d’admission à la dernière étape de ces jeux morbides. « Quand je deviendrais plus forte, je te jure de te venger de celui qui t’a imposé ce sort. » Rumina-t-elle, alors qu’ils s’étaient détournés du pendu.

*

A présent, l’équipe dirigée par Kagu Ito avait aussi trouvé leur objet suspendu à une ficelle : une jolie libellule en papier blanc. Ils étaient perplexes quant à ce qui allait se produire. Même les filles du Harem n’avaient aucune idée de quelle bassesse il allait en retourner. Le nouveau message apparut, et la blonde au kunai surdimensionné, le lut assez fort et clairement pour qu’ils puissent tous en avoir connaissance.

– Vous devez éliminer l’un des vôtres pour permettre au reste de l’équipe d’accéder à la phase finale. Vous appliquerez du sang de votre victime sur votre feuille, en guise de preuve et pour obtenir le lieu de rendez-vous pour la suite de l’examen.

Ils se figèrent devant cette consigne. L’heure était grave, tous les trois formaient un triangle, s’étant mis à distance respectable les uns des autres. Les cœurs battaient fort sous la pression. Qui pourrait bien être prêt à tout arrêter ? Personne n’avait l’intention de se dessaisir de sa vie. Kagu patientait sans broncher. « Je ne peux pas tuer Kotarasu, c’est un ami. Pareil pour Yune, même si elle peut m’irriter, nous sommes passés par le même calvaire. » La métisse se sentait visée. « Kotarasu et Kagu sont bien trop proches pour se faire du mal, ils vont vouloir se rabattre sur moi ! ». L’homme était tout aussi stressé. « Elles sont toutes les deux du Harem, elles vont chercher à se débarrasser du plus faible, c’est à dire moi. » Ils se surveillaient, leurs regards faisant des allers retours. Il fallut un temps considérable, pour que la capitaine Ito déclare forfait :

– On arrête tout ! Inutile de se prendre la tête, et de se martyriser l’esprit. Nous pouvons abandonner, alors faisons-le.

– Tu oublies notre mission, Kagu, posa ses mains sur ses hanches Yune. Notre Maîtresse ne sera pas contente.

Kotarasu opina du chef en faisant oui de la tête, de manière répétitive.

– J’ai le pressentiment que tout se passera bien. Takumi ne nous trahira pas, il n’est donc pas nécessaire de poursuivre nos observations, surtout avec un ninja six pieds sous terre dans notre team.

Au final, ils acceptèrent la prise de position de la blonde, qui leur était de toute manière, profitable. Aussitôt qu’ils avaient annoncé leur abandon, un ninja emmitouflé dans une cape décomposé vint les reconduire hors du village. Ils ne pouvaient plus suivre la suite des épreuves et durent revenir à Yuki sans la compagnie d’Ensei et sa troupe. Désormais, les cartes n’étaient plus en leurs mains, tout pouvait arriver en leur absence. « Ce type d’épreuve est un coup du sort du destin. Takumi, tu as là une occasion rêvée pour accomplir ce pourquoi tu as été associée à ces deux énergumènes. Il vaudrait mieux que tu la saisisses. » Pensa le Lynx.

*

Bien plus loin, nos ninjas de Taki évoluaient sans empressement. Précédemment, ils avaient mis la main sur leur origami, un chien. Ce qui en résulta, fut un nouvel ordre qui était d’atteindre une place dégagée délimitée par un fleuve artificiel qui servait plus de voie d’égouts que pour la promenade ou la pêche. Le ciel se recouvrait, assombrissant les bâtisses sinistres et l’eau boueuse. Fû et ses amis n’avaient pas perdu de temps, et se mirent à se demander ce qui les amenait ici. Des effluves nauséabonds remontaient du lie de la rivière mouvementée. La femme aux yeux d’or inspecta leur papier qui fouetta sous l’impulsion d’une brise. Elle réussit à déchiffrer l’unique mot qui s’afficha : « Com… Combattez ?! »
D’un seul coup, la situation bascula. Ils furent acculés. A la vitesse de l’éclair, un ninja avec un masque respiratoire chargea insidieusement Fû. Il avait émergé du sol sous les pieds de l’aspirante, comme s’il sortait de l’eau ! Le kunai du shinobi était tendu, pointé vers le haut pour la défigurer. Par pur réflexe, elle fit un mouvement de recul. Son bon jugement la sauva pour cette fois.

– Attention ! Les deux autres arrivent ! Analysa Haru, la belle rousse.

Dans un même temps, le brun aux yeux bleus, Denkashi, dut se défendre face à un second adversaire qui était plus fait au combat rapproché. Outre le fait qu’il respirait dans un masque, il s’était doté de griffes recourbées accrochées au dos de ses mains. Si l’homme des cascades n’avait pas activé sa capacité, il aurait eu le bras tranché. Au lieu de ça, il sut le recouvrir à temps d’une fine couche de terre. L’assaillant en fut surpris et revint en arrière, avec le premier intervenant. Le troisième de ce groupe d’Ame s’avança auprès de ses collègues. Fû en déduisit, qu’il n’avait pas une force de frappe conséquente à côtés des premiers comme il était resté en retrait. Elle exprima ouvertement son mécontentement envers Haru :

– Tu aurais pu nous prévenir plus tôt, non ! Tu es avec nous pour localiser nos potentiels ennemis !

– Je sais, mais pour celui qui a lancé l’opération, il m’était incapable de le percevoir.

– Comment est-ce possible ? Tu es une Uzumaki ! S’emporta le jeune homme.

– Je ne sais pas comment ça se fait. Ce n’est tant qu’il est sous terre qu’il échappe à mon sens.

– Il va être un adversaire agaçant, jugea Fû, car imprévisible et rapide en plus. L’autre paraît plus abordable avec ses griffes… Alors c’est vous que l’on doit battre pour accéder à la suite ! Chercha-t-elle à enclencher l’échange avec les mecs en combinaison rayée.

– C’est exact, répondit le plongeur assassin. Vous devez avoir sur votre feuille, trois cases correspondant aux sangs des trois membres de l’équipe que vous devez vaincre…

Elle posa son regard sur le bas du papier, et ne put qu’appuyer les dires du masqué.

–… et c’est NOUS ! Se délecta le ninja d’Ame ouvrant ainsi une déclaration de guerre.

Les combats ne pouvaient plus être repoussés. Ainsi, l’utilisateur de doton était soumis à des attaques griffues qui provoquèrent des étincelles sur la roche de ses poings. Le petit shinobi qui se battait à domicile, attaquait sans répit. Les coups crissaient sur la roche, tandis que le brun parait et esquivait, sûr de lui. Pourtant, une ouverture fut créer, assez aberrante, au niveau du thorax. L’homme aux crochets allongés s’y jeta éperdument avec l’un de ses gants à griffes. Denkashi en profita donc pour refermer ses bras de pierre sur les outils aiguisés. Les griffes se brisèrent, broyées et sa main fut bloquée sous l’étreinte. « C’était un piège ! » Il n’avait plus d’issu possible et encaissa une violente frappe du droit dans la joue. Le shinobi qui venait de subir une telle masse dans la figure était méconnaissable. Son visage s’était fait écraser par un coup de poing américain de grande envergure. Son cerveau n’ayant pas tenu, il était raide mort.
D’autre part, Fû crépita d’impatience. Elle envoya alors cinq shurikens de lumière sur le plus dangereux. Malgré sa vitesse d’exécution, ils ne le rencontrèrent pas. Il s’était enfoncé dans la terre comme dans du beurre, ou mieux dans une surface liquide. « Doton – Déplacement sous-terrain. C’est à toi de jouer, Tupei ! » Pensa fortement le chef d’équipe. Il était difficile de situer où pouvait se cacher le nageur à masque de plongée. L’hôte devait tendre une oreille attentive à ce que Haru pourrait lui signaler au tout dernier moment. Il y eut cependant un nouveau problème qui s’ajouta. Le temps de cette mésaventure avait suffi pour que le plus éloigné du trio de la Pluie, ait exécuté un jutsu. Les deux ados de la gente féminine furent prise dans une brume rouge, obstruant encore plus la vue qu’une brume normale. « Ninpo – Brouillard Sanglant ! »Elles se croyaient vraiment dans une aire ou des fumigènes aux fumées rouges perduraient. Les deux filles ne se voyaient plus. Fû avait eu l’idée par instinct de survie, de quitter la zone d’action de la technique, mais dès qu’elle tenta quelques pas rapides, elle fut accueillie par le type qui se déplace sous terre. Elle recueillit donc une coupure superficielle à son avant bras. « Merde ! Il a l’avantage dans ces conditions. » Aussitôt qu’il était apparu, aussitôt il était reparti, guettant sa proie comme un requin autour d’un ban de poissons, sauf que là il n’y avait qu’un poisson. Rares avaient été les fois où elle avait été aussi acculée. Elle avait besoin de renfort.

– Haru ! Aide-moi à le débusquer !

– J’aimerai bien mais maintenant ma détection est complètement brouillée. Ce n’est pas un brouillard ordinaire ! Répondit-elle à en perdre son sang froid.

Celle aux longs cheveux pourpres qui s’était vu neutralisée, ne savait plus où donner de la tête, et ça ne s’arrangea pas avec un petit changement. Douze ombres l’entouraient et frémissaient selon les volutes des particules en suspension. « Ce n’est pas vrai ! Je suis incapable de différencier le vrai des faux ! C’est quoi cette technique ?! » Ne voyant pas d’autre moyen que celui-ci, elle effectua lancer de kunai sur lancer pour venir à bout des clones. Tour à tour, les ombres s’évaporèrent et il n’en restait plus une seule ! « Il est où maintenant ?! Il joue avec moi ! » Être prise pour cible sans savoir comment bougeait l’opposant, était une position intenable. Le moindre bruit ne devait pas être filtré. Soudain, une nouvelle ombre surgit. Haru était prête à réagir. La personne s’approcha et fut identifiable.

– Ouf ! Ce n’est que toi, Denkashi. Je suis rassuré mais… Attend, reste à distance !

– Ok, ok, leva-t-il les bras.

Elle prit son temps pour se concentrer sur son soit disant ami. Il pouvait être question de son ennemi qui essaye de jouer au plus malin en adoptant l’apparence de l’un des leurs. Elle reconnut son chakra, il n’y avait plus de doute possible, c’était bien lui.

– C’est bon. Désolé, mais j’étais obligé de faire une vérification. Celui qui a installé cette brume colorée, est tapi quelque part.

– Je vois, il serait préférable que l’on se défende dos à dos.

– Ca me va, je ne peux plus localiser qui que ce soit, de toute manière. Tu as battu celui qui t’était assigné ?

– Je l’ai bousillé, confirma-t-il sans sommation.

– Au moins, ça en fait un en moins.

Tous deux se mirent en formation. Haru était nettement plus détendue quand subitement un kunai la poignarda dans la gorge, lui coupant franchement la jugulaire. Elle se tint la meurtrissure sans que cela n’arrête le saignement. Elle devint blanche, tombant en même temps dans l’incompréhension.

– Denkashi ?! Pourquoi ?!

Il se mit à sourire, son arme entre ses doigts. Elle n’avait jamais vu cette grimace se dessiner de manière aussi grotesque sur lui. « Non, ce n’est pas toi… Je me suis fait avoir en beauté… » Fit-elle à demi inconsciente. Elle avait vu juste mais trop tard. Par un étrange tour de magie, l’apparence de Denkashi se métamorphosa en celle du manipulateur de brume. Les jambes de l’Uzumaki chancelèrent ce qui la fit s’écrouler comme un mannequin. L’homme qui adore se dissimuler dans son brouillard la laissa se vider de son liquide vital, et eut au moins la gentillesse de lui expliquer le principe de sa technique difficile à percer. Il s’accroupit près d’elle.

– Désolé, mais tu as été défaite par mon brouillard sanglant. Il me permet d’agir sur les sens de mes adversaires, tant qu’ils sont à l’intérieur. Ainsi ton pouvoir de perception a été complètement faussé, et je me suis confondu avec ton équipier. En gros, c’est un brouillard qui m’a permis de te faire subir des illusions d’un réalisme troublant.

– Je vais te…, s’essouffla-t-elle en dégainant un kunai alors qu’elle n’était pas en mesure de vaincre.

Elle le jeta alors qu’elle était hagarde et désordonnée. Il s’envola au milieu de la brume ne faisant aucun blessé. Dans cet élan, elle perdit son dernier souffle de vie et son expression de visage se figea, suintée de son sang.

– Ah, ah, ah ! C’est pitoyable ! Tu aurais pu t’abstenir de ton ultime tentative. Mais je salue ta ténacité, je me suis bien marré en me faisant passer pour l’autre gus.

Il se releva, après tout son associé avait beaucoup à faire face à la jinchuriki de Nanabi. Il devrait y mettre la main à la pâte. Il eut toutefois une drôle de sensation qui le parcourut. Il se stoppa mais ne vit pas que ce qui lui arrivait dessus, venait de juste au dessus de lui. Une ombre massive apparut, mais ce ne fut que passager. Dans un grondement assourdissant, il se fit écraser avant même qu’il ne souffre. Son corps n’était plus visible tant il avait été fracassé. Un personnage de stature imposante avait envoyé tout ce qu’il avait. Un iris d’un bleu avenant se découvrit de derrière une musculature faite de pierres. Denkashi avait agi dans le feu de l’action pour un one-shot total !

– Haru… je suis arrivé trop tard. Ton dernier acte m’était dédié. J’ai vu ton kunai, merci pour ce que tu as fait jusque là. Tu peux partir en paix, se recueillit-il sur sa silhouette inerte.

Si l’on revient à la confrontation opposant Fû à l’insaisissable shinobi qui la tenait retenue, elle n’avait pas évolué. Difficile de déceler quoique ce soit dans cette poix. La kunoichi était statique quand elle sentit le froid d’une lame sous sa gorge. Son ennemi avait été furtif, et avait profité de la non visibilité pour se glisser derrière elle avec son jutsu parfaitement adapté. L’hôte était sur le point de se faire exécuter.

– Bien, ne fais plus un geste, lui conseilla celui à la voix masquée. Je n’ai rien contre toi mais l’examen a été conçu de telle sorte que tu périsses.

– Comment ça ? Voulut-elle gagner du temps.

– Nous devons te tuer, telle est notre mission. Tu as un démon extrêmement dangereux en toi, tu comprends combien tu pourrais nuire à notre village.

– Je comprends surtout que vous êtes bien informé.

– Hé…, il est temps que je mette un terme à ta pauvre existence…

Tandis qu’il était fin prêt à allier ses mots à ses actes, cette brume rougeoyante se dissipa progressivement. Le phénomène le fit hésiter. « Tupei est décédé ? »

– Tu te relâche bien trop facilement.

– Hein !! Tu vas voir ! Vas rejoindre l’autre monde !

Sur son attaque, il fut trop lent. Il ne s’était pas rendu compte que Fû avait modelé un kunai de lumière au niveau des hanches. Elle le frappa avec souplesse sans regarder derrière elle. La pointe qui irradiait le piqua sur le flanc. Avant qu’il ne puisse répliquer, le couteau lumineux s’agrandit pour le transpercer, d’un flanc à l’autre. Il avait agi comme un laser rétractable. Le dernier survivant de cette team tomba les yeux dans le vide. Fû avait fait preuve de moins de clémence, sa vie en dépendait. Elle ne pouvait tolérer cette haine qu’on pouvait manifester à son encontre à partir du moment où l’on savait ce qu’elle abritait en elle. Les deux rescapés de ces affrontements sérieux se retrouvèrent. La fille au teint mate remercia le brun d’avoir battu le créateur de brume. Cela avait fait une bonne diversion. Le garçon des rochers en fut touché, mais fit tomber l’ambiance au plus bas avec la disparition de Haru. Elle ne le montra pas mais en était affectée. Ils avaient eu leur dose d’émotion forte, et c’est avec détermination qu’ils repartirent avec le sang de leurs trois victimes.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Ven 31 Mai - 14:04

3.7 Harcelé par les lianes

Des chaussures perturbèrent la quiétude d’une flaque. Elle les éclaboussa, mais n’y firent pas attention. Ils seraient bien plus mouillés si cette nappe orageuse déversait son rideau de pluie. Takumi était le guide pour cette épreuve, c’était certainement mieux comme ça. Ensei faisait le relais, et Ryusuke fermait la course. Ils venaient de quitter l’endroit où reposait leur lotus, pour un quartier aux rues resserrées et décorés de gouttières à n’en plus finir. Ils foncèrent entre les fils à haute tension, pour bifurquer au lieu de rendez-vous. Le sens de l’orientation de la kunoichi ne faillit pas, et comme convenu ils déboulèrent sur une place ronde qui donnait vue sur des taudis parsemés. Une envolée de tourterelles tournait autour d’eux, pressentant qu’elles n’étaient plus à leur place, ici. Elles partirent derrière une ronde d’immeubles. La brune ensorceleuse prit cela pour un mauvais présage.

– Hé bien, nous y sommes. Et maintenant ? Demanda Ensei.

Elle fouilla dans ses effets personnels, quand des personnages atypiques venant d’en face, marchèrent vers eux pour les saluer. Ils se rendirent compte presque en même temps que c’étaient les concurrents de Kusa.

– C’est eux ! Mettons-les en pièces ! Se mit en rogne, le teigneux aux mèches rougeoyantes.

– Sheyen… Tu vois bien que nous les prenons au dépourvu, le calma Egyo à la longue tresse. Laisse-les au moins prendre connaissance de ce qui est attendu de leur part.

– Tu es vraiment con…, pouffa le petit à la coupe au bol en plaquant sa manche trop longue contre sa bouche.

– Toi, Shishiro, tu me cherches bien trop souvent !

Pendant que les esprits s’échauffaient, Takumi prit soin de se renseigner sur leur bout de paperasse. Elle vit alors l’ordre de se battre.

– Je vois. C’est vous que l’on doit éliminer. On doit récupérer de votre sang afin de valider l’épreuve.

– Hé ! Tu te prends pour qui ?! On va voir qui sont les meilleurs ! Les menaça Sheyen, le poing en l’air.

– Tu pourrais avoir un peu plus de respect pour ton adversaire, prononça son sermon le plus expérimenté.

Ensei n’était pas chaud pour en découdre. Il avait fait pas mal d’exercices en combat singulier, mais rien de sérieux. Dans ce cas présent, il avait sa vie en danger. Ryusuke était beaucoup plus posé, pressé mais posé. Ca ne lui ressemblait pas. Se sentait-il prêt à faire danser ses poings ? A l’opposé, le docteur manipulateur de chakra, n’était pas dans cette optique. Moins il était pris entre deux feux, moins il pouvait souffrir, et mieux il envisageait la suite. Sa sérénité avait dégringolé. Le trio des héros s’était mis en formation de triangle avec Takumi en pointe. Les kunais étaient tirés de leurs étuis. Remarquant leur réaction, Sheyen cracha par terre. Il s’apprêtait à leur rentrer dans le lard, mais fut une fois de plus empêché de devancer son équipe, par un bras qui lui barra la route. C’était celui du presque chauve, Egyo Masamari.

– Hé ! S’insurgea le roux.

– Ne me fais pas me répéter, durcit-il son regard, puis il fit une proposition aux ninjas des flocons. Je ne suis pas un adepte des combats de mêlée, alors j’aimerai vous faire part d’une idée en toute innocence.

– Vas-y, parle ! Se contint la Louve sur le point de sortir les crocs.

– Je trouverai plus facile pour chacun d’entre nous, d’avoir son adversaire en un contre un. Comme ça, nous verrons quelle team se démarquera.

– Je n’ai rien contre, opina la brune.

Elle consulta l’avis de ses amis, et ils acceptèrent sans y réfléchir pleinement.

– Alors, c’est parti ! Dispersons-nous ! Déclara Egyo.

Aussitôt l’annonce faite, les combattants partirent sur des aires différentes, pour ne pas se gêner. Trois combats allaient se dérouler entre genins qui avaient sans nul doute, préalablement prouvé leur valeur. Uniquement deux opposants étaient demeurés au centre de cette place dégagée, Takumi Senta et Egyo Masamari. Ils s’étaient choisis d’office. Etant les leaders respectifs, ils se devaient de croiser le fer ensemble. En examinant le comportement de l’homme qui portait plusieurs couches de robes, elle comprit ce qu’il y avait derrière cette mascarade de vouloir diviser les forces.

– Avoue… Tu voulais éloigner tes potes de moi, pas vrai ?

– Tout à fait. J’ai décelé en toi, une personne bien plus dangereuse qu’une simple aspirante, se laissa-t-il aller à la conversation, tout en joignant ses mains, et ses longues manches brodées de fleurs. Mes compagnons auraient pu ne pas s’en sortir face à toi. J’ai préféré de loin t’affronter en tête à tête.

– Comme c’est touchant, se moqua-t-elle. Le problème dans ton raisonnement, c’est que tu sous-estimes mes équipiers. Même en solo, ils l’emporteront.

– Tu vois, c’est exactement ce que je me disais. Toi non plus, tu ne connais pas Shishiro et Sheyen, alors ne te permets pas de les juger hâtivement.

Il marquait un point, néanmoins elle avait confiance en ses comparses. Sans s’attarder, elle chercha à tester les réflexes du shinobi. Elle lui envoya un tirage de shurikens magnifiquement bien placé. L’ado mûr ne bougea pas de sa position, et saisit sa poêle. Il effectua alors un moulinet du poignet pour détourner toutes ses armes. Le gros ustensile faisait un bon bouclier, toutefois, il avait empêché son possesseur d’anticiper les déplacements de Takumi. Elle l’avait contourné pour venir au kunai dans son dos. Le tressé savait où était ses failles, et par là même, il voulut la faucher de son outil de cuisine juste à temps. La femme du Harem esquiva et sauta pieds joints sur la plaque incurvée pour prendre ensuite de la distance avec un salto arrière.

– Tu te défends bien comme je devais m’y attendre, commenta le bonhomme.

« Il sait exactement où sont ses points laissés à découvert. Ainsi il prend des mesures pour les pallier. Il sait se battre, je ne peux pas lui retirer ça. Se cantonner à du taijutsu ne ferait que nous essouffler, surtout moi. Je n’ai pas le choix, je vais devoir lui montrer l’un des mes atouts au ninjutsu. » Analysa la belle.

*

Dans une allée quelque peu lugubre, l’intenable brun à la touffe relevée avait fort à faire devant le plus jeune et innocent des participants. De ce que notre punk préféré avait retenu de lui était son prénom, Shishiro, et son sourire qui cachait une espièglerie. « Je ne vais quand même pas taper un plus petit que moi ?! Dire que c’est à moi de me le coltiner… et apparemment il faut que je le tue ! Mais c’est horrible ! »

– Bon, écoute. Que dirais-tu de laisser en suspens notre combat ? Que l’on attende le résultat de nos amis ? Lui sourit de bon cœur Ryusuke se rendant ringard par un pouce levé.

– Arrête de me prendre pour un enfant ! Se vexa le petit moine.

– Mais ce n’est pas ce que tu es ? L’interrogea-t-il avec maladresse.

Le sourire tiré vers le haut de celui à la coupe au bol se transforma rapidement en un rictus. On n’aurait pas dit comme ça, mais ce bout de choux pouvait piquer une crise. Le Gomenaren s’en amusait intérieurement, mais plus pour longtemps. Shishiro de Kusa tendit ses petits bras et de ses manches élargies se trémoussèrent deux lianes. Elles furent propulsées sur Ryusuke qui dut se défendre, kunai en main. « Purée, ça va vite ! » Il en découpa une mais l’autre le fouetta à l’épaule. Il se crispa de douleur. « La vache ! Il attaque fort ! Mais c’est bon je peux encaisser. Maintenant que je sais comment il procède, j’ai la ferme intuition qu’il est moins bon en taijutsu. Même si je lui fonce dessus et qu’il se sert de ses fouets végétaux, je n’aurais rien à craindre. Il faut que je lui porte des coups. Il ne faut pas que je reproduise le même cas de figure que face au mercenaire. » Après s’être tenu l’épaule, il reprit contenance et les yeux clos, il se concentra.
L’attente ne fut pas longue et il se rua sans prévenir et de front. Le plus jeune le vit arriver de loin, et lui fit goûter à quatre lianes qui alignèrent les baffes. Ryusuke fit quelques pas sur le côté, afin de limiter la casse. Grâce à sa volonté inébranlable, il se tint enfin prêt à se défouler. En garde de boxeur, il décocha une gauche. Shishiro chercha à s’en protéger de son bras. Non, c’était une feinte, et le crochet droit passa à côté de la défense pour mettre un pain qui secoua le gamin. Le moine avait à présent la joue gonflée d’un hématome. Le coup de poing avait été si violent et expéditif, qu’il en tomba à la renverse, en revanche il n’embrassa pas le sol. Il exerça une certaine habileté en faisant pousser deux lianes qui s’enroulèrent autour des bras du cogneur. Retenu par ses cordes, il ne chuta pas. Il reprit ses appuis et après avoir prit des nouvelles de sa joue, se remit à sourire de manière niaise. « Qu’est-ce qu’il a ? Je lui ai mis une patate, et il est content ?! Il a un problème celui-là… Mais… Hé !! Mes forces me quittent ! » Oui, il sentait des vertiges le prendre de court. Son chakra s’enfuyait au niveau de ses bras. Son énergie parcourait la plante rampante pour la nourrir. Les signes de sa croissance étaient des pousses de fleurs embellissant les lianes. « Ce sont ses lianes ! Elles aspirent le chakra ! Je suis tombé dans le panneau ! »

– Hé, hé ! On dirait que tu as compris. Dès que les fleurs seront écloses, ce sera la preuve qu’elles ne t’auront pas laissé une seule goutte de ton chakra.

Cependant, il n’était pas difficile de sortir de l’étreinte. Il suffit au punk d’un kunai affûté pour s’en défaire. Voyant comment ça se présentait, il prit une minute pour penser à un plan potable. « Bon, ok, ses lianes me piquent mon chakra, mais c’est assez lent comme débit d’absorption. De plus, je n’utilise que très peu de chakra dans mes combats, mais ça il n’est pas censé le savoir. Allez, je vais tenter une autre approche. » Lui, qui n’avait pas l’habitude de réfléchir, avait enfin appris à gagner en stratégie. Etrangement, au lieu de s’ouvrir la voie au corps à corps, son domaine de prédilection, il prit d’avantage de distance. Il sauta sur un drap de devanture pour rebondir sur un toit plat. Le brun à peine sortit des jupes de sa mère, n’usa pas de ses tiges chlorophylliennes. « Super ! Il ne peut pas les étendre jusque là ! C’est parti ! » En hauteur, l’excentrique Ryu’ fit un signe simple. « Il peut faire des attaques longue distance ?! » Comprit Shishiro. Faute de jutsus, il réengagea son adversaire avec quatre shurikens. Ils furent esquiver avec réactivité, par contre son malaxage de chakra fut stoppé ce qui était le but recherché par la coupe au bol. Chasser le naturel, il revient au galop, Ryusuke buté comme il était, repartit instantanément dans une lutte où il devrait brasser ses uppercuts. Ses enjambées se succédaient à une cadence furieuse, mais une fois qu’il entra dans l’aire d’action du blanc à l’expression sarcastique, il se fit immobiliser, cloué au sol. C’est alors qu’il fit le triste constat qu’une plante rampante l’avait attendu sous terre, bien enracinée entre les dalles bétonnées. Elle avait été sournoisement cachée sous le manteau à capuche de l’enfant. Impossible d’avoir vu le coup venir ! Tout de suite, trois autres lianes suivirent et le lièrent, bras et mollets. La perte de son chakra devint plus conséquente. Il avait même fait l’erreur de ne pas s’être muni directement d’un couteau ninja. Ces filaments qui l’empoignaient, le retenaient d’atteindre son stock à sa cuisse. Il était au bord de l’épuisement, et l’instant critique survint plus vite que prévu. Les boutons de fleurs éclorent comme promis. Ryusuke était allongé sur la route, inconscient, face contre terre. Les moutons gris du ciel s’attristèrent de sa défaite, et de petites larmes insignifiantes mouillèrent la parcelle de terrain.
Mais était-ce réellement fini ? Le ninja de l’Herbe s’était vu trop fier, et la victoire trop facile. Par un effort hors du commun des mortels, Ryusuke revint à lui et se releva. Il était même suffisamment fringuant pour s’arracher toutes les lianes à mains nues !

– C’est impossible ! Perdit de son sourire le moine. Tu ne peux pas avoir encore du chakra, de quelle réserve peux-tu tirer cette force ?!

– Je ne peux pas perdre. C’est tout ce que tu dois savoir.

Le poing fermé du jeune flocon sonna l’autre combattant. Il en tomba dans les pommes, juste deux secondes. Il rouvrit les paupières, n’osant même pas penser à la tête qu’il devait tirer. Avait-il perdu ? Etait-il dans l’autre monde ? Il sentit un vent fort déformer son visage. Sa coiffure était tirée vers l’arrière, et son corps aspiré par la force de pesanteur. Il cria d’angoisse, se voyant tomber en chute libre de plusieurs centaines de mètres. Il accélérait sans qu’il ne soit maitre de quoique ce soit. Il était sur le point de se scratcher de tout son poids, sur une plage de graviers coupants.

– Non, non, NON !!! AHH !!

Le choc fut sourd… parce qu’il n’eut pas lieu. En fait, il n’avait pas bougé d’Ame, toujours dans cette même allée. Shishiro était endormi sur le dos, et Ryusuke l’observait de ses grands yeux émeraude, n’ayant pas reçu tant de séquelles que ça. Il prit le pouls du genin à ses pieds, et en eut la confirmation. « Il a fini par faire une crise cardiaque. J’ai si bien travaillé sur mon genjutsu qu’il n’a pas réussi à faire la différence entre illusion et réalité. C’était la seule chose à faire pour qu’il ne souffre pas. » Chercha-t-il à s’expliquer de lui-même. Le shinobi de Kusa ne s’était pas rendu compte qu’il avait été affecté par une illusion à partir du moment où le déjanté avait préparé son signe. Tout ce qui en avait découlé n’avait été que de la pure invention. « Je dois remercier Denonai de m’avoir formé dans cet art du ninja. En rentrant à la maison, peut-être que j’y penserai… Ah !! Il se remet à pleuvoir ! Bon, je lui prends un peu de sang, et je retourne à la place, retrouver les autres. »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Ven 31 Mai - 15:03

Wouha *_* Franchement ta fanfic m’épate Wink Continue comme sa !!
JUSTE, j'ai vu cette histoire sur un autre forum --> http://konoha.coolbb.net/t4894-les-enfants-des-neiges-naruto
Je ne sais pas si c'est toi mais si c'est toi désolé de t'accuser ^^ (je ne sais pas trop si c'est toi ou pas) mais bref si c'est toi tu m'épate Wink
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Ven 31 Mai - 17:20

Oui c'est bien moi sur ce forum là aussi. Wink
D'ailleurs, j'ai arrêté de poster sur ce forum, je n'avais pas de retour, donc j'ai laissé tomber.

De toute manière, tu dois bien voir que s'il y a plagiat, ça ne peut qu'être que sur l'autre forum puisque je suis bien plus avancé dans fic ici.
J'ai commencé aussi cette fiction sur un troisième forum, ça me permet d'avoir le plus d'avis possible.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Ven 31 Mai - 17:37

Non mais sa aurait pu être l'autre qui t'aurait pris ton histoire Wink Bon au pire désolé pour t'avoir accusé ^^ En tout cas tu fait du bon boulot Wink
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Mer 5 Juin - 16:15

3.8 Lui couper l’herbe sous le pied

Pendant que Ryusuke était en prise avec les lianes de Shishiro, un tout autre duel se jaugeait sur le toit d’un immeuble de quatre étages. En effet, Ensei et Sheyen n’avaient pas perdu de temps, et le rouquin enflammé s’était déjà acharné au taijutsu et au kunai faisant souffrir la défense du ninja docteur. Il avait le souffle bien plus haletant et avait reçu deux bleus sur les bras. Toutefois, il ne cédait pas. Même s’il lui était supérieur et qu’il l’avait submergé de coups, Sheyen était insatisfait. Il trouvait que leur lutte s’éternisait, alors qu’elle venait à peine de commencer.

– Tu me saoule déjà, toi ! Je vais devoir employer les grands moyens ! Se grandit le shinobi de l’Herbe.

Il était temps qu’il démontre l’étendue de ses techniques, c’était ce qu’attendait Ensei.

Katon – Bourgeons Embrasés ! Brailla le jeune écervelé.

Heureusement qu’Ensei était prêt à toute situation, car un bulbe à sa gauche et un autre à sa droite apparurent en grossissant à une vitesse alarmante. Ils avaient poussé à même le sol, alors que ce n’était que du ciment. Ensei prit du recul, sur quelques mètres. Ce fut juste, les plantes avaient la forme et le volume d’un ballon avant de s’autodétruire provoquant des déflagrations. Le petit gaillard des neiges avait à peine ressenti la chaleur, quand tout à coup, un autre de ses énormes bourgeons éclata derrière son dos ! Il s’affaissa en avant. Les dégâts étaient maigres, des brûlures superficielles avaient déchiré son vêtement et sa peau. Il se servit alors d’un ninjutsu médical pour les premiers soins, mais à l’aveuglette comme il n’avait pas de miroir. Il faillit se faire surprendre une fois de plus, mais décela le bulbe avant qu’il n’arrive à maturité. Il s’écarta. « Combien peut-il fabriquer de bourgeons ? Je ne peux anticiper à quel endroit ils vont croître. Cependant, j’ai un peu de temps pour me mettre à l’abri si je les localise lors de leur croissance. Ils ont tous le même volume avant de flamber. Je peux donc avoir une marge de sécurité. Maintenant, il me faut l’atteindre, je dois absolument le toucher. Si j’y arrive, ce sera fini pour lui. » Ce fut avec fougue qu’il se lança à corps perdu sur le jardinier. Il slaloma entre les germes, bien attentif au moindre de ses pas. Son abnégation fut payante, il était tout proche de lui, sur le point de le saisir. Une pichenette était suffisante. Fort de son élan, Ensei bondit. Néanmoins, Sheyen avait une sacrée alternative pour se défendre à bout portant. L’azuré était obnubilé sur sa proie, et vit au dernier moment que l’enflammé régurgita une de ses pousses par la bouche. Elle était quasiment sur le point d’exploser. Celui de Yuki n’eut pas d’autre choix que de croiser ses bras pour se protéger la face. Une larme lui monta à l’œil quand il eut les bras agressés par ce feu éphémère. Par réflexe, il s’était retrouvé à trois mètres de son ennemi.
Sous la torture psychologique que lui infligeait ce mal physique, sa folie vengeresse ne demandait qu’à prendre le dessus. Depuis le début, il était hésitant à porter des estocades au kunai, mais dans le cas présent, ses blessures pouvaient le rendre inhumain. Sa haine et son intelligence pouvaient ensemble causer des ravages. Son visage en fut marqué profondément.

– Dis donc, c’est que tu es sur le bord de la crise de nerfs ! Que j’ai peur ! Se moqua Sheyen alors que le médecin était dans ses derniers retranchements.

Le frêle ninja au regard dur ne répondit pas à la provocation facile. Rirait bien qui rirait le dernier. Même si ses membres lui faisaient affreusement mal, il décocha une salve de shurikens. Ils furent esquivés et en réponse Sheyen cultiva encore de ses plantes aux feuilles rouges. Ensei courut de manière irrégulière pour éviter à tout prix chaque bulbe. Il était poursuivit par des rangées de cultures alors qu’il traçait un cercle autour du roux dans sa course. Pour camoufler ce qu’il préparait, il envoyait un shuriken par intermittence pour occuper son assaillant qui ne démordait pas de le voir calciné. Ensuite, il se retira. Les préparatifs étaient terminés, il fallait juste attendre le boum ! Sheyen était entouré de ses plantations corrosives. Elles gonflaient lentement jusqu’à atteindre leur point critique, et malgré cela il ne craignait pas que ça se retourne contre lui. Quelque part, il avait raison. A la suite d’un mudra, il retint la croissance de ses bourgeons.

– Tu croyais quoi ! J’ai vu ton petit manège ! Je peux réguler la pousse de mes végétaux, qu’est-ce que tu pensais faire, crétin ?!

Répliquer ne servait strictement à rien, ce qu’il accomplissait avait bien plus d’impact. Ses yeux noirs noyés dans les ténèbres scrutaient mais dans le vague. Il dégaina un kunai et fit qu’il se plante entre deux bourgeons.

– Apprend à viser…Hein ?

Malheureusement pour lui, il avait omis un détail. Sur ce kunai, se baladait un parchemin explosif qui s’enclencha.

– Et merde…

Même si l’explosif n’était pas assez proche de Sheyen pour le meurtrir, la ronde de bulbes s’en chargea après des réactions à la chaîne.
Son état ne pouvait qu’être dramatique après avoir subi un tel brasier. La fumée retombait, et le garçon était presque entièrement brûlé. Son front et une partie de son épaule avaient été épargnés. C’était à lui de souffrir le martyr comme jamais. Mais il était encore debout, immobile.

– Mais quel connard ce mec…, jura-t-il en toussant.

Il n’eut plus l’occasion de dire de grossièretés, à partir du moment où il sentit une paume le toucher à son dos. Un courant électrique l’envahit qui l’empêcha de lever ne serait-ce que le petit doigt. Ensei avait profité du soulèvement de poussière, pour se faufiler derrière lui et le paralyser. Dès que la visibilité fut rétablie, Ensei ne perdit pas de temps. Il ne devait pas dépassait un certain délai. Il saisit sa chance, en même temps que son kunai. Sheyen comprit quel sort lui était réservé, et combien son adversaire n’avait jamais été aussi sérieux et sans âme. Le rouquin teigneux fut épinglé sur place, dans la poitrine. Ne manquait plus qu’on lui récolte un peu de son sang, ce que fit Ensei en se servant d’une mini fiole. Un autre ninja de Kusa avait perdu la vie, en revanche il avait causé bien du dommage au héros. Pour apaiser ses bras endoloris, le médecin prit de sa sacoche un onguent et se les enduisit. Il allait beaucoup mieux, même mentalement il avait quitté ses idées morbides. Il se permit une pause, la tête en l’air pour qu’elle se rafraîchisse des premiers traits pluvieux.

*

Du côté des deux leaders, le niveau allait s’élever. Takumi menait la barque, et mit sous pression le dégarni par un Doton – Pointe de Roc. Avant que cette roche pointue ne l’embroche, Egyo le contra avec son ustensile géant, provoquant la résonance d’un gong. L’attaque fut renchérie par un autre pic de terre durcie. La poêle ne pourrait pas se déployer à temps, c’était ingénieusement exécuté par la dame. Mais le sang ne coula pas… la construction terrestre fut démolie, tranchée en plusieurs morceaux. La cause… des brins d’herbe arrivant à hauteur d’épaule, dignes de figurer dans la flore de la savane, avaient surgi du sol et avaient découpé la menace. Pas la peine de s’extasier devant le jutsu de l’ennemi. Takumi menait à bien son offensive jusqu’au bout. Son expérience faisait qu’elle savait exploiter toutes les ouvertures. Elle parvint à côté d’Egyo qui avait rangé sa casserole plate. Il bloqua un coup de poing furieux, en revanche il se plia sous un coup de pied dans l’abdomen. La Senta s’acharna avec comme frappe finale, un genou ascendant dans le menton. Il avait de quoi tomber à la renverse, mais au lieu de ça, le bonhomme se dispersa en une volée de pétales rouges ?! « Un clone… » En conclut la femme du Harem. Elle avait bien vu, puisque le vrai s’était mis en retrait pour s’organiser en douce.
Elle se saisit d’une paire de shurikens, quand elle eut un malaise. Elle blêmit au moment où elle sentit des fourmillements sur son corps. Elle fut stupéfaite en voyant fleurir des coquelicots sur sa peau juvénile. Ces fleurs se répandaient à une vitesse hallucinante, elles freinaient ses mouvements et celles qui venaient sur son visage, l’étouffaient. Il y avait de quoi perdre les pédales et suffoquer. Toutefois, la Louve ne fit pas de geste brusque et essaya de se détendre, de prendre sur elle dans une méditation dont elle avait le secret. Pourtant, ce n’était pas le moment de stagner, les yeux fermés ! L’homme en habit traditionnel, avait créé une ribambelle de brins d’herbe, lui entaillant, joues, avant bras, flancs, et cuisses. Elle tenait encore sous les chocs, le second ninja cessa de jouer et arracha une touffe de son parterre de verdure, pour la souffler du creux de sa paume. Chacune de ces fines pousses quittèrent la chaleur de sa main et fusèrent aussi assassines que des aiguilles. Tout avait été calculé pour acculer la Louve. Qu’attendait-elle pour répondre ?!
Elle fit le vide et déborda d’une énergie nouvelle. Egyo en plissa même les sourcils, attentif à ce qui allait se produire. Tout de suite, les coquelicots disparurent avant que les senbons verts ne l’atteignent. La brunette avait posé ses mains en prière, toujours dans sa concentration intensive. Les herbes tranchantes et les herbes aiguilles s’apprêtaient à la finir. Ce fut le contraire. Les herbes folles furent toutes repoussées. Des crocs claquèrent, des griffes rasèrent la pelouse. Takumi était maintenant revêtue d’un pelage noir et soyeux, un museau dominait sur son nouveau faciès poilu. Une queue courte et touffue brassait l’air. Même sous l’apparence d’un loup, elle était magnifique. Egyo cachait combien il était atterré par ce revirement de situation. « Elle a annulé mon genjutsu ! Son changement de forme doit y être pour beaucoup. On dirait qu’elle avait besoin de temps pour s’offrir un regain de puissance. Je dois avouer que je n’ai jamais vu chose pareille. » En plus de sa force, celui à la tresse dut admettre que ce canidé était persistant. Les blessures ensanglantées de Takumi fumaient et se cicatrisaient. « De la régénération rapide ! » Il n’avait pas le droit de rester sur sa contemplation, s’il voulait avoir la chance de l’emporter. Ce qui allait se dérouler serait la dernière ligne droite.
Une multitude de ses fourrages se formèrent, convergeant tous sur la mi-humaine mi-animal.

Doton – Rempart de la Montagne ! Gronda-t-elle.

Un mur colossal se planta devant les ridicules plantes, qui s’amassaient comme des brindilles. Cette roche était infranchissable, et pourtant Egyo ne déméritait pas. Il fit fusionner toutes ses herbes folles, en une seule vraiment imposante qui dégomma le rempart défensif. Ceci provoqua des éboulements, et en même temps cette grande lame végétale qui traçait son sillon, se dirigeait à une vitesse ahurissante sur la kunoichi. Mais dans son mode loup, elle faisait preuve d’une agilité surprenante. Elle pivota, et sauta pour éviter la découpe. Tout ce qui pouvait la rencontrer, ne lui faisait guère d’effet à cause de ses griffes qui passer la tondeuse. Elle n’était plus très loin du garçon. Le shinobi réagit en se défendant du mieux qu’il pouvait. Le premier rideau était sa poêle et le second rideau était une armure d’herbe qu’il se confectionna. Il n’y avait que sa tresse qui sortait de l’amas. Autrement, il ressemblait énormément à un épouvantail (ou à un Cetelem XD). Takumi se jeta sur lui qui avait perdu en mobilité. Le bouclier métallique résista de justesse. Il fut bien cabossé. Complètement pris par la rapidité, et au dépourvu, Egyo constata qu’il ne pouvait faire confiance qu’à son revêtement. La fille fit usage de ses pattes acérées et fit voler en éclats la dernière protection. Le sang éclaboussa brièvement tout en accompagnant la chute du plus digne représentant de Kusa. Il avait fait son possible, et avait été submergé par un élément du Harem. « Elle est forte… J’accepte ma défaite. » S’endormit-il dans l’inconscience.

Sur cette confrontation et sa conclusion, le temps s’alarma. Le clapotis des gouttes sonnait comme des pleurs. La brune avait repris apparence humaine et observait son adversaire gisant par terre. Il vivait encore. Son armure avait ralenti sa lacération, ainsi elle comprit pourquoi elle ne l’avait pas décapité en un coup de patte. Il y avait eu un respect mutuel entre eux deux, durant tout leur combat. Elle ne voulait pas en arriver à le tuer, maintenant qu’il était inoffensif. La pratique de l’assassinat la connaissait, mais quand elle pouvait s’y soustraire, elle le faisait. En proie à l’hésitation, elle fut interpellée par l’arrivée de ses coéquipiers qui étaient eux aussi sortis vainqueurs. Parmi les trois, c’est elle qui avait le moins de blessures apparentes. Ryusuke avait des bleus mais c’est Ensei qui avait le plus morflé. Le pâle lui proposa de guérir son meilleur ami.

– Non, c’est bon. Ce ne sont que des égratignures, puis il reporta son attention sur Takumi. Bien joué, je n’ai pas douté de ta victoire.

– Il ne manque plus que tu lui prélèves du sang, l’incita le ninja médecin.

–… Il n’est pas mort.

– Alors qu’est-ce que tu attends ? On ne peut plus reculer ! La pressa-t-il.

– Il a été un brave adversaire. Il ne mérite pas la mort.

– Tiens, tu fais dans les sentiments maintenant. Je ne te reconnais pas.

Ryusuke trouvait aussi qu’elle était plus transigeante, moins féroce depuis quelques temps.

– Tu aurais un moyen de contourner la règle ? Demanda-t-elle, ignorant la remarque.

– Je vais voir ce que je peux faire. J’espère seulement que la supercherie fonctionnera, s’avança Ensei en soupirant.

Sans plus attendre, il mit ses mains chargées en chakra raiton sur le torse nu du jeune ninja. Il le dosa à la bonne tension, et le relâcha en une décharge. Le thorax d’Egyo se souleva sous le choc électrique avant de retomber aussi sec. Il n’y eut pas d’autre réaction.

– Bon, ça devrait aller. Je l’ai mis dans le coma pour un bout de temps. Ils ne devraient pas faire la différence.

La guerrière l’en remercia, soulagée. Puis, cela étant réglé, ils mirent en commun leurs prélèvements sanguins, pour valider leur feuille. La mission accomplie, ils prirent connaissance de leur ultime lieu de rendez-vous.

– Allez, les amis ! C’est parti pour le pont Est d’Ame ! Se réjouit le punk.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Ven 7 Juin - 14:17

3.9 Les Bingos Books

Les averses se déversaient continuellement, et l’eau de pluie s’écoulait dans le réseau d’égouts, tandis que les habitants s’étaient couverts, habitués à s’activer sous le ciel gris. A l’inverse, la team Yuki pataugeait mais réussissait à traverser les rues inondées et les cascades de ruissellement. Ce n’est que quand ils débouchèrent sur le pont élevé, que les gouttes ralentirent. Ils virent alors un groupe réuni, c’était les genins qui étaient arrivés au bout de la deuxième épreuve, plus les organisateurs en manteaux noirs.
Se doutant qu’ils étaient les derniers, ils se tinrent à carreau. Ryusuke avait juste noté que l’équipe de Kagu n’était pas présente, ce qui pouvait se passer de commentaire. Ne manquant plus personne d’apte au combat, le dénommé Pain accueillit tous ces éléments prometteurs, avec sa froideur communicative. Tout ce qu’il disait était prédéfini et dans la retenue. Il n’y mettait pas du cœur, en avait-il au moins un ? Il les congratula à la va-vite, et vint à ce qui les amenait.

– Avant toute chose, nous allons procéder à une vérification de vos feuilles et du sang qui les imprègne.

Il n’eut aucun besoin de demander à Konan, qu’elle attira les papiers à elle, prenant la forme de papillons. Elle les inspecta, un à un, diffusant une petite quantité de chakra à l’intérieur. Cette femme devait avoir développé une affinité liée au papier. C’est ce qu’en déduisit Ensei. « Ah, d’accord… c’est grâce à elle qu’ils vont savoir s’il y a eu triche. Pourvu qu’elle n’y voit que du feu. » Pria-t-il. Elle ne vit rien d’anormal, jusqu’à ce que vienne le tour de l’équipe de Takumi. Le trio retenait sa respiration, attendant le verdict. L’ange messager d’Ame prit un certain temps puis déclara dans un battement de cils :

– Toutes les équipes ont bien suivi ce qui leur avait été imposé.

« Yes ! On dirait qu’elle ne peut pas faire la différence entre la mort et un état d’inconscience profonde ! » Serra-t-il le poing.

– Très bien. Si nous en venions à l’épreuve finale, celle qui décidera si oui ou non, vous deviendrez shunin ? Proposa le cloué au visage, alors que bien sûr, la réponse était unanime.

En revanche, avant qu’il ne puisse leur divulguer les informations sur la suite, une kunoichi le devança, lui coupant la parole. Son impolitesse n’était que l’ombre d’une haine viscérale. Torukyo des Geysers le tuait du regard :

– Qu’allez-vous faire des corps des ninjas qui sont morts depuis le début de l’examen ?

« Son regard… il ressemble au mien à partir du moment où… » Décela-t-il.

– Tu fais bien de t’en soucier. Mon village pourrait en profiter pour faire des recherches scientifiques sur ces défunts. Mais je vous rassure, chaque village pourra enterrer ses morts. Ils seront renvoyés dans leur patrie.

Une fois, ce point abordé, il poursuivit, captivant toutes les oreilles :

– En ce qui vous concerne, vous allez pouvoir briller, tous individuellement. L’étape va être relativement longue…

Il s’était tu, afin de recueillir leurs expressions, montrant qu’ils buvaient ses paroles.

–… trois mois.

– Quoi ? Mais c’est quoi, cette épreuve à rallonge ?! Ne put se retenir Ryusuke.

– Ecoutez-moi ! Je ne me répéterai pas. Chacun d’entre vous va recevoir un cahier.

En même temps, Konan les distribua à chaque aspirant ninja, et purent les feuilleter. En prenant connaissance du sien, Ensei vit défiler, page après page, des visages de personnes avec des rangs qui accompagnaient leurs photos. Les rangs allaient du D au A et il n’y avait qu’un individu de rang S. En consultant ceux de Takumi et Ryusuke, il arriva à la conclusion qu’ils étaient organisés de la même façon, et que les shinobis qui défilaient en trombinoscope, variaient.

– Mais… ce sont des Bingo Books ?! S’offusqua la Louve.

– Ah ? Je vois que tu en sais beaucoup pour une simple débutante, réagit celui dont les pupilles se décomposaient en plusieurs cercles. Tu as vu juste, vous détenez des Bingo Books. Ce sont des livres où sont fichés un certain nombre de ninjas. Ce sont en général des criminels ou des déserteurs qui doivent être éliminés sans pitié, et c’est ce que vous devrez faire. Vous n’avez pas du tout les mêmes listes, ainsi vous pourrez évoluer sans vous faire de coups bas.

– Ok, on doit barrer de nos listes le plus de personnes…, résuma Fû, mais l’examen shunin dans tout ça ?

– J’y viens. Vous devez accumuler le plus de points car à chaque assassinat vous en récolterez. Bien sûr selon le niveau de l’ennemi, les points seront plus ou moins importants. Un ninja de rang D : 1 pt, de rang C : 2 pt, de rang B : 3 pt, de rang A : 5 pt et votre seul rang S : 10 pt. A vous de gérer le nombre de victimes que vous pouvez vous enfiler. Dès que le délai sera terminé, vous reviendrez sur ce pont, et nous feront les comptes. Ainsi un classement sera établi qui nous indiquera qui seront ceux qui mériteront le titre de shunin.

Un silence s’installa pour donner matière à réflexion. La crainte s’empara de certains, ils ne pensaient pas devoir être lâché en pleine nature, sans aucun bras fort sui qui compter. Ils devraient montrer leurs qualités en espionnage, en traque et en assassinat. De plus, ils devraient faire preuve de bien plus d’autonomie. Ce qui s’annonçait n’allait pas être de tout repos. La physionomie de cette épreuve était si improbable que ceux de la Cascade enchaînèrent les questions :

– Nous allons être absents durant trois mois… Mais ! Pour nos villages ? Sont-ils au courant ?

– Et comment pourrez-vous savoir que nous avons bien fait tomber les têtes indiquées dans le livre ? Fit l’hôte du démon, désappointé.

– Tout a été pris en charge et étudié pour que rien ne soit laissé au hasard, les rassura le dirigeant. Les chefs des villages de Taki, des Geysers, et de Yuki ont été mis au courant de l’affaire. C’est pour cela que passer le délai des trois mois sans avoir de vos nouvelles, sera le signe de votre décès prématuré. Bien sûr, vous pourriez disparaître dans la nature, mais ce sera à vos risques et périls. De toute manière, je sens que vous avez tous envie de devenir shunin, autrement vous n’en seriez pas là.

Il disait vrai. Tout le monde ne voulait pas s’arrêter en si bon chemin, pas après ce qu’ils avaient endurés. Ils frémissaient d’impatience tandis que l’esprit de compétition était palpable même entre les membres d’une même équipe. Ensei avait bien l’intention de faire un meilleur score que Takumi et Ryusuke voulait prouver qu’il existait entre un monstre calculateur et un monstre de puissance. La fille, elle, s’en fichait éperdument. Elle reprit plutôt cet air sévère et mélancolique. L’homme au dojutsu vint à répondre à la remarque soulevée par Fû.

– Pour endiguer toute triche, nous avons un moyen efficace. Vous avez déjà testé le dispositif.

Les concurrents avaient du mal à voir de quoi il était question, alors Pain prit un Bingo Book et l’ouvrit à une page au pif. Il désigna ensuite, un symbole en bas d’un portrait. Un petit carré ! En le découvrant, cela fit tilt dans leurs esprits. « Je comprends mieux maintenant ! Toutes ses feuilles d’impression proviennent de la femme aux cheveux bleus. Elle pourra ainsi vérifier page après page si l’on a bien tué le ninja, à condition de remplir la case de son sang. » Tout à coup, Ryusuke gloussa. Il voulait rire au nez de Pain, car ils étaient précédemment parvenus à violer cette règle avec Egyo. Le médecin n’hésita pas à lui mettre un coup de coude dans le ventre pour qu’il se taise. Nagato s’en était aperçu :

– Un problème ?

– Non, non, j’avais juste un chat dans la gorge, se caressa-t-il sa crête capillaire.

Il se désintéressa de l’imbécile heureux, et reprit son discours poignant :

– Comme tout a été dit, et que vous n’avez plus de temps à perdre, je déclare ouverte cette dernière épreuve de l’examen shunin ! Les limites de cette épreuve… Le monde shinobis ! Je vous souhaite bonne chance !

Le chronomètre était déclenché ! Les huit genins se chevauchaient tout au long de ce pont immense, les bustes en avant lors de leur course. Sur l’autre rivage, ils se mirent à prendre des directions différentes, même les inséparables de Yuki. Ils avaient du boulot avant de débusquer leurs proies. Cependant, quelqu’un n’était pas du tout dans cette optique. Devenir shunin n’était qu’un objectif futile pour lui. Non, il savait très bien ce qu’il faisait là. Ensei reprit discrètement une photographie découpée, celle de sa cible. « Je l’avais repéré depuis la collation à la tour. Si elle concourre toujours, c’est qu’elle est vraiment balèze. Je n’ai pas le choix, si je veux gagner les faveurs de la Yukikage, je dois remplir ma mission. Je vais suivre cette nana à une distance respectable, et si je vois une ouverture, qu’elle souffre lors de l’un de ses combats, je l’achèverai. »


Six jours plus tard,

Les huit prétendants s’affairaient dans leur quête respective. C’était une course à la montre pour faire le plus gros massacre. Mais certainement que les hommes et femmes recherchés ne se laisseraient pas faire. C’est en ne sachant pas comment les autres genins progressaient, que Fû s’était engagée sur un sentier oublié en pleine forêt. Si son sens de l’orientation n’était pas défaillant, elle devait se trouver sur la frontière entre Ame et Kusa. Elle était en plus sur une piste toute récente, d’un shinobi renégat qui agrémentait sa liste. Elle y jeta un coup d’œil supplémentaire. « Son nom est Rokido Namek, il est originaire de Suna et c’est un criminel de rang A ! Il pourrait me rapporter 5 points, c’est pas mal ! » Par contre, elle fit une grimace de mécontentement, parce qu’au niveau des informations sur son style de combat, c’était le néant. « Je vais devoir avisé. » Haussa-t-elle ses épaules dénudées. S’il elle s’en tenait à la piste qu’elle remontait, son ennemi ne devait plus être très loin, quelque part entre ces bosquets. Toutefois, autre chose la perturbait. « Apparemment on me suit, et ça depuis quasiment le début de la chasse à l’homme. J’espère au moins que ce n’est pas une nouvelle tentative d’Ame de me voir six pieds sous terre. Si c’est le cas, ils auraient dû agir depuis un certain temps. A moins que… » Elle était alertée par ce qui se déroulait. Ah ! Son amie Uzumaki aurait été un soutien hors pair dans ce cas de figure ! Mais elle n’était plus.
Il ne fallut pas plus de cinq minutes pour que la chance lui sourit. Une raie fine d’une fumée blanche s’élevait au dessus des frondaisons. Elle alla directement sur les lieux, attentive sur des pièges qui pouvaient être tendus. « S’il y a un feu, cela veut dire que quelqu’un se repose, et si c’est ce ninja, il a sûrement miné le terrain. » Elle ne rencontra pas de complication, et finit par s’approcher du camp de fortune, cachée derrière un buisson. Ainsi, elle eut la certitude que l’individu assis devant le foyer était ce Rokido. Elle en était contente. Elle pourrait libérer les coups au lieu de se jouer la vie dans les phases de recherche. Son enthousiasme ne fut même pas détérioré quand elle trouva un deuxième homme, qui s’était posé lui aussi devant le feu. A côté de Rokido qui avait un gabarit de passe partout, ce dernier devait atteindre les deux mètres debout, et avait un corps imposant, en cloche. Sa tête était masquée par un large chapeau chinois et portait un long tissu sombre sur l’ensemble de sa silhouette de géant. Il devait être un compagnon de route du shinobi des sables. La jinchuriki ne s’en plaignait pas. Elle se débarrasserait d’abord du grand trapu, c’était une cible plus facile. A son dos et à son insu, elle se percha sur une branche bordée de feuilles. Elle profita de leur conversation amicale pour lancer une fournée de six kunais de lumière. Ce fut quasi indécelable pour une vue normale, ils étaient partis plus vite que n’importe quelle arme de jet. Ils meurtrirent donc le dos du gros qui n’avait rien demandé, et continuaient d’étinceler. La demoiselle à la coiffure verte surgit pour le pourfendre avec un autre de ses kunais, au cas où il était extrêmement robuste. « Un de moins ! » Subitement, elle fut prise par surprise ! La caboche de l’affaibli se tourna complètement avec un grincement, sans s’être tourné. Là, elle vit que son visage n’était fait que de bois ! « C’est une marionnette ! » Avant qu’elle ne touche terre, un mécanisme se déploya de la bouche du pantin, pour en extraire un lance-flamme.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Mar 11 Juin - 20:13

3.10 La colère de Nanabi


Un rayon enflammé se projeta sur la jeune fille de la Cascade. Son plan de prendre par surprise sa proie s’était retourné contre elle. Elle fut néanmoins réactive, et au lieu qu’elle ne flambe, un tronçon de bois la suppléa. Elle s’était servie d’une substitution avec un sang froid rarissime. Souvent les techniques les plus simplistes pouvaient rendre service dans ce type de situation inextricable. Elle reprit son équilibre sur une branche à mi-hauteur, tandis que le marionnettiste demeurait au sol et avait rapproché de lui son arme sophistiquée, pour le défendre. Sa tactique avait fonctionné, il s’était juste fait prendre par les réflexes de celle-ci. Ayant l’ascendant psychologique, le petit ninja parada. Il était légèrement ridé au niveau de ses yeux plissés, son crâne était surmonté d’une coupe afro noire. Pour finir, une fine moustache lui démangeait sous le nez. Il prit une pose ridicule.

– Ah, ah ! Pauvre gamine ! Tu ne t’y attendais pas, hein ? Hé bien, figure-toi que le grand Rokido Namek te réserve un spectacle que tu n’oublieras pas de si tôt ! Que le rideau se lève !

Il fit son show comme annoncé. Ses fils de chakra frémirent et ouvrirent un système de verrous sur la marionnette. Il y eut plusieurs ‘clac’ et le ventre boisé se changea en une cavité béante comparable à une chambre noire. Un fouillis de cliquetis inquiétants provenait de ses entrailles, se faisant écho.

– Ca arrive ! Si j’étais toi je prendrai la fuite ! Lui intima-t-il.

Elle le prit pour un bon conseil, cette marionnette semblait spéciale. Elle se détourna dans le fin fond de la forêt pour qu’elle ne se fasse pas surprendre. Elle cherchait à gagner du temps et ainsi évaluer le potentiel du shinobi des sables. Fû fit une échappée éclair. Ce fut une sage décision, parce que l’homme à abattre avait sorti l’artillerie lourde : son gros pantin renfermait une armée de petites marionnettes humanoïdes dont leurs bras étaient remplacés par des minis faux. Une nuée d’une centaine de ses fabrications humaines s’élancèrent à vive allure, effectuant des coupes à la végétation. Elles poursuivirent frénétiquement la genin. Une vague de faucheuses se répandait comme des sauterelles. Si Fû ne faisait rien, elle serait vite envahie. « Comment fait-il pour en manipuler autant ? » Fier de son art, Rokido s’avoua à lui même son secret : « Hé oui, je ne me limite pas à dix marionnettes, une à chaque doigt. J’ai trouvé un moyen de diviser mes fils en grand nombre. Je tisse des fils qui peuvent au fur et à mesure se démultiplier. Ainsi, je peux me permettre d’utiliser des pantins à foison ! »
L’hôte n’abandonna pas pour autant, avec une pointe d’accélération, elle creusa l’écart. Elle ne pouvait tenir ce rythme, elle finirait par se faire rattraper. Elle décida de faire un clone de lumière qui prit une toute autre direction. Quant à la véritable, elle fit en sorte d’attirer la foule à sa suite. Apparemment, il n’y eut pas d’accrocs car le clone fut ignoré. Rokido s’était aussi mis en mouvement, pour garder un contrôle optimal sur ses joujoux. Le gros pantin de transport demeurait près de lui au cas où on viendrait à lui au corps à corps.
Dès qu’elle se fut assuré que son clone ne pouvait plus être en danger, la jinchuriki s’arrêta net. Le regard perçant, elle s’informa sur ce qui l’attendait. En l’espace de trois secondes, elle se retrouva bloquée. Les pantins s’étaient vite positionnés pour ne lui laisser aucune échappatoire. A leur image, celui qui était derrière leurs agissements cessa de courir. Il devait être pleinement concentré, s’il voulait qu’il ait le moins de pertes. Comme tous les acteurs de la scène étaient prêts, la bastonnade fit rage. Les pantins étaient vifs et leur taille réduite. Cela faisait que l’ado devait faire attention, les sens en éveil. Fû ne faisait pas de mouvement inutile, et malgré qu’elle fasse des prouesses en esquive, elle subit des entailles. Mais rien d’alarmant, elle ne laissait passer sur sa peau que des griffures. En même temps qu’elle refoulait ses assauts répétés, elle cognait, les poings surchargés de son chakra Keiton. A chaque fois, une frappe désarçonnait complètement la cible qui devenait inutilisable. L’hôte du sept queues était souple et implacable, alors que le nombre de marionnettes se réduisait considérablement.
Avec toutes les combinaisons qu’il avait mémorisées, le Namek peinait. Aucune ne marchait contre elle. Elle trouvait la bonne parade à chacune d’elles. Il était tellement dans le combat, qu’il en avait oublié le clone de lumière… ou presque. La copie avait pour but de déloger le marionnettiste et le soumettre. La vraie, bien plus forte, avait opté pour une stratégie plus qu’osée. Au lieu que ce soit le clone qui faisait la diversion, c’était l’authentique kunoichi ! Ce choix était judicieux car elle était bien plus à même de tenir en bride, cet époustouflant arsenal. Mieux valait tard que jamais, le clone de Fû surgit des fourrés afin de poignarder l’individu. Le type de Suna s’en doutait, puis mit en opposition sa marionnette préférée, son imposant acolyte au lance-flamme. Elle sortit vite fait de son champ d’action par un pas chassé. Rokido le vit venir et avait tout planifié. Il avait caché dans l’herbe les bras détachés du pantin en cloche. De ceux-ci pointèrent deux lames de dague qui furent propulsées. Le clone était attaqué par l’avant et par l’arrière. C’est alors qu’il se munit de deux kunais keitonisés, puis tourna sur lui-même. La vitesse de rotation avec la résistance de ses armes eurent raison de cette embuscade. Les membres furent brisés. Rokido en fut dépité. Soudain, avant même qu’il ne réfléchisse à un nouveau stratagème, la fausse Fû lui jeta ses kunais qui traversèrent l’espace telles des étoiles filantes. Elle avait effectué son tir avant même d’avoir fini de tournoyer. L’un troua la marionnette et perfora le ventre de l’homme, et l’autre avait été d’une précision chirurgicale en se fichant dans l’épaule gauche. Des points vitaux avaient été touchés, le ninja cracha un filet de sang avant de s’accroupir de douleur. Le monde bascula, la terre devint ciel et le ciel devint terre, puis le noir complet. Fû s’était vu entreprenante et plus rusée. Le clone s’évapora quand la seule et unique s’aperçut que la victoire était sienne. Les porteurs de faux se répandirent sur le sol, inanimés. Grâce à son double, elle retrouva facilement son adversaire et put inaugurer sa collection de prise de sang. Elle ferma son bingo book bruyamment et sèchement. Elle lâcha ensuite un soupir et entreprit de s’extirper de ces bois. Elle prit même la peine de s’étirer après les efforts qu’elle avait imposés à son corps. Ses égratignures s’étaient estompées sans qu’elle n’y fasse attention.

Quatre minutes lui suffirent pour passer l’orée de la forêt. Un joli soleil lui ravivait l’âme. Ses cheveux verts prenaient des reflets plus clairs et pastel. Elle se sentait plus apaisée que sous l’ombre des feuillages. « Peut-être que mon élément Keiton me pousse à apprécier les coins ensoleillés, qui sait ? » Sourit-elle. Les rayons solaires la réjouissaient mais ce ne fut que temporaire. La personne à ses trousses, l’était encore, et comme elle avait ralenti avec cet affrontement dans la végétation sauvage, elle était toute proche à présent. Il était temps de mettre les choses au clair !
Terré dans un amas de fourrages et de hautes herbes, un ninja surveillait bien la dangereuse et imprévisible jinchuriki. Il attendrait le moment propice pour lui asséner un coup fatal. La crinière bleue ciel, parfaitement tapie dans l’ombre, Ensei sentait que son cœur palpitait. S’il persistait dans cette entreprise, il risquait de se faire repérer. Il fallait mieux ne pas l’être, surtout qu’il n’avait pas raté grand chose de sa démonstration de force. Lui, aurait été submergé par ces essaims de nains en bois. Pourtant, le pire s’abattit subitement sur lui. La fille éleva la voix :

– Ca suffit ! Inutile de continuer à me tourner autour ! Sortez de votre cachette !

« Et merde ! Je me suis fait avoir… Bon, je n’ai pas vraiment le choix, ce n’est plus la peine de se poser des questions. » S’en voulut Ensei qui se demandait s’il ne devait pas revoir sa discrétion.

Il se préparait à se lever sous ses yeux, quand il y eut un changement de programme. Incroyable ! Un autre personnage avait agi de la même manière que lui, et avait été plus prompt à se montrer. Le ninja qui était comme lui en embuscade marcha vers Fû, à pas lents. Ensei eut du bol, il resta donc à couvert, admirant et écoutant ce qui allait survenir. Ses yeux se frayèrent un chemin entre les branches et les fougères, et purent identifier que ce nouvel intervenant était le camarade de la jeune demoiselle. Après un effort surhumain, il se souvint de son prénom. « Denkashi ! Mais que fait-il ici ? »
Là, était la plus grosse interrogation, et elle effleura les lèvres de Fû. Son collègue était venu la retrouver pour une raison qui lui échappait. En plus, la mâchoire crispée et le visage dur du brun aux yeux bleus, la déstabilisait.

– Denkashi ?! Tu recherches un nukenin ? A moins que… Ne me dis pas que je suis dans ton Bingo Book, craint-elle.

– Non, ça n’a rien à voir avec la nature de l’épreuve.

– Alors explique-moi, tu veux qu’on parle ? Si tu n’arrives pas à faire ton deuil de Haru, je le comprends. Si tu veux épancher ton cœur, tu le peux. Nous sommes amis, après tout.

– C’est vrai, nous sommes amis… Je suis ami avec toi, Fû. En revanche, je ne le suis pas avec ce que tu abrites, cette monstruosité ! Je ne peux plus faire semblant !

– Qu’est-ce que tu racontes ?! Tu désires me tuer ?! Le village…

– Le village m’a donné cet ordre de mission, Fû ! Tu es un atout remarquable pour Taki, mais les têtes pensantes ont finalement compris leur erreur. Le pouvoir de Nanabi peut être hors de contrôle à n’importe quel moment, et raser notre patrie en un battement d’ailes.

– Haru…, gémit-elle.

– Non, elle n’était pas au courant. Elle m’en aurait dissuadé si c’était le cas. Elle t’était reconnaissante comme tu t’étais sacrifiée à sa place pour endosser le rôle de jinchuriki… Voilà, tu sais tout, j’en suis désolé.

– Tu n’as pas à l’être, c’est moi qui suis trop naïve, s’alarma-t-elle.

– Ce démon… il doit disparaître, se rembrunit le jeune homme bien bâti. C’est toi qui as choisi ce destin. Tu ne peux pas en réchapper, accepte-le !

Ce charmant discours était là pour l’ébranler, ce qui avait certainement fonctionné car elle était pétrifiée sur place. Le shinobi de Taki en profita et exécuta dans la foulée un jutsu doton qui en imposait. En joignant ses mains, il fit ériger six piliers de terre autour de la porteuse de Nanabi. Elle-même était désemparée, non par la technique employée, mais par ses précédents dires. Se faire ainsi rejeter par ses amis, sa famille, bref tous ceux qui l’ont vu grandir avait cassé tous ses fondements. Denkashi n’avait l’esprit fixé que sur sa mission. En fermant le poing avec fermeté, ses piliers se réunirent afin de broyer l’indomptable hôte. C’était puissant et expéditif, néanmoins Fû riposta. Elle ne voulait pas que tout s’arrête de cette manière. C’est avec un nouvel élan, qu’elle désintégra les colonnes grâce à un disque de lumière impressionnant qu’elle forma au dessus de sa tête, du bout de ses doigts. Elle l’avait lancé avec autorité. Le doton s’étant retrouvé inefficace, Denkashi changea de procédé en enduisant ses bras de sa roche rigide. Ce qui le différenciait des dernières fois, était la pierre au niveau des mains. Il possédait deux sphères de terre gigantesques, qu’il portait à bout de bras. Il accourut tout en criant pour se donner du courage. Ses torgnoles mettraient KO toute personne sans défense, mais pour que cela soit vérifié, autant fallait-il effleurer son ancienne amie. Des shurikens brillants surgirent, il s’en protégea grâce à l’un de ses boulets. Dans un même temps, Fû ne voulait plus faire de cadeau. Elle se précipita sur lui, kunai en main et tendu. Le colosse créateur de doton, voulut la faucher sur son flanc avec son gant en boule. Trop lent, ou plutôt il ne pouvait rivaliser avec les déplacements furtifs de Fû. Elle le menaça de sa lame qui dégagea une lumière intense. Dans un flash, le kunai se prolongea en un rayon, sectionnant le garçon en deux. Les jambes partirent en avant tandis que le haut du corps bascula sur l’arrière. Il décéda immédiatement. Les rochers à ses poings s’écrasèrent dans un grondement sourd. Denkashi avait échoué, Nanabi était encore en sursis.
Dans son goût pour la vie, Fû avait montré ses capacités de survie. Dès qu’elle était prise au piège, elle devenait intenable. Sa fureur retombant avec son compagnon de longue date, elle eut un moment d’égarement, où elle remit tout en question, les liens qu’elle avait tissé par exemple. Dorénavant, son existence ne serait que méfiance envers autrui. Pourquoi avait-il fallu qu’elle porte un tel fardeau, elle qui pensait servir son pays de cette façon ? A présent elle n’était considérée que comme un déchet que l’on devait à tout prix se débarrasser. La tristesse et la peur de l’avenir l’inondèrent. Elle se recroquevilla face contre terre, complètement perdue. Elle pleurait au début… puis cria de douleur, d’une douleur affective qui la ruinait. Elle ne savait même plus si elle devait crier de rage ou de sanglot. C’est durant ses tourments sans fins qu’un spectacle ahurissant et unique fut prit de plein fouet par Ensei, aux premières loges. Une auréole de chakra se dessina autour de la fille aux yeux dorés. Il était rouge, ce qui l’inquiéta. Graduellement, un manteau de cette énergie envahissante la couvrit. « On dirait qu’elle a perdu la tête. Mais qui est-elle réellement ? J’ai entendu parler de démon, et d’un Nanabi, qu’est-ce que c’est ? Serait-ce pour cette raison que je dois l’assassiner ? » Pénétra Ensei dans ses réflexions. Il ne put pas s’y accorder plus de temps. Fû s’était relevé et ce chakra bouillant gagna en consistance et se modela. « Hé mais on dirait des ailes ! » C’était exact, quatre ailes avaient naquis, représentant quatre queues de Nanabi. De plus, la ninja voyait son regard prendre une toute autre couleur, celle du sang. Elle n’était plus du tout la même. Preuve en était, puisque elle changea de comportement. Au lieu de se morfondre, elle ravagea la vaste clairière en bordure de forêt, causant des cratères et de la déforestation massive. Ensei était bien mieux au sol, plaqué par le souffle des impacts. De ce que la poussière lui permit d’apercevoir, il crut voir la fille voler ! La puissance qu’elle déployait le laissait sans voix, et lui avait retiré toute envie de résister. « Mais d’où est-ce qu’elle sort ?! » Tout à coup, le silence se fit. La pression qui l’avait oppressé, lui et la nature, s’était détendue. C’est alors qu’Ensei se rendit compte qu’il respirait fort. Cette énergie surabondante l’avait mis dans un de ces états ! Il chercha à se reprendre quand tout à coup, la kunoichi s’exprima tout haut. Elle avait su dissiper ce chakra malfaisant, et n’avait gardé qu’un seul œil rouge comme trace. Quant à son autre globe qui réapparut dans son éclat jaune, il ruisselait de larmes.

– Qui est là ? Demanda-t-elle à fleur de peau, mais néanmoins avec gravité.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Ven 14 Juin - 14:58

3.11 La vérité de derrière les songes

     Le fait que la terreur de Taki se doute qu’elle était encore sous surveillance, tétanisa Ensei. Il retint même sa respiration. Qui sait, elle pourrait ne pas être sûre d’elle, le confondre avec un animal. Il plissa les yeux, attendant l’instant fatidique.  
– Montrez-vous ou je viens vous chercher ! Persista-t-elle.
C’était foutu, il fallait s’y résoudre. Autant se montrer, s’il ne voulait pas qu’elle se remette sous sa forme dévastatrice. Il abdiqua et se tint devant elle, feignant l’assurance. En vérité, il n’était pas du tout rassuré. Il se voulut conciliant, et installer une entente.
– J’ai tout entendu. Je compatis à ce qui te tourmente.
– Tiens, c’est toi, l’un des mecs de Yuki. Arrêtes de te moquer de moi ! Si tu es ici, ce n’est pas pour de la promenade. Toi aussi, on t’a envoyé pour me réduire au silence. Mon entourage ne peut être qu’une malédiction.
 
– Je vois que l’on ne peut pas te la faire… C’est vrai, j’ai reçu cet ordre, mais ce n’est vraiment pas contre toi. C’est un but que je dois atteindre afin d’avancer vers ce que je suis, s’épancha-t-il.
   
– On se cherche tous plus ou moins, moi la première. Tu crois réellement que je vais me laisser faire !
– Ca faciliterait les choses… 
     L’azuré la provoqua directement en venant au corps à corps. S’il pouvait l’embêter suffisamment afin qu’elle ne puisse pas user de son kekkai tota, il aurait au moins ça à se préoccuper en moins. Toutefois, ça ne faisait que retarder l’inévitable, parce que les gestes de Fû étaient bien plus fluides que les siens, ce qui lui permettait d’avoir toujours un temps d’avance. Ensei avait pourtant des occasions de la toucher, mais c’était selon le bon vouloir de la verte. Il n’avait pas le niveau pour rivaliser. Il en voulait car un simple contact serait décisif. « Ce n’est pas possible !  Si ça continue… » Il n’eut pas le temps de terminer sa phrase que la femme le submergea, bloquant le balancement de ses poings. Ensuite elle le força à s’éloigner en lui donnant un coup de sandale. Il fut ainsi éjecté sur dix mètres. Le flocon se redressa au mieux, les jambes flageolantes, autant dire que la vitesse d’exécution de Fû allait avoir raison de lui. Il remarqua même qu’elle ne plaisantait plus. Elle profita de son étourdissement et malaxa consciemment et partiellement le chakra diabolique. Le manteau du démon prit de l’ampleur autour d’elle sans pour autant qu’elle laisse son locataire prendre le dessus. Les quatre premières queues démesurées firent leur grand retour et s’arquèrent sinistrement. Leurs pointes se joignirent ce qui provoqua un amassement colossal d’énergie en un point. Une orbe noire apparut à cet endroit précis et était prête à exploser.     
Mini Bijuu-dama ! Prononça-t-elle.
Ensei ne pouvait que contempler cette technique inhumaine. S’enfuir ne lui servait à rien. Quelque soit les options, la finalité était sa mort alors qu’il n’était qu’un enfant de dix ans. Il était pétrifié par la force hors du commun qui était en jeu, mais aussi par le vent qui se déchirait. Cette boule concentrée à la limite de la rupture fila en ligne droite. L’adolescent était sur son trajet. La dernière pensée qu’il eut, ne fut que pour celle qui lui avait confié ce travail: « Cette fille est à des années lumière de moi… Comment… Comment la Yukikage veut-elle que je sorte victorieux de cette chose ? Je n’en ai pas les capacités ! Au lieu de ça, je vais mourir…ce n’est peut-être pas un mal tout compte fait. Je n’étais peut-être pas fait pour apporter la paix. » Il allait flancher, au moment où l’orbe venait à lui comme un aimant. C’était la fin… Tout à coup, des mains griffues l’agrippèrent. Une personne avait surgi de il ne sait où pour lui apporter son secours. L’impact retentit, et il fut en grande partie épargné grâce à ce corps qui l’avait pris dans ses bras. Cette balle de démon avait creusé un cratère très large mais peu profond. 
     Les fumées de l’explosion retombèrent. Ensei avait la mine de ses jours de trouble. Il était choqué, d’abord parce qu’il avait survécu à ce cataclysme, puis parce qu’il reconnut la coiffure de son bouclier humain. Ses longs cheveux brun et cette frange appartenaient bien à Takumi ! Elle était intervenue in extremis sous les traits d’un loup et avait encaissé la bijuu-dama. Sa capacité de régénération avait été vivement sollicitée, à tel point que son chakra n’était pas en assez grande quantité pour réparer ses organes. Le médecin s’agenouilla puis la tourna vers lui délicatement. Elle n’en avait plus pour très longtemps, et même s’il pouvait lui fournir des soins, il ne pourrait intervenir sur tous les points vitaux touchés. Elle lui souriait tendrement, les lèvres ensanglantées. Son attitude le désemparait. 
– Pourquoi ? Pourquoi t’as fait ça ?! Articula-t-il alors que les larmes lui montaient.
 
– Pardonne-moi… C’était ma mission.
– Ta… mission ?
– Oui c’est l’une des raisons… Ecoutes, la Yukikage m’a chargé d’une lourde tache : celle qui consiste à me sacrifier.
Elle poursuivit sous l’incompréhension du médecin.
– Je devais faire naître chez toi, des sentiments amicaux voir amoureux envers moi pour que tu souffres lorsque je mourrai sous tes yeux. Je crois que c’est la plus difficile mission que j’ai dû effectuer.
   
– Mais pourquoi ? Pourquoi une telle mission ? S’époumona Ensei, lui qui détestait ne pas comprendre.
– Pour le développement de ton pouvoir ! Notre Kage n’a d’yeux que pour ça. Elle t’a fait surveiller nuit et jour par son ANBU, et avec les données qu’elle a rassemblé entre ton combat contre Rumibayu et tes nuits cauchemardesques, elle en a déduit que tu l’éveillerais sous un très fort choc émotionnel. Depuis notre rencontre, c’était mon objectif en tant que Louve du Harem. 
–… Je comprends mieux ton comportement changeant. Tu étais froide et distante au début, parce que tu savais que ton temps était compté. Je suis celui qui t’amenait à ta perte. Puis, plus on approchait d’Ame et de l’examen, plus tu t’adoucissais à cause de ta mission. Ca me dégoûte…
 
– Pardon…
– Non ce n’est pas toi, c’est la Yukikage qui me dégoûte, se tendit-il, gonflant de haine.
 
–Ensei…
– Oui ?
– J’ai froid.
Ce fut à son tour de prendre soin d’elle. il la prit dans ses bras, lui à genoux et elle allongée sur la terre meuble. Fû marquait un intérêt sincère à suivre cet échange. L’esprit de sacrifice de la brune faisait qu’elle la respectait, après tout elle aussi avait dit adieu à une vie normale en devenant un jinchuriki. En revanche, avec Denkashi et maintenant Takumi, elle avait la confirmation que les hommes et femmes au pouvoir se fichaient des sentiments, jusqu’à même s’en servir contre d’autres personnes. Il fallait que ça change, mais en avait-elle réellement l’étoffe. Du côté des deux ninjas de Yuki, la demoiselle de douze ans  se sentait partir. Elle s’assoupissait.  
– Non, reste avec moi Takumi ! La réveilla-t-il.
 
– Avant que je ne m’en aille, il y a une autre raison pour laquelle je suis intervenue… C’est en rapport avec ce que je ressens pour toi. Ca m’est difficile à avouer… Je t’…
– Takumi ! TAKUMI !!!
     Elle avait ressombré dans l’inconscience, et elle serait sans fin. Il avait deviné ce qu’elle allait lui avouer à demi-mot, tandis qu’il la secouait au mieux pour la réanimer. Pourquoi avait-il fallu que ça se passe dans ces conditions ? Il ne s’était jamais pris la tête au sujet des relations avec ses compagnons. A l’origine, il était un petit bambin des rues qui n’avait pas besoin de se sentir aimé. Il voulait juste vivre quelques minutes de plus. A mesure de sa progression dans ce monde, il n’eut d’autre choix que de découvrir l’amitié avec Ryusuke, l’esprit de la famille avec leur petit frère Joshua, et depuis peu le vrai amour envers Takumi. Tout ceci avait été si spontané. Cette mort était une rupture qui se transforma en une atroce lésion. Un repère s’effondrait, c’est alors par instinct que son mental flancha. C’était la première fois que cela lui arrivait de manière aussi violente. Il en devenait fou, il ne manqua pas grand chose pour qu’il agisse comme tel. La démence avait pris le pas sur la tristesse.   
     Voyant qu’ils avaient fini de se dire ce qu’ils avaient sur le cœur, Fû se décida enfin à intervenir. La femme loup pendait  au bout du bras du jeune homme, pâle et fragile. L’azuré était prostré, impassible quant à son approche, et les yeux indiscernables sous ses mèches.
– Voilà, maintenant tu comprends ce que j’endure. Nous ne sommes pas si différents toi et moi. Nous souffrons tous les deux. Mais on dirait que tu n’es pas prêt à aller de l’avant. Tu es seul, sans personne à qui te raccrocher. Le monde est fait de désillusions. La preuve, tu voyais en elle une amie, mais c’était tout le contraire. Elle ne faisait qu’obéir aux ordres de personnes bien plus vicieuses. Ouvre les yeux bon sang ! Se fâcha-t-elle sans qu’il n’y ait de réaction. Je vois que tu es à bout… Laisse-moi au moins abréger tes souffrances, te libérer de tes chaînes !  
Qui sait si celle des Cascades avait des intentions louables, toutefois la réplique d’Ensei ne se fit plus attendre. Il remonta son front, puis son visage pour laisser entrevoir ses pupilles noire encre, et vides… vides de sens. Ses muscles se contractaient et furent parcourus de spasmes. Toute sa rage s’extériorisa dans un cri de désespoir. Par là même, il allongea son doigt terni de sa noirceur profonde. Son élongation s’était mise en mouvement ultra rapidement. Un clignement d’œil était ridiculement lent en comparaison. Tout comme par le passé avec le garçon cadavre qui s’était fait avoir, Fû passa aussi à la trappe. Le doigt d’Ensei s’était enraciné dans son front. Ses globes oculaires exprimaient une surprise indescriptible. Notre shinobi qui perdait ses moyens, avait les armes pour la supprimer du bout de son ongle. Il avait sa vie entre ses mains. Du moins, c’est ce qu’il crut jusqu’à ce qu’il défaille ! Ce n’était pas un manque de chakra, cela venait de l’intérieur de la kunoichi. Une force inconnue le repoussa en dehors de l’esprit de Fû. Ensei n’avait pu maintenir la connexion à cause de la malveillance de cet être qu’elle enfouissait. Il avait été comme mordu dans son âme. Ce fut si fulgurant qu’il reprit ses esprits, haletant comme s’il avait été en apnée.
     Essoufflé, une pause s’imposa durant laquelle Fû fut absente, même si elle était présente physiquement. Cet instant bénéfique pour les deux protagonistes perdura lors d’une sempiternelle minute. Ensuite, Fû fit le constat de son introspection :
– Nanabi m’a tout révélé sur toi. C’est donc ça… Tu es quelqu’un de désespérant. Alors comme ça, tu ne sais rien sur toi. Une part de ton passé t’est inconnue. Le pire dans tout ça, c’est que tu te satisfais de ta situation.  
– C’est faux ! Je veux retrouver la mémoire !
– Arrête de te mentir ! Tes souvenirs sont bien en toi et ne demandent qu’à refaire surface. C’est toi qui t’empêches de te rappeler !
 
– Mais comment veux-tu…
Soudain, une lumière s’éclaira dans son esprit saccagé. Avait-il découvert la solution ? Son interlocutrice était déçu d’avoir affaire à un pauvre mioche qui s’était bloqué volontairement et sans le savoir, son passé. Elle ne pouvait se résoudre à l’abattre froidement, sans qu’il n’ait pu explorer sa part d’ombre. Elle ne s’appesantit pas sur lui, et préféra continuer sa route. La sienne serait aussi jonchée d’embûches.  
– En visionnant ce que tu avais mis sous silence, je pense que tu n’auras plus le même état d’esprit. Tu seras loin du larbin de Yuki, à l’image de ta copine. Tu n’es plus un danger pour moi, je vais donc te laisser. J’espère que tu prendras la bonne direction et que tu sauras vivre avec ce poids. Bonne chance. « En ce qui me concerne, je vais tout faire pour qu’on m’accepte à Taki et faire bouger les choses. Je dois m’améliorer, et devenir shunin servira mes intérêts. »
Elle s’éloigna de lui en marchant, ne craignant pas qu’il l’attaque.
     Le shinobi n’avait pas du tout l’envie de la combattre encore une fois, ni de lui parler. Il déposa doucement la tête ballante de Takumi, et posa son entière attention sur son index rachitique et cendré. Il s’était plus ou moins rétabli dans des dimensions raisonnables sauf qu’il se finissait en une pointe. Ce qu’il avait oublié… il se força à faire ressurgir ces évènements lointains. Perdu d’avance, il ne récolta qu’une affreuse migraine en plein milieu du front, comme d’habitude. « J’ai mal au front !! J’avais un doute, mais c’est ça ! Le jutsu que je possède va toujours au contact de la boîte crânienne. Mon doigt m’incite à ce que je l’insère dans ma tête ! » Il était hésitant quant à la marche à suivre. Il n’avait pas peur de l’utiliser sur un ennemi, mais sur lui c’était une autre histoire. De toute façon, avait-il d’autre choix ? Il devait essayer. Dans un léger tortillement, son doigt s’étendit et alla se planter exactement là où son front le suppliait. Sa toute petite enfance défila en un flot inaltérable, jusqu’au jour où…
     Il était ce petit enfant dans un angle du salon. Le parquet crépitait tout comme l’air ambiant. Des bouffées de chaleur s’engouffraient dans la maison de bois. Un incendie. Lové contre ses maigres jambes, il sanglotait, ses pleurs coulaient abondamment. Tout se reproduisait comme dans son rêve, sauf que cette fois, c’était plus réaliste. Des traces de sang l’entouraient, et une flaque de ce liquide pourpre s’étalait devant lui. Il pleura amèrement de manière plus soutenue quand il distingua les corps de ses parents. Ils étaient raides morts. Sa vue était floue de ses yeux larmoyants. Comme prévu, après la tristesse, place à la terreur. Une ombre, une présence se mouvait comme un spectre. Une bougie s’affola au moment où l’individu menaçant croisa son regard. Il venait de tourner sa tête. Le bandeau, ce maudit bandeau était bien sûr celui de Yuki avec sa goutte sanguinolente. Sa haine envers ce village avait finalement une base solide. Il vit enfin son visage se dessiner, il en fut horrifié. L’enfant sentait que son heure était proche, à mesure que les chaussures du ninja assassin frappaient les planches. Ensei vivait à fond cet épisode traumatisant, son pouls s’accéléra, et il n’arrivait plus à réguler sa respiration. Il suffoquait dans l’attente de voir le sabre se dressait comme une épée de Damoclès. Ce visage…Il souffrait avant même que la lame ne s’enfonce en lui, ce fut si insoutenable qu’il en cria d’épouvante. Le tranchant ne descendit pas. L’impénétrable tueur fut abasourdi. Ce gosse tendit son doigt agrandi  et le fit entrer dans sa tête pour s’aspirer tout ce qui lui faisait mal.    
     Le genins des flocons ressortit de ce qui faisait ce qu’il était, par une baffe imaginaire. Il n’y croyait toujours pas, il ne voulait pas y croire. A quatre pattes, il transpirait à grosses gouttes. « Je sais, ça y est je sais qui a tué mes parents. Des éléments m’échappent encore, j’étais trop jeune pour être au courant de tout. Dorénavant je n’ai plus à réfléchir à ce que je dois faire, ou à être tiraillé. Le sang de mes parents crie vengeance. C’est à moi de l’infliger… Je vais détruire Yuki. » Il releva son faciès dont l’expression ne pouvait appartenir à un enfant… et pourtant. Ses yeux étaient écarquillés et accentuaient le désir machiavélique de tueries que soulevait son sourire. « Je punirai les fautifs, et le village ne sera plus le même, le monde ninja ne sera plus le même ! »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Mar 27 Aoû - 10:09

Arc Vengeance :

4.0 Le mont Bakufujo

« Quand tout te paraîtra sans espoir, quand tu auras l’impression que tous tes amis t’auront abandonné, quand tu auras besoin de te ressourcer, de faire le vide en toi, de retrouver la paix, va au mont Bakufujo. »

Ces paroles résonnaient intensément… ces paroles de Takumi avaient tout leur sens maintenant qu’il était meurtri aux tréfonds de son être. Il était dans une position où il ne pouvait pas se reposer sur l’épaule d’un ami, alors qu’il en avait besoin plus que tout au monde. Il n’y avait que lui, sa tristesse et sa haine. Il était inexorablement parcouru de tremblements. Il s’était fait manipuler par la Yukikage, et ça il ne pouvait le tolérer. « Elle veut jouer à ce petit jeu, très bien… Si cela l’amuse de jouer avec les vies des autres comme de vulgaires pions, je vais l’amener à jouer sa propre vie. » Mâcha-t-il sans retenue. Il avait vu une lumière dans sa pénombre… Il était désormais convaincu qu’il ne pouvait compter que sur lui-même, que sur ses propres facultés. Qui sait, si Ryusuke ne serait pas aussi un pantin qui le ralentirait ! « Les amitiés sont futiles. » Il n’avait plus aucune envie ni motivation de continuer cette épreuve, même pour lui-même. « Ah quoi bon, cette odieuse femme n’avait pas l’intention de faire de moi un shunin à Ame. Ce qu’elle veut c’est mon pouvoir, et ça elle va le regretter. Mais dans l’état où je suis, je ne peux réfléchir calmement. Oui c’est décidé je vais trouver ce mont ! »
Son périple prit un tournant inattendu, être shunin ou genin lui importait peu, tant qu’il pouvait masquer sa véritable force dans l’ombre. Premier point, il pouvait cacher l’éveil de son jutsu héréditaire, car oui il le maitrisait. Lors de ces trois mois d’examen dans la nature, il voyagea sans relâche durant tout un mois. La première nuit où il broyait encore du noir, il s’était fait un repas sommaire et avant de se coucher aux côtés de ses démons, il jeta rageusement au feu le Bingo Book qu’on lui avait confié. Cet acte signait la fin de l’examen pour lui. Mais étrangement, avant que les pages ne soient toutes consumés, l’une d’elles le troubla. Il se risqua à la sortir du brasier, et après avoir avisé la photo du nukenin, la plia soigneusement dans sa veste.
Les jours qui suivirent, furent ponctués de deux activités qui l’empêchaient de replonger systématiquement. D’abord, il fixait son attention sur la route à suivre, et autant dire que ce mont Bakufujo n’était pas facile à trouver. Il était en pleine incursion au pays du Feu, quand il eut un semblant de piste. Un vieil homme, un puiseur d’eau à en juger par son fardeau, avait eu ouïe dire d’une telle montagne. Sa mémoire lui revint au bout de quelques secondes, et lui indiqua Yuki. Ensei aurait dû s’en douter. Si Takumi connaissait ce pic s’était bien parce qu’il culminait dans leur patrie enneigée. Au fil du temps, et donc de ce mois riche en survie, il fut dégoûté de revoir le pays de la neige. Mais bon, il le fallait. Ce qu’il l’a beaucoup aidé à tenir bon jour après jour, était de se concentrer sur cette technique qui le fascinait et le terrorisé tant. Il la testait sur des animaux sauvages, volatiles, lièvres etc.… Grâce à ce don extraordinaire, il avait pu recomposer sa vie d’avant. Au début, il avait reçu la fulgurante douleur de la disparition de ses parents, sous ses yeux innocents. Mais peu à peu, il reformait des bribes de sa vie de famille. La voix chaleureuse de son père, le parfum de sa mère. Finalement, il retrouva même, son nom en plein sommeil, ce qui le réveilla en sursaut. Ce fut l’une des rares nuits qui fut parmi les moins mouvementées. « Makusa… Je m’appelle Ensei Makusa. » Cette part de son identité retrouvée lui avait réchauffé le cœur, le temps de quelques heures.

Le mois s’étant écoulé, il avait fini par dénicher cet à-pic montagneux au prix d’efforts colossaux. Des femmes lavant leur linge au clair d’une rivière lui avaient montré ce triangle rabougri qui planait dans le ciel en arrière plan. Il était à peu près au niveau de la frontière entre Yuki et Kumo, un endroit de non loi, où végétation et bêtes sauvages pullulaient. Aussitôt il entreprit cette randonnée pour la gravir. Il devait en premier lieu séjourner dans la forêt qui s’était enracinée à sa base. Cette ascension ne serait pas de tout repos. Mais il avait bien la ferme intention de découvrir le secret de cette montagne insolite. Il faisait mijoter un potage de patates douces, et sous le sifflement de la cuisson, il était aux prises avec ces interrogations : « Déjà, c’est bien joli d’être arrivé à destination, mais pour l’instant je suis loin d’être apte à élaborer un plan d’attaque. Rien que de penser à retourner dans ma ville natale me donne des malaises. Que dois-je faire ? Dois-je vivre au grand air ? Une autre montagne n’aurait pas suffi ? » Ne trouvant guère de réponse, il en vint à une autre question qui le touchait plus personnellement : « Pourquoi mes parents ont-ils été tués ? » Difficile de le savoir quand des pièces du puzzle manquaient à l’appel. Mais il avait l’essentiel, le visage de l’assassin.
C’est alors qu’il refit surface de ses réflexions, plutôt las. Et heureusement, car il entendit le pépiement d’un oiseau. Il s’en approcha en contournant son foyer braisé, et remarqua un jeune rossignol au sol, l’aile cassée. Privé de son atout de fuite, il ne lui donnait pas plus de trois heures avec les renards et les chats qui fouillaient les talus. Se dotant d’une âme de bon samaritain, il s’occupa de l’animal. Le membre volant démis fut rattaché comme il faut avec douceur. C’était une bonne action de faite, et le rossignol l’en remercia par un chant joyeux. Ensei l’écouta sans toutefois l’apprécier. Le regard sans émotion, le teint blafard, il observait cet oisillon tout juste sorti du nid, qui se sentait en sécurité dans sa main. C’est brusquement, qu’il agit de manière fulgurante. Son index adopta cette forme douteuse et rachitique pour se planter dans la cervelle de la boule de plumes. Des sensations simples le revitalisèrent comme un courant d’air. Les souvenirs du rossignol étaient peu intéressants mais il s’en contentait. Un bain de soleil, la dégustation d’un ver… Il fit le tour de ces images mentales en moins de deux, alors qu’il n’y avait pas si longtemps, il cravachait pour contenir et sélectionner le flot d’informations. Son exercice prenant fin, il permit à ce petit être de reprendre ses aises, toutes ailes déployées. Lui aussi avait trébuché, il lui fallait récupérer pour reprendre son envol.
Il était en train de contempler les étoiles quand des résidents de la montagne le surveillèrent de très près. Des yeux flamboyants apparurent des broussailles. Les mouvements dans l’obscurité s’accéléraient. Ensei aurait préféré que ces bêtes s’en tiennent à de l’observation, mais les grognements de cette troupe ne présageaient rien de bon. Répondant au hurlement d’un loup, une meute de ces canidés s’avança maintenant à découvert, pour repousser Ensei. Le médecin était déterminé à tracer sa route sur leur territoire. En revanche, leurs babines retroussées l’en dissuadèrent. « Si je me lance dans un combat de mêlée, je vais au devant du danger. Ils sont bien trop nombreux, et je devrais user de bien trop de chakra pour en venir à bout. En plus, mon raiton nécessite que je les touche, non c’est trop dangereux. La solution est de leur fausser compagnie. » Ce ne devait être qu’une question de minutes, il avait acquis une vitesse de déplacement correcte pour un shinobi. Les loups auraient vite fait de perdre sa trace, tandis que lui bondissait de branche en branche. Il se croyait hors de leur portée, et il avait faux sur toute la ligne. Ils ne le perdaient pas de vue. La poursuite était lancée. « Ça me surprend qu’ils puissent tenir le rythme… Comment ça se fait ? » En revanche, il avait réussi à emprunter un itinéraire qui le maintenait en altitude. Les bois touchaient à leur fin, il était dans l’obligation de trouver une cachette. Il fit un rapide tour des lieux, la végétation se résumait à des buissons épineux qui ne pouvaient le contenir. Les rochers aussi grands soient-ils, ne lui offriraient qu’un bref sursis. Dans la précipitation, il entrevit une anfractuosité dans la roche et ne perdit pas de temps à s’y engouffrer. Il espérait bien que le flair de ces chiens sauvages s’en tiendrait là. La tête la première, il s’était introduit avec vélocité dans cette cavité humide. Elle renfermait en réalité toute une grotte qui n’était pas si délaissée qu’elle ne le laissait paraitre. Il était retombé sur un tapis de beaux de biches et en tournant sa tête, il vit les pieds géants d’un canapé cramoisi. Il retint sa respiration en même temps que son angoisse, en comprenant que le ninja n’était pas seul. Il perçut un feulement agressif d’une créature. Dès qu’il osa se relever, il fut stupéfait ! Sur cet énorme mobilier massif et douillet long d’une dizaine de mètres au moins, un loup immense le dévisageait. Il était d’un blanc argenté et était à deux doigts de le mordre. « Mon dieu ! Dans quel pétrin me suis-je fourré ?! »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Jeu 29 Aoû - 8:54

4.1 Le but de la vie

Ensei était dans de beaux draps ! Un loup à la crinière blanche s’était remis sur ses pattes en sortant de son sofa. Vu comme ça, c’était burlesque. Néanmoins, sa taille gigantesque, le claquement de ses dents d’ivoire, ses yeux injectés de sang l’impressionnèrent jusqu’à le figer sur place. Un détail qui le rendait humain malgré tout, était un fin calumet qui tenait sans peine entre les lèvres. Il était impossible sous cette pression menaçante, au genin aventurier d’émettre le plus petit son de sa bouche. Juste avant, il aurait pu prendre la fuite par une galerie sous-terraine qui serpentait derrière lui. Mais c’était bien trop tard, elle était à présent infestée de ses poursuivants enragés. Le géant était certainement le chef de meute, et l’azuré s’était dépêché à pénétrer dans ses appartements. Tout espoir semblait se rétrécir quand le grand blanc prit la parole !

– Silence ! Aboya-t-il à l’encontre de ses gardes du corps.

Sa voix grave avait au fond d’elle, le poids des ans et des batailles. Son apparence bestiale tendait à devenir plus apaisée. Sa première réaction avait dû être des réflexes de chasseur.

– Ce garçon est un intrus, Père ! Cracha un loup de taille moyenne et à la robe noire. Il était de loin le plus impétueux.

« Ces loups peuvent parler ! Tiens, il me semble avoir entendu parler de ces animaux. Ils sont censés être bien plus forts et peuvent élaborer des jutsus. Voilà, c’est ça ! Ce sont des loups ninjas ! »

– Imbécile ! S’énerva le loup vivant en pacha. Il n’a peut-être pas été invité mais tu aurais pu savoir ce qu’il a emmené sur notre montagne ! Vous n’êtes tous qu’une bande d’andouilles !
– Mais…
– Ça suffit Ippo ! Je ne veux plus t’entendre geindre ! Ce jeune enfant vient de Yuki. Si vous aviez été moins ardents, vous l’aurez remarqué ! Regardez son bandeau frontal !

Les plaintes se calmèrent et finalement chacun s’en voulut, ou presque. L’un des gardiens alla même jusqu’à vendre la mèche :

– C’est Ippo, il nous a enduits en erreur, se prononça un loup gris aux iris d’un bleu saisissant.

Aussitôt, celui qui était visé, grogna sur son congénère. La situation entre les loups était sur le point de dégénérer en bagarre.

– Qu’est-ce que je vais bien faire de vous ! Calmez-vous, enfin ! Vous voulez que je me mette en colère ?!

Cet avertissement refroidit tous les intervenants. Toutefois, le loup noir s’était renfrogné et partit borné en dehors de l’antre. Certains essayèrent de l’en empêcher, mais furent immédiatement repris par leur maître.

– Laissez-le tranquille ! Ordonna-t-il avant de s’intéresser de nouveau à l’humain. Je suis Apache, le Sage du mont Bakufujo. Viens-tu m’apporter un message de ton village ?

Ensei ne pouvait qu’être intimidé. Sans qu’il n’en ait conscience, ce canidé aux proportions insoupçonnées dégageait une aura assommante.

– Heu… non, je n’ai pas été envoyé par Yuki.
– Que me chantes-tu là ?! Tu ne vas pas me dire que tu ne faisais que te promener sur mon domaine ?! Ce serait un affront ! S’ébouriffa-t-il.
– Bien sûr que non ! Se rattrapa-t-il. Je suis arrivé jusqu’ici parce que… parce qu’on me l’a indiqué. Comme je ne suis pas prêt mentalement et moralement à retourner au village, on m’a dit que je trouverai le moyen de me reposer ici.

Il s’était défendu du mieux qu’il le pouvait, et il trouvait sa défense bien bancale. Quand il se tut, il voyait dans le regard de son hôte qu’il allait exploser. « C’est fichu, il ne va jamais me croire. » abandonna-t-il avec une grimace d’apeuré. Le vieux loup en effet se retenait jusqu’à ce que…

– Ah ! Ah, Ah ! C’est bien la première fois que l’on compare mon territoire à un centre de repos ! Rigola-t-il à en pleurer. Dis-moi ton nom, et aussi qui m’a pris pour un hôtelier !
– Elle s’appelle Takumi. Et moi, c’est Ensei.

Dès qu’il eut à peine énoncé le prénom de son amie, tous les loups furent effarés. Ils étaient loin de s’attendre à une telle réponse. Un silence religieux s’empara de la caverne. Même Apache le vénérable, avait l’esprit brouillé. Il prit le temps de poser les bonnes questions, tant cette demoiselle faisait ressurgir joie et tristesse. Il était vraisemblablement ému.

– C’est donc ça… Si Takumi t’a parlé de sa première maison, c’est qu’il lui ait arrivé quelque chose…
– Oui, je l’ai vu mourir, et j’ai été complètement impuissant, refreina-t-il un sanglot.

Il serra ces petits poings à en blanchir ses phalanges. Qu’est-ce qu’il s’en voulait, mais voilà le mal était fait. Ce décès lui resterait longtemps en travers de la gorge, si ce n’est à vie.

– Si sa dernière faveur était que tu viennes à nous, c’est qu’elle devait tenir énormément à toi. J’ai été son professeur pendant un temps. A nos côtés, elle a appris certaines techniques, elle avait hérité de notre art. Maintenant qu’elle n’est plus, elle veut que tu reprennes le flambeau, je présume.

Il fit une pause pour réfléchir, ponctuée d’un long soupir.

– Je vois ce qu’elle voulait dire par ‘reposer’. En fait, je fais devoir te former. C’est tout ce que je peux faire pour honorer sa mémoire. Es-tu prêt à te soumettre à mon enseignement, Ensei ?
– Est-ce qu’il me permettra de devenir plus fort ? Demanda-t-il, ne perdant pas le nord.
– Oui, si tu en as le véritable potentiel et si tes efforts seront concluants.
– Alors oui, je suis prêt, s’inclina-t-il.

Cependant un doute frôla la perspicacité du Résident de la montagne. Il voulait s’assurer sur les mobiles de son futur élève.

– J’aimerai tout d’abord connaitre tes objectifs. As-tu un but dans la vie ?
– J’en ai deux. L’un à court terme, l’autre à long terme.
– Lesquels ?
– Tout d’abord, me venger. Ensuite, mon rêve serait de monter un gouvernement mondial qui serait sous mon commandement. Grâce à celui-ci, je mettrai fin à ce système ninja inégal, dans lequel des gens souffrent injustement, dont des enfants. Je ne vis désormais que pour ça.

Apache en fut bluffé, de justesse sa pipe manqua de ricocher au sol.

– C’est bon, tu peux disposer. Nous sommes ton nouveau clan. Sois ici, comme chez toi !

Ensei remercia le loup blanc sans y mettre d’émotion, arborant un masque en guise de visage. Il ne manifesta plus aucune crainte envers les enfants d’Apache. Il se joignit à eux, il était leur frère. « Cet enfant n’est pas commun. Il est bien trop mâture pour son âge. » En déduisit le sage. « Je me demande quand même si la Yukikage n’y a pas mis son grain de sel. J’ai peur de revivre les mêmes épreuves qu’avec ma fille. »

Ces probables similitudes le plongèrent dans ses souvenirs. Même si cela s’était passé il y a six ans, il avait l’impression que cela faisait une éternité.

Six ans plus tôt,

Yuki venait d’essuyer une terrible guerre civile. Les partisans du Nidaime s’étaient rendus après la mort de leur modèle. Il avait été défait par son successeur, la répugnante Yokona Raikoku. Ce changement de régime et tout ce que cela occasionnait, Apache n’en avait cure. Il ne portait aucun intérêt aux guerres humaines. Cependant, il fut obligé d’y être mêlé, même de loin. Bien à l’abri des conflits sur ses contreforts rocheux, ses louveteaux et lui vivaient en harmonie avec les éléments qui les entouraient. Mais une nuit d’hiver où le vent soufflait de plus en plus fort, la meute distingua une petite personne. Elle dépassait à peine les buissons givrés de la forêt qui était sous leur juridiction. Une petite fille aux cheveux d’ébène s’essoufflait. Elle filait le plus vite possible, pieds nus dans une neige qui la désensibilisait. Sa respiration saccadée et irrégulière et ses coups d’œil en arrière, montraient qu’elle était prise en chasse. S’en était trop pour Apache ! « Comment osent-t-ils s’en prendre à un nourrisson ! » Tous épris par le même instinct protecteur, la garde rapprochée accompagna le Sage du mont Bakufujo. Cet enfant avait réussi à fuir jusqu’à la frontière, ils la soutiendraient. Quand ils descendirent à sa rencontre, la fillette fut effrayée. C’était bien sans raison puisqu’ils passèrent en avant d’elle, pour la secourir. Le loup blanc dont le pelage brillait comme de l’argent sous la lueur de la lune, la tétanisa. Les poursuivants écartèrent les branches dans un bruissement de feuilles. Trois ninjas surentrainés s’arrêtèrent. Deux camps s’électrifiaient du regard. Apache les guetta, prêt à faire preuve de cruauté envers ces hommes. En fait, il y avait un homme noir de peau et taciturne, et deux femmes, une blonde qui était sabreuse vu son armement, et une brune au regard glacial, hache et bouclier rond au poing. Cette dernière, la meneuse, avait un pansement au cou, sûrement une blessure de cette guerre intestine. Elle n’alla pas par quatre chemins et sa voix siffla de manière autoritaire, une voix affreusement grave pour une femme. Une tempête s’engouffra en même temps dans la forêt.

– Rendez-moi la fille, Chasseurs de la Montagne !
– Pourquoi devrais-je vous la remettre ? Elle a trouvé asile sur nos terres. Qui êtes-vous pour me donner des ordres ? Ne se démonta pas Apache.
– Je suis la Sandaime Yukikage, clama-t-elle.
– Je vois… cependant vous n’avez aucun droit ici. Alors si vous ne voulez pas que l’on s’entretue, dégagez !
– Et vous vous occuperez de cette enfant ?... Après tout pourquoi pas ! Je vous la laisse entre vos griffes pour un an. Ce délai dépassé je reviendrai réclamer mon dû.

Elle ne lui laissa pas le choix. Etait-elle seulement sérieuse ? Apparemment, rien ne pouvait arrêter cette femme. De plus, si elle voulait se débarrasser de la fille, n’aurait-elle pas engagé le combat au lieu de lui offrir du répit ? C’est sans prendre garde aux conséquences qu’Apache chouchouta et entraina une humaine pour la première fois. Elle s’appelait Takumi, et elle s’était fort bien adaptée au mode de vie des loups. Elle s’épanouissait de jour en jour, jusqu’à cet instant cruel. Takumi lui fut arrachée l’année suivante. Comme Yokona l’avait décidé, elle la ramena au village. Jamais… Jamais il ne pourrait oublier ses larmes grelottantes. Que pouvait-il faire face à toute l’ANBU de la Yukikage ? Il ne pouvait se résoudre à sacrifier les siens pour une humaine, même si elle était l’une des leurs. Il en était convaincu, elle devait se sentir trahie…


– Grâce à Ensei, je sais qu’elle n’avait pas de rancune envers nous. Elle continuait à nous faire confiance. C’est pour ça que quelque soit le chemin que choisira d’emprunter Ensei, je lui inculquerai tout ce que je sais.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Sam 31 Aoû - 6:11

4.2 Loup solitaire

Depuis son intégration, Ensei n’avait d’yeux que de progresser. Comme première étape, son maitre lui avait simplement dit de vivre avec eux, et comme eux. Pour un entrainement intensif, il était assez loin de ce qu’il avait envisagé, mais ce fut sans rechigner que le jeune homme persévéra dans cette tache. Se faire accepter parmi les autres loups était compliqué. Ses différences étaient un premier rempart à surmonter. S’approcher de la famille était le plus difficile pour lui. Ses travers de vagabond des rues, avaient tendance à lui dicter son mode de vie. Surtout que maintenant, il ne voulait plus se forger des amitiés. « Il faut quand même que je me force. Je ne suis pas obligé de nourrir de bons sentiments envers eux. Je dois les voir comme des alliés qui serviront mes intérêts. » Ainsi, c’est dans une tout autre vision qu’Ensei s’efforça de communiquer avec les autres. Toutefois, il n’en faisait pas trop, de peur de nouer des amitiés sans le vouloir. Même avec ce handicap, il était parfaitement apte à vivre en communauté. Il participait à de nombreuses activités, mangeaient comme eux, et dormaient comme eux. Enfin… pour ce qui était de la nourriture, il ne se sentait pas de manger de la viande crue, alors il se permettait de la cuire mimant des excuses. Excepté ce que requérait son métabolisme, il était devenu un prédateur.
Les journées en bonne compagnie défilèrent si vite que trois mois s’écoulèrent depuis sa désertion. L’examen touchait à sa fin. Ensei voyait une chance d’évoluer, disparaître en fumée. Il n’en avait aucun regret. C’était assis au sommet d’une butte qu’il se demandait comment cet examen aurait pu tourner. En sa faveur ou en sa défaveur, il ne le saura jamais. Ses pensées s’en allaient ailleurs jusqu’à ce qu’un individu s’installa près de lui. Un loup gris, celui qui avait d’intenses yeux bleus, posa son arrière train avec un bâillement. Il se prénommait Sanpo, il était le plus sociable et amical de la bande. De nature curieuse, il allait souvent voir Ensei pour en savoir plus sur lui et l’Homme en général. Il avait l’esprit vif et était fasciné par la nature humaine. Cependant, durant cette matinée, il jugea raisonnable de prendre seulement des nouvelles :

– Comment vas-tu aujourd’hui ? Bien dormi ?

Le gosse ne prit pas la peine de répondre. La première question étant beaucoup trop banale, et la suivante lui rappelait ses mauvais rêves. Habitué à son silence, Sanpo lui pardonna et trouva qu’il était préoccupé :

– Quelque chose te tracasse ? Je peux faire quoi que ce soit ?
– Non, Sanpo. Je suis juste perdu entre mes actions, mes choix et tout ce qui me reste à parcourir.
– Ah… je crois comprendre. On ne sait pas ce que l’avenir nous réserve.
– Tu n’aurais pas hérité de la sagesse de ton père, toi ? Sourit le chevelu.
– On a dû quelques fois me comparer à lui, déclara-t-il sans prétention.
– Même si chacun d’entre nous sommes appelés ses fils, vous êtes toi et Ippo, les véritables rejetons du Loup Blanc.
– Oui, c’est étrange comme quoi, nous avons des personnalités diamétralement opposées et pourtant nous avons pris un peu de notre père. Ah ben, tiens ! Quand on parle du loup !

A leur gauche, il leur était impossible de manquer l’errance du vilain petit canard. Il prenait volontairement ses distances, nourrissant le besoin d’être seul sous la cime des arbres.

– Ouais, ça crève les yeux que vous n’êtes pas pareils. Es-tu au courant de ce qui peut le rendre aussi froid et antipathique ?
– En quelque sorte. Il s’est enfermé sur lui-même depuis que nous avons abandonné Takumi aux ninjas de Yuki. Déjà qu’il avait un caractère exécrable, ça s’est empiré.
– Ils étaient proches, lui et Takumi ?
– Oh que oui ! Unis comme les doigts de la main. Maintenant qu’elle n’est plus là, il tente d’imposer ses règles et repousse toute présence humaine du mont Bakufujo.
– Mais pourquoi ? C’est un changement radical !
– Peut-être parce qu’il ne veut plus souffrir, comme il a souffert le jour de leur séparation. Il l’a vécu comme une déchirure. Tu sais Ensei, chez nous les loups, nous n’avons pas de jour de deuil ou d’enterrement, de sépulture ou quoi que ce soit d’autre. Nous, nos morts, nous les pleurons toute notre vie. Et certains sont plus sensibles que d’autres.

Ces paroles avaient du poids et le genin ressentait les choses de la même manière. La perte de sa famille et de ses amis était une douleur qui perdurait et qui le suivrait jusque dans sa tombe. A lui, de vivre avec, et pour le moment, les lésions étaient trop vives pour qu’il se concentre pleinement sur ses plans. Il finit de surveiller Ippo qui disparut dans les broussailles sèches. « Nous sommes tous les deux dans le même état d’esprit. Nous ne voulons plus souffrir. »

– A-t-il été mis au courant de la mort de Takumi ? Demanda-t-il avec une arrière-pensée.
– Oui, je crois. Il doit le savoir.
– Très bien, je vais tout lui raconter, se remit-il sur ses jambes en souplesse.
– Attends ! Je ne pense pas que ce soit une si bonne idée ! Voulut le retenir le descendant d’Apache.

Trop tard, il avait déjà enjambé le peu de rochers plats et de troncs pourris qui le séparaient de la forêt de sapins. Ensei ne l’écoutait plus et irait au bout de ce qu’il avait prévu.
Les yeux fixés sur les profondeurs des sous-bois, il traversa la bordure de forêt. Il mena ses recherches de main de maître, car il ne lui suffit que de trois minutes pour tomber sur lui. Sa robe cendrée était étendue devant un chêne blanc. La brave bête était couchée comme une carpette. Certainement qu’elle ne devait pas avoir le moral. Ippo finit par remuer la truffe, et sentit l’intrus.

– Qu’est-ce que tu me veux, blanc-bec ?! Commença-t-il à s’irriter.
– J’ai cru comprendre que tu t’étais lié d’amitié avec Takumi.

En une fraction de seconde, Ippo se releva en un bond, le poil hérissé.

– Et alors ! Ça te pose un problème ?! Se rebiffa-t-il.
– Non, pas du tout, parla-t-il calmement. Mais comme tu étais proche d’elle, je me demandais si tu voulais connaître les raisons de sa mort.

Ippo demeurait sur la défensive, les crocs qui luisaient.

– Vas-y, parle !
– Pour tout te dire, elle est morte en me sauvant la vie. Elle s’est sacrifiée. Avant tout, elle a obéi aux ordres de la Yukikage. Cette femme mérite le même sort, et même pire. Néanmoins, je ne peux pas nié qu’elle ait fait ça, par amour. Que je suis bête, si j’avais su… j’aurai fait en sorte que ma faiblesse n’aurait pas causé sa perte ! S’attrista-t-il.

Cette sincérité fit mouche. Le jeune loup intrépide et rageur avait été comme statufié. C’était à lui de saisir qu’Ensei était dans le même état que lui. Takumi avait accompli ce que lui s’était senti incapable de faire à l’époque. Il ne savait plus comment réagir. Etre plus aimable instantanément ne lui ressemblait pas. « Elle a donné sa vie pour lui ! C’est… » Il perdait tous ses moyens. Heureusement pour lui, Yuugo, un ancien de la meute intervint :

– Ensei, Père veut te voir.
– Oui, j’arrive tout de suite.

Alliant sa parole à ses gestes, il se détourna d’Ippo, sentant qu’il l’avait touché au plus profond de lui-même.

Le garçon élevé parmi les loups n’avait pas envie de faire attendre le chef de clan. Etant sollicité à entrer, il accéda à la caverne. En y resongeant, elle lui était bénie. Prenant position devant Apache, il se montra respectueux devant sa majesté. Le Sage lui sourit de toute sa belle dentition, de la fierté se lisait dans ses pupilles.

– Vous m’avez appelé ?
– Oui, il est temps pour toi de passer à un stade supérieur. Tu te doutes que ce que tu as fait jusque là n’a servi qu’à vivre au plus proche de la nature. Mais concrètement, tu n’as pas fait de progrès, ce n’était que de la préparation.
– Que dois-je faire alors ?
– Je veux que tu communies avec la nature. Tu en as ressenti les effets, maintenant tu vas apprendre à t’en servir. Pour ce faire, tu vas devoir entrer dans une phase de méditation complète. Ta concentration devra être optimale. Dès que tu pourras assimiler l’énergie naturelle, mélange-la avec ton chakra dans un total équilibre.
– Cet exercice me parait complexe en théorie !
– Et en pratique, je peux t’affirmer que c’est encore plus dur. La finalité de cet entrainement serait le mode ermite du loup. Par contre, je ne veux surtout pas te faire de faux espoirs, peu de gens sont compatibles. Si cela se révèle être un échec, j’ai un autre jutsu largement à ta portée.
– D’accord, quand est-ce qu’on commence ?

Il ne fallut pas plus de temps pour qu’il débute l’activité. Elle serait sans nul doute, longue et fastidieuse. Il passa la plupart de son temps libre dans un boyau de la montagne, à quelques galeries de la chambre de son tuteur. Un silence nimbait les lieux, et les ténèbres ne faisaient que l’englobaient. Assis en tailleur, les yeux clos, il était de plus en plus apaisé. Sa rage se faisait moins cinglante, moins perceptible. Il apprenait à la contenir. Il était concentré au maximum, et sa patience endormait ses craintes. A force d’assiduité, même les gouttes glacées qui tintaient ce néant par des clapotis, ne lui faisaient pas ciller un sourcil. Les heures, les jours, les mois trépassèrent. Il lui arrivait de passer deux jours entiers à se maintenir dans cette position inconfortable. Avec tout l’acharnement du shinobi qui était en lui, il fut au milieu de ces cavités et parois pendant près d’un an et neuf mois. Il était âgé de douze ans. Beaucoup d’eau avait coulé sous les ponts, durant lesquels Ensei avait réussi à visualiser le chakra de la nature. Il en était ravi… seulement pour un temps.
Pensant avoir fait le plus dur, il fit rapidement du surplace. Il était incapable d’associer le chakra naturel au sien. Il en était rebuté, et fit alors appel à son professeur et père adoptif. Avec l’appui d’Apache toujours pipe en bouche, il refit un essai. L’ermite du mont Bakufujo fut particulièrement attentif sur ce qui se produisait et qui était invisible à l’œil nu. Il fronça ses sourcils broussailleux. « Je n’ai jamais vu ça ! L’énergie naturelle est bien attirée vers son système de circulation du chakra, mais il existe comme une barrière. Il lui est impossible de la manier ! Normalement, le plus difficile est d’équilibrer les différentes forces en présence. Mais lui c’est bien plus grave… Qu’est-ce qui peut bien bloquer l’accès ? » C’est alors qu’il alla contre sa promesse de se servir d’un don qu’il connaissait. Il sonda l’âme de son fils cadet, et il eut bien fait ! Elle était saturée de mauvaises intentions, de violence, de pensées morbides. Elle était atrocement noire ! C’était si concentré qu’il en déglutit. « Cet enfant… c’est affreux. Il est irrécupérable. » Il mit donc un terme à l’entrainement, il était évident que la noirceur de son âme lui empêchait d’atteindre une technique aussi pure que le mode sennin. Il ne lui donna pas les raisons exactes de ce revers, juste qu’il faisait partie de ces personnes qui n’avaient pas la chance de pouvoir manipuler ce chakra sacré convenablement.
Par contre, il ne voulait pas le laisser sans une partie de leur patrimoine. Pour l’évènement, la famille entière fut réunie devant l’antre du boss. L’aspirant était observé avec incertitude, personne ne savait à quoi s’attendre. S’en suivit Apache qui gronda pour mettre les choses au clair :

– Je vous ai tous rassemblé pour une raison qui va concerner chacun d’entre nous... Ensei va avoir le privilège de nous invoquer. S’il se retrouve en difficulté, il pourra nous appeler. Quelqu’un veut-il s’opposer à ma décision ?

Vraisemblablement, tout le monde était d’accord puisque personne ne se plaignit.

– Ceci étant fait, qui veut être son invocation principale, et la secondaire au cas où.
– Moi, père !

Sous la surprise générale, Ippo avait tout de suite pris les devants. Un fin lien s’était tissé entre eux. Soudain, un deuxième loup s’avança pour être le second. Forcément, il s’agissait de Sanpo. Apache et toute l’assemblée approuvèrent fortement.

– Même si vous êtes ses gardiens privilégiés, Ensei pourra invoquer n’importe lequel d’entre nous. Viens, il est temps de suivre le protocole, s’adressa-t-il à l’humain.

Apache lui apprit les signes du Kuchyose no jutsu, et fit apparaitre un gros rouleau dans un nuage de fumée. Un pacte était à établir par le sang. Le long rouleau fut déroulé, et mit en évidence, des traces de doigts écarlates accompagné du nom du ninja invocateur. Le dernier à avoir été inscrit était celui de Takumi Senta. Rien que le fait de se souvenir d’elle, lui créa une boule au ventre. Il n’eut nullement besoins d’explication. Sûr de lui, il se mordit le pouce et apposa l’écoulement de son sang sur ses cinq doigts. Il finit avec vivacité à écrire son nom et à y mettre ses empreintes sur une page vierge. Son sourire était cependant enfoui, il jubilait… sournoisement.

A Yuki, Centre shinobi du village,

A l’intérieur d’une bicoque qui accueillait les ninjas souhaitant se divertir avec des jeux ludiques, seulement deux combattants au repos se trouvaient autour d’une table. Ils disputaient une partie de mah jong. Le teint blanc comme neige du plus vieux appartenait à Denonai Raikoku. Il croisait les doigts, les index sur ses lèvres. Tout dans son attitude dénotait son sérieux comme si ce jeu avait comme issue la vie ou la mort. En bout de table, le comportement inverse. Ryusuke triturait ses tuiles, absolument désintéressé. Il était avachi, toute joie qui l’animait, avait disparu. Le non retour de Kamuhita l’avait terriblement accablé. Suite à la fin de l’examen, il s’était mis en tête, de le rechercher. Toutefois, Denonai l’en dissuada comme ils ne savaient pas par où commencer dans ce vaste monde. Le crêté devait accepter la triste fatalité. Kamuhita était…

– Denonai-senpai ! C’est un miracle…, se ressaisit un homme anodin de l’armée.

Il était exténué et à moitié confus par rapport à l’énoncé de son message.

–… Croyez-moi, si vous le voulez, mais l’autre petit que vous formiez est à la porte nord !

Le sensei se leva subitement, ça sonnait à ses oreilles comme une musique triomphale. Lui, qui avait abandonné tout espoir. En ce qui concerne Ryusuke, il était sortit au pas de course, direction la porte nord ! Quelques fussent ses larmes d’émerveillement quand il reconnut son compagnon de toujours. Ensei avait rabattu une capuche de velours bleu sur sa tête. Sans que Ryusuke ne le voie, il avait une expression de meurtrier. Le loup sanguinaire était entré dans la bergerie.
Revenir en haut Aller en bas
Luffa
Admin
avatar

Féminin Top 3 Animés : Durarara!! ; Monogatari Series ; Tasogare Otome X Amnesia

Top 3 Manga : Bleach ; Gamaran ; The Arms Peddler

Messages : 3423
Réputation : 272
Date d'inscription : 03/10/2012
Age : 103
Localisation : Avec mon Merveilleux BJ près du lac de la Pax Lutra.

MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Sam 31 Aoû - 9:37

J'admets que je n'ai pas lu toute ta fanfic', mais par curiosité, j'ai lu un morceau de ce dernier chapitre. ^^
Je n'ai eu aucun mal à entrer dans l'ambiance de ce chapitre, et on s'adapte tout de suite à ton style d'écriture. *^*
En tout cas, ça m'a vraiment intriguée.... *o*
Bonne continuation ! =3

_________________


Narukami no sukoshi toyomite sashi kumori ame mo furanu ka kimi wo todomemu
Narukami no sukoshi toyomite furazu to mo warewa tomaramu imoshi todomeba
(Kotonoha no Niwa)

Hazero, Real ! Hajikero, Synapse ! Banishment... this WORLD !!
(Chûnibyô demo koi ga shitai!)

Always H&S !
(# Ma Fille)


L'Admin est :
 
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Lun 2 Sep - 10:54


Luffa a écrit:
J'admets que je n'ai pas lu toute ta fanfic', mais par curiosité, j'ai lu un morceau de ce dernier chapitre. ^^
Bah, ce n'est pas grave. Après il doit y avoir des éléments qui ont dû t'échapper avec certains personnages.

Luffa a écrit:
Je n'ai eu aucun mal à entrer dans l'ambiance de ce chapitre, et on s'adapte tout de suite à ton style d'écriture. *^*
En tout cas, ça m'a vraiment intriguée.... *o*
Bonne continuation ! =3
Je te remercie beaucoup ! Ça m'encourage à poursuivre. J'espère que tu auras le temps de parcourir tout ça, c'est vrai que c'est long...
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Jeu 5 Sep - 21:25

4.3 Prendre sa chance

Les retrouvailles étaient émouvantes et inespérées pour le brun. Son ami avait tenu à l’extérieur durant deux ans. Il s’en voulait de ne pas y avoir cru, et de ne pas avoir enfreint les ordres. Il avait de nombreuses choses à lui relater, et surtout il voulait apprendre ce qui a bien pu lui arriver pour l’empêcher de revenir à Ame ou même à Yuki. Il ne put contenir sa joie, et fit une bonne accolade à l’azuré. Ensei n’avait pas fière allure à la fin de ce chemin de retour. De la terre sèche et de la poussière salissaient son manteau et ses semelles. Il ne partageait pas l’engouement de Ryusuke, mais étira un sourire loin d’être emprunt de sincérité. Il était content d’être revenu mais pour autre chose. Son chagrin maladif et sa phobie de se retrouver dans cette enceinte, s’étaient envolés avec le temps. Il était là en tant que conquérant. Ryusuke en était aveugle. Comme s’il pouvait se douter de quoi que ce soit ! Excepté le fait qu’il était largement au courant de l’ombre néfaste qui l’habitait, il ne pouvait s’imaginer ce qu’il planifiait. En tout cas, il ne manqua pas de se renseigner sur ce qu’il lui était arrivé :

– Bon sang ! Tu ne peux pas savoir combien je m’étais inquiété pour toi ! Que sait-il passé, rien de grave, j’espère ?

Ensei n’eut pas le temps de se justifier, ni même d’entrouvrir les lèvres. Leur maitre incontesté, Denonai, avait surgi de nulle part sans se faire remarquer. Il avait directement coupé court à ces réjouissances.

– Bienvenue à la maison Ensei, déclara-t-il sans une once de chaleur. C’est un soulagement que tu sois sain et sauf, esquissa-t-il un pâle sourire. Cependant, tu dois te douter que ta disparition a eu quelques répercussions. Nous te croyons mort, ainsi que la Yukikage. Pour cette raison, elle te demande dans sa salle secrète. Elle veut sûrement être la première à comprendre ton absence de deux ans. Viens, suis-moi ! Je serai ton garant.
– Très bien, baissa-t-il son front.
– Je peux venir ? S’exprima de vive voix Ryusuke qui était absolument surexcité.
– Non, tu n’as pas été convié, désolé, souffla le mentor.

Le bonhomme au regard vert bouda avec une moue de désapprobation, mais ce n’était que temporaire. Il brandit son poing victorieux vers son jeune collègue :

– Bon, tant pis ! En revanche, tout de suite après, on aura une conversation sérieuse !
– Comme tu voudras, se contenta-t-il de répondre.

Quand les deux hommes ténébreux s’éloignèrent dans un silence que seule la neige sous leurs pas troublait, le shinobi à la crinière démente sentit un malaise. Il ressentit un frisson qu’il prit pour le prélude du prochain hiver. Si seulement il avait prit en considération cette hallucination… tout ce qui surviendrait, aurait pu se passer autrement. Sa vue avait reçu un message subliminal. A côté de Denonai, au lieu que ce soit Ensei qui y figure avec son manteau fourré, il crut voir la Mort ! Cette faucheuse squelettique, se déplaçant de dos. Il en demeura immobile.

La nouvelle comme quoi, Ensei était revenu en un seul morceau se répandit comme une trainée de poudre. Il fallait néanmoins plus que des regards curieux pour qu’ils s’arrêtent là-dessus. Ils empruntèrent le trajet le plus court, et eurent la permission d’accéder à cette fameuse demeure ressemblant à un dojo gigantesque. Avant de pouvoir paraitre devant cette femme redoutable et antipathique, ils croisèrent deux demoiselles aux atouts physiques séduisants. Se mouvant côte à côte, elles étaient du Harem. Ensei en était persuadé puisqu’il s’agissait de Kagu Ito et Yune Tsubaki. Quand ils se jaugèrent du regard, la tension était palpable. Même Yune, de nature joyeuse et rayonnante, ne rigolait pas et le fusillait comme si ses pupilles étaient conçues avec une lunette de visée. Bien sûr, elle lui en voulait puisqu’à cause de ce qu’il représente, une amie et rivale n’était plus de ce monde. Au lieu de nourrir de la rancœur envers sa maitresse et l’instigatrice de la chute de Takumi, elle crachait plutôt sur ce garçon. Ces sentiments avaient vite viré de l’amourette au dégoût. En son for intérieur, elle avait ardemment espéré que la Louve échoue pour la première fois. Cependant, elle avait été fidèle jusqu’au bout. Les marches avaient ralenti quelques temps, juste le nécessaire pour qu’Ensei lui balance une expression qui la figea. Il était neutre, anormalement neutre. Il avait le visage de quelqu’un de déterminé.
Passant cette furtive rencontre, ils furent invités à se tenir devant l’emblématique rideau de perles. La Dame Blanche, comme elle aimait se faire rebaptiser, n’exécuta pas l’ombre d’un mouvement à leur arrivée. Ensei était au centre de ce carré de cloisons, tandis que son sensei s’était légèrement mis en retrait. L’interrogatoire ne pouvait plus être esquivé, et l’appelé devrait se servir de persuasion pour cacher ses petits secrets. Il était plus que temps de faire le ménage dans sa tête.

– Ensei… Tu me surprends. Te revoir en vie était plus que ce que je ne l’espérai. Bon retour parmi nous…, siffla-t-elle de sa voix rauque. On aurait dit qu’elle avait les cordes vocales prises dans un rhume.
– Je suis prêt à subir votre jugement ! J’ai échoué dans ma mission ! Chercha-t-il à se prosterner.
– Ne te laisse pas aller. Ce n’était pas une mission capitale. Je voulais juste évaluer ton niveau, te mettre au défi. Allais-tu revenir à Yuki par exemple.
– Et bien me voilà. Vous en doutiez ?
– Un peu, tempéra-t-elle alors qu’elle avait fini par abandonner l’idée de se servir de ses capacités hors norme.
– Je ne pouvais que revenir. Où vouliez-vous que j’aille ? Je ne connais que cet endroit.
– C’est bien ce que je me disais. Après tout, tes racines sont ici… Bien, assez tournez autour du pot ! Dis-moi ce qui t’a retenu pendant si longtemps !
– Lors de la troisième épreuve, j’ai été pris dans une embuscade de ninjas de bas niveau mais très bien organisés. Ils m’ont gardé prisonnier jusqu’à ce que je trouve un moyen de me délivrer. Je ne sais pas ce qu’il voulait faire de moi, mais je ne préférais pas attendre pour le savoir, inventa-t-il.
– D’accord, dit-elle avant d’enchainer. Maintenant, saurais-tu ce qui s’est passé avec Takumi ?
– Non, pourquoi ?
– J’ai le regret de t’annoncer qu’elle est morte. J’aurai cru que tu m’aurais aiguillé sur les conditions de son décès, mais on dirait que j’ai fait fausse route.

Ensei ploya sous sa tristesse, en bon acteur. Il ne lui en demandait pas beaucoup pour être submergé d’une détresse momentanée. Cependant, Yokona Raikoku n’était pas dupe, il était difficile de l’attendrir. Disait-il la vérité ? Elle ne pouvait s’imaginer un si petit homme faire preuve de supercherie. Pourtant elle avait un indice comme atout dans sa manche qui lui criait de se méfier avant tout. Ensei mentait quelque part, c’était évident. Etait-ce sur toute la ligne ? De toute façon, que la mission de Takumi qui était d’éveiller le pouvoir d’Ensei, soit une réussite ou non, elle avait pris une nouvelle disposition.

– Dans un premier temps, je tiens à te mettre au courant que malgré ta défaite cuisante à l’examen, je te permets d’accéder au rang de shunin. Tu en as largement les facultés. Puis, tu n’auras plus à te coucher dans une pièce d’un pavillon ninja. Au jour d’aujourd’hui tu seras à mon service pour diverses taches. C’est une promotion ! Tu auras ta chambre dans ce bâtiment. Tu pourras bien sûr continuer à faire équipe avec Denonai et Ryusuke, selon les missions qui vous serons accordées. Est-ce que cela te convient ?
– Oui, madame, répondit le promu qui trouvait qu’elle s’emballait vite, cependant sa proximité avec la Yukikage lui permettrait de mieux l’approcher et la trahir.

Denonai aurait aimé donner son avis sur ce changement, mais un courant d’air lui fit ravaler ses paroles. Sa sœur n’était pas en condition pour batailler verbalement. Elle avait bien l’intention de demeurer intransigeante et fière devant n’importe lequel de ses sbires. Elle ne voulait pas perdre de sa superbe. Ainsi avant même que le débat ne commence, il fut clos. « J’ai pris la meilleure solution. S’il a développé pleinement son jutsu, il est préférable qu’il soit sous mon emprise. Je pourrai mieux l’embrigader, avec Denonai qui sera moins sur ses talons. En même temps, s’il a osé me mentir, c’est qu’il pourrait devenir dangereux. Le séparer du Gomenaren est une sage décision. » Fit-elle le point.

L’élève et le maitre repartirent comme ils étaient venus. Denonai en profita pour lui faire part de ce qu’il lui pesait :

– Es-tu sûr de vouloir te rapprocher d’elle ? Elle n’est pas facile à vivre.
– Ce n’est pas ça qui me fera reculer. Bon, excusez-moi sensei mais je dois déménager.

Le brun aux pupilles profondes avait été repoussé aussi sec. Ensei savait ce qu’il faisait, et cela le rendait plus que perplexe. Qu’est-ce qui pouvait bien se tramer en ce moment entre Ensei qui revient d’entre les morts, et les troubles internes au village qui se faisaient de plus en plus menaçants ! Lui ne savait plus où donner de la tête. Les évènements lui échappaient tel un filet d’eau. C’est incertain, qu’il changea d’itinéraire. Il ne devait surtout pas louper son rendez-vous clandestin.
Dès que le peu d’affaires qui lui appartenaient, migrèrent dans ses nouveaux appartements bien plus spacieux et agréables, Ensei fut quasiment agressé par Ryusuke. Il insistait à ce qu’ils se posent à une table pour discuter de cette période où ils s’étaient retrouvés loin l’un de l’autre. N’ayant pas envie de se disputer, Ensei abdiqua. Les deux frères des rues avaient pris leurs aises à une terrasse d’un restaurant de brochettes. D’abord, Ensei lui expliqua les changements que lui avait imposés la Yukikage, entre autre qu’il était devenu shunin.

– Bah mon vieux Kamuhita ! Tu as eu un beau cadeau pour ta réapparition ! Je ne te cache pas que je l’ai un peu en travers. Nous nous verrons beaucoup moins.
– Arrêtes de m’appeler comme ça, s’exaspéra-t-il en relevant sa touffe de mèches.
– Désolé, je n’y peux rien. Je ne m’y ferai pas ! Attends, c’est moi qui t’avais trouvé ton premier prénom !

Ensei approuva en balançant doucement sa tête. Inutile d’essayer de le raisonner. Il était même plus prudent de ne rien lui dire au sujet de sa mémoire rétablie, cela pouvait nuire à ses projets. Il trouva rapidement un autre sujet sur lequel converser :

– Et pour toi ? Tu es aussi shunin ? Comment s’est fini l’examen ?
– Non, encore genin. Je commence à en avoir marre ! Après les trois mois écoulés, je suis retourné à Ame avec mon Bingo Book. Les quelques petites frappes que j’ai neutralisé n’ont pas suffit. Mon score était trop faible.
– Qui l’a réussi ? Demanda-t-il en buvant une gorgée de thé chaud.
– Ils sont trois à avoir été reçus. Fû, la fille de la Cascade a écrasé tous les records. Derrière, c’était ce mec tordu à l’arme blanche peu rassurante, et le dernier ninja, la fille des Geysers.
– Je vois…
– Tu te rends compte ce que j’ai dû endurer ! Ni toi, ni Takumi n’étaient présents. J’étais décomposé. Forcément, j’imaginais le pire et je me suis empressé à demander d’urgence qu’une équipe soit montée pour partir à votre recherche. Ça ne s’est pas concrétisé... et je m’en veux tellement. A cause de moi Takumi est morte, retint-il ses larmes.
– Non, pas du tout. Ce n’est pas de ta faute, c’est celle de ce monde ninja pourri et corrompu. Cesse de t’en vouloir, ce n’est pas comme ça que l’on arrangera les choses.
– C’est vrai, renifla-t-il. Tu sais quelque chose sur les circonstances de sa disparition ? Passa-t-il une manche sur ses paupières mouillées.
– Malheureusement non. Nous n’étions pas au même endroit. Je suis peiné pour toi, comme je sais que tu avais le béguin pour elle.
– Oh, je n’avais aucune chance, elle avait des sentiments pour toi.

Le vengeur ne sut quoi répliquer, Ryusuke avait été particulièrement observateur. Ne voulant pas le mettre mal à l’aise, le gamin à la crête se reporta sur les mésaventures que son soutien avait surmontées.

– Raconte-moi plutôt ce qui t’a empêché de finir l’épreuve.
– On m’a assommé au moment où j’étais une proie facile. Un gang de shinobis libres m’a enlevé et mit en captivité. Ce n’est qu’au bout de deux ans que j’ai saisi ma seule opportunité. Ils manquèrent de vigilance, donc j’ai pu m’évader sans trop de problème.
– C’est étrange qu’ils te soient tombés dessus. Tu penses que tu étais une cible au hasard ou bien que tu étais la personne dans leur collimateur ?
– Je n’en sais rien. Si tu veux bien, je préfère tirer un trait sur ces deux ans… Par contre, pour le village, je constate que rien n’a changé. Toujours autant de misère.
– Tu plaisantes ?! C’est même pire !
– Raconte !
– C’est simple. Le peuple n’en peut plus, et c’est compréhensible. J’ai peur que ça ne dégénère. La plus grande préoccupation des forces shinobis est le quartier Est.
– Le port ?
– Oui et ce qui l’entoure. Les groupes de vauriens, de brutes épaisses, tous des ennemis du gouvernement, grimpent en nombre. Leur liste est aussi longue que mon bras ! Le pire, c’est qu’ils s’organisent de mieux en mieux.
– Qui sait, nous sommes peut-être en train de passer à une ère plus clémente, donna-t-il son avis. « Je suis revenu quand il fallait, je ne pouvais rêver meilleur moment pour zigouiller les responsables. »

Leur soirée respirait la bonne humeur, en revanche ce n’était pas le cas de tout le monde à Yuki. Les soulèvements dans la pauvre ville laissaient songeur et inquiétaient. C’est dans une cave d’un bistrot rarement fréquenté que Denonai avait une entrevue. C’était hélas autre chose qu’un rencard. Il vint s’assoir à une table ronde étriquée. Elle était toute humide et une bougie brûlait au milieu, dégoulinant de gouttes de cire poisseuses. Un faciès lugubre était à peine éclairé au dessus de la mèche. Cette personne était visiblement nerveuse et contrariée.

– Tu es en retard Denonai. Je ne peux déroger à mes responsabilités trop longtemps. Je pourrai être suspecté, et être surveillé par l’ANBU, nuit et jour.
– Oui Black, pourtant nous devons prendre des risques. Le moment est propice pour renverser ma cadette. As-tu eu des nouvelles sur nos infiltré dans le quartier sensible ?
– En effet, j’ai leur rapport, et c’est très préoccupant. Toute la communauté des malfrats se rassemble, c’est une certitude maintenant. En plus, je peux te confirmer qui est à la tête de ce regroupement. Ce sont les frères Nikito.
– Non ?! Ils sont encore à Yuki ceux-là ! Quelque part, je ne suis pas étonné qu’ils soient sous ce complot. Ils ont une dent contre ma sœur. Leur clan a été décimé par ses soins, même dans des pays voisins. Elle les a pourchassés et réduits à néant.
– Comment avons-nous pu suivre une telle femme…
– Nous étions obnubilé par un système qui profiterait à tout le monde. C’est ce qu’elle nous avait promis. De plus en plus de personnes commencent à comprendre qu’elle n’a eu que la folie des grandeurs. D’ailleurs, est-ce qu’Esméralda est des nôtres ?
– Oui, il était temps ! Elle a enfin ouvert les yeux.
– Tant mieux, notre coup d’état prend forme.
– Tu crois que les Nikito pourraient ouvrir une brèche que nous pourrions exploiter.
– Ce ne serait que justice, mais je ne me rangerai pas dans leur camp. Leur motif est guidé par la vengeance, ce qui est loin d’être pur. Restons auprès de Yokona pour l’instant.

Le black chauve avait une dernière question qui lui trottait à l’esprit. Du moins, il avait une suggestion à faire :

– Si nous réussissons, tu serais un Yukikage parfait !
– Jamais de la vie ! Mes antécédents ont recouvert mes mains de sang de beaucoup d’innocents. Je ne serai qu’une relique du règne de Yokona. Non, Esméralda et toi feraient un duo de dirigeants exemplaires. En ce qui me concerne, je continuerai à être hanté par mes fantômes.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Dim 8 Sep - 20:51

4.4 Avertissement détonant

Deux jours entiers filèrent sans que le comploteur à la chevelure bleutée ne trouve un moyen d’accélérer les choses. Il avait été assigné à la protection de la dirigeante… quelle ironie ! Mais régulièrement, il s’occupait d’amener la paperasse, une tonne de feuilles volantes. Ce n’était que des documents sans importance, par contre il avait repéré un compartiment où les données les plus convoitées y étaient confinées. Un garde y était posté à longueur de journée. En temps voulu, il irait faire un tour. En fouillant un peu, il pourrait certainement trouver la raison de l’assassinat de ses parents. C’était le détail qui lui manquait cruellement. Pourquoi ce mari et sa femme ont été éliminés sans pouvoir se défendre à leur domicile ?
En fin de matinée, alors que la rosée dégivrait, Ensei était à l’abri dans sa chambre. Elle était si grande qu’elle aurait pu accueillir deux autres colocataires. En fait, il avait tout cet espace pour lui seul. Comme quoi, certains étaient mieux lotis que d’autres. Il n’était pas du tout actif pour le moment. Sa supérieure n’avait pas demandé son aide, et lui ruminait allongé sur son divan. Il ne voulait pas se précipiter, ou cela le mènerait à sa perte. Il devait agir dans l’ombre et insidieusement, il valait mieux attendre que le chaos se manifeste de lui-même, avant de préparer quoi que ce soit. Etendu comme il était, une fatigue passagère l’enfonça d’avantage dans ses coussins moelleux. Il ferma les yeux. « Il ne faudrait pas que je prenne goût à la vie de riche, ce serait une erreur. » A peine s’apaisait-il qu’il revint à la réalité en sursaut. Le temple sacré de la Kage avait grondé, les murs avaient subi un léger tremblement. Une explosion avait ébranlé le village. Il enfila en quatrième vitesse sa panoplie du représentant de Yuki, et fonça dehors. D’autres militaires avaient été secoués, et se pressèrent de connaître l’origine d’un tel raffut. A une fenêtre, il aperçut que cela provenait du Quartier Sud, le plus pauvre. Sans même concerté la glaciale Yukikage, il était non seulement sorti de la bâtisse mais aussi de la zone fortifiée. Le siège était tellement en panique que les hauts placés n’y verraient que du feu. De toute façon, il fallait bien des volontaires pour faire un constat des dégâts. « Mon petit doigt me dit que je n’aurai plus à attendre longtemps pour lancer mon plan à exécution. » Sourit-il machiavéliquement.

Les secours se formaient sur le tas. Une vingtaine de shunins et jounins investissaient les lieux du drame. Ensei contribua à cet élan et ainsi plusieurs familles purent être évacuées. Le champignon de fumée s’était répandu en un voile étouffant. La vue n’était pas obstruée, on s’y retrouvait aisément, mais la poix piquait les yeux. C’est dans cet univers factice qu’une unité se réunit pile sur les lieux de l’explosion. Denonai menait les opérations et distribuaient les rôles. Les autres ne bronchèrent pas, et sécurisèrent le périmètre ou se lancèrent dans les fouilles. Le gardien de la prison la plus morbide, apostropha alors le jeune shunin.

– Tu es venu ? Tu sais que c’est dangereux, n’importe quel pan de mur pourrait s’écrouler !

– Je suis un ninja, ce n’est pas ce genre de catastrophe qui me feront faire demi-tour. En tant que médecin, je pourrai secourir les survivants… Ryusuke n’est pas avec vous ?

– Non, il est en mission… Il doit ranger le débarras de la boutique de farces et attrapes, maintint-il son air sérieux.

– C’est bien un travail fait sur mesure pour lui, commenta le plus petit.

– Bon, fais comme tu voudras. Je vais inspecter les décombres pour découvrir ce qui a bien pu se passer.

De son plein gré, le Raikoku ratissa les monticules de pierres et de poutres. Pendant ce temps, Ensei progressait sur le même site, mais de son côté. Il était amené à soulever des briques pour s’assurer qu’il n’y trouverait pas de corps. En y faisant globalement le tour, il n’y trouva aucune victime. Avant d’être soufflé comme une botte de paille, la construction ne devait pas abriter de logement. C’était une déduction parmi tant d’autres.
Sa mission de sauveteur s’éternisant et ne trouvant pas son utilité sur le terrain, il inspecta les bâtiments voisins. Avec un peu de chance, des civils s’étaient réfugiés dans ces locaux. Il tomba donc sur une grande et vieille bâtisse qu’il identifia comme un hangar laissé à l’abandon. Il était désinfecté, s’il y avait du matériel ou des machines, ils avaient disparu. Pour grimper à l’étage, un escalier en zinc montait et se prolongeait en une longue passerelle. Les vitres en hauteur étaient troubles, et les fixations jaunies. En examinant de plus près les alentours, une poulie était suspendue au plafond. Elle ne devait plus avoir servi depuis belle lurette. Son attention était si soutenue qu’il ne remarqua pas Denonai passer lui aussi l’antre. Il n’était pas là pour l’espionner, mais bien parce qu’il avait terminé son investigation.

– J’ai levé le rideau sur cette affaire. Comme je le craignais, c’est un acte terroriste. Une bombe avait été placée dans ce bâtiment. C’est certainement le clan Nikito qui a décidé de passer à la vitesse supérieure. Je ne comprends pas comment ils ont pu dégoter un matériel aussi dangereux. C’était un explosif composé d’une sphère renfermant de la poudre recouverte de parchemins en guise de détonateur à distance. C’est plutôt sophistiqué.

– N’aurions-nous pas ce matériel dans nos armureries ? Supposa Ensei.

– Oui, je crois bien, mais comment veux-tu qu’un citadin quelconque puisse pénétrer dans le centre shinobi sans autorisation ? Quand bien même il l’aurait obtenue, l’accès aux stocks lui est refusé ! A moins que…

– Qu’un ninja du village les soutienne, finit le shunin.

Le plus avisé acquiesça même s’il avait un peu de mal à y croire. Pourtant, n’importe qui, qui aurait une dent contre cette femme sans scrupule ne se serait pas laissé prier pour s’allier avec un groupe de bandits. C’est alors que l’homme d’âge mûr, revint sur le plus important.

– Il n’y pas eu de victimes, ne serait-ce qu’un blessé. Leur but n’est pas de réduire la population, mais de la soulever contre nous. Ils ont donc détruit un ancien entrepôt datant du règne du Nidaime. Il servait à fournir en céréales le quartier Sud, comme cet endroit on dirait. J’ai vu des résidus de silos à grains. Quand, je remonte à quelques années en arrière, je me dis que la politique du précédent Yukikage n’était pas si pesante que ça, finalement.

Ensei n’était pas du tout à l’écoute, absorbé par l’âme en latence du grenier.

– Hé ! Qu’est-ce que tu cherches ? Le rappela-t-il à l’ordre.

– Rien, sensei, revint-il sur terre. C’est juste dommage que tout se soit dégradé, alors que bien des personnes souffrent de la faim dans notre ville… Allez, je ne peux plus flâner ! Si ça se trouve notre Kage m’attend, furieuse, se détendit-il en faisant marche arrière.

– Ensei…

– Oui ? Fit-il furtivement.

– Sois prudent.

Ses mots étaient simples et avaient du poids sur sa langue. Néanmoins, Ensei était fermé à tout conseil que l’on pouvait lui donner. C’était entrer dans une oreille pour sortir par l’autre. Dès que l’élève se soit volatilisé, Denonai resta planté ici. Tout comme l’azuré juste avant, il se plut à admirer ce lieu qui n’avait pourtant rien qui sortait de l’ordinaire. Il passa en revu les moindres interstices dans les murs, et se mit à sourire d’un air apaisé.

Les jours suivants se ressemblèrent étrangement. Les gredins du quartier Est se manifestaient peu, mais devenaient de plus en plus violents. Ce fut si intenable que les forces postées sur ce territoire, durent se replier derrière leur muraille. Le gamin à la touffe bleue avait de moins en moins de contact avec ses collègues. Il ne faisait que croiser son enseignant, se résumant à des salutations expéditives. Par contre, Ryusuke ne lui lâchait pas la grappe. Ils leur arrivaient de passer du temps ensemble, du temps perdu pour Ensei qui avait l’esprit ailleurs. Son ami à la coiffure d’iroquois sentait qu’il était dans une de ses passes sombres. Il faisait tout pour lui dessiner un sourire sur le visage. A part ça, le serviteur était toujours accaparé au sein de ce grand temple. Il se faisait que plus distant avec autrui. Le processus de son complot prenait forme. Il ne vivait que pour son accomplissement. Maintenant qu’il s’était familiarisait avec les couloirs et les installations de ce grandiloquent manoir, il était temps qu’il en sache plus. Cette nuit, il était décidé à comprendre pourquoi ses parents ne pourraient plus jamais les prendre dans ses bras. Cette chambre sagement surveillée et ce qu’elle y renfermait, étaient l’objectif à atteindre sans encombre. La vérité… il voulait toute la vérité.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Lun 16 Sep - 14:39

4.5 Le mal tapi dans l’ombre

Il était temps de se fondre dans l’obscurité. Une petite silhouette se mouvait. Elle s’était glissée sans faire de bruit par une porte, et arpentait les coursives du palais par lesquelles de nombreuses loges étaient desservies. Il y avait peu de rondes, et cet être nappé de noir savait les contourner. A chaque angle, cette chose camouflée happait chandelles et lampes à huile. De cette manière, elle plongeait les étages dans une nuit profonde. Le château de la Dame Blanche était infesté par les ténèbres. Toute cette mise en scène ne présageait rien de bon. Les luminaires s’éteignaient selon son avancée. Le personnage inquiétant ralentit au moment où il vit qu’il était à destination. Un shunin aux muscles finement sculptés faisait barrage devant une large porte. Il avait une face des plus banales et des cheveux bruns coupés court. Aux aguets, il entendit approcher l’individu qui progressait dans le noir. Il ne fit que pivoter ses pupilles perçantes. Il éprouvait des difficultés à distinguer qui faisaient claquer ses sandales. Mais il ne rêvait pas, quelqu’un venait à sa rencontre.

– Qui va là ! Identifiez-vous !

La personne interpellée se montra. Elle revêtait un drap sombre à capuchon. Son visage en était couvert et ce fut lentement qu’elle le rabattit en arrière.

– Ah ! C’est toi le larbin ! Tu m’as fichu une de ses frousses ! Tu sais pourquoi plus aucune lampe n’est allumée ?

– Un coup de vent est passé par une fenêtre. Je l’ai fermée.

– Ça va, alors. Et toi qu’est-ce qui te prend à te promener à une heure aussi tardive ?

– La Yukikage m’a fait part d’une missive, fit-il semblant de bailler. Je dois lui rapporter dans les plus brefs délais, un document. Ne me demande pas ce qu’il lui a pris, je n’en sais rien du tout. Tiens, voici mon ordre de mission, lui tendit-il un vulgaire papier plié en quatre.

Le ninja lui faisant amplement confiance lui soutira la lettre, mais au passage le garnement mesquin lui toucha la main. Il avait chargé la sienne en électricité ce qui paralysa le veilleur. Il était sans défense, une proie facile pour le loup. Les yeux grands ouverts, il était dans l’incapacité de sonner l’alerte. Malgré tout, sa frayeur se lisait dans ses pupilles dilatées. Il aurait crié s’il avait pu en discernant une tige sombre et frénétique émerger d’une manche du garçon. Elle effectua des torsions dans des craquements sinistres, tout en prenant de la longueur. Ce bâton fila directement dans sa tête pour drainer son cerveau. La foudre qui l’immobilisait l’empêcha de souffrir. Quant à Ensei, il négocia l’opération avec technique et efficacité. Deux secondes pas plus, lui suffirent. Il sélectionna les parties récentes de la mémoire du garde, pour que lorsqu’il lui sera possible de revenir à lui il ne se rappelle plus de cette épisode. Il venait de lui voler des souvenirs, ceux qui prouvaient la culpabilité d’Ensei. Désormais, il lui fallait entrer dans cette salle des archives, et être ordonné et méticuleux dans ses recherches. La neutralisation du soldat ne durerait qu’une poignée de minutes.
Aussitôt il s’adapta à son nouvel environnement. Il avait pénétré par effraction pour deux raisons dont l’une primordial. Tout d’abord, il s’attacha à dénicher des informations sur la plus importante. Il délogea classeurs, décrets, recueils, écrits en tout genre dont la plupart pouvait être compromettant s’ils éclataient au grand jour. Cependant, il s’en fichait éperdument, et le temps découlait plus vite qu’il ne le pensait. Finalement, il dégota des dossiers qui recelaient de listes exhaustives. L’une d’elles retint sa fouille en suspend. En bas de tableau, deux noms qui ne lui étaient pas étrangers : Koshi et Taru Makusa, papa et maman. En retraçant l’intitulé de cette liste de noms, il eut encore bien plus d’interrogations qui se bousculaient. Il avait peut-être mis le doigt sur ce qu’il cherchait. Néanmoins il manquait encore les circonstances. Pour en avoir le cœur net, il lui fallait s’adresser à une vieille connaissance. « La nuit sera longue. » Ensuite, il traita du second centre d’intérêt : les frères Nikito. Il avait su relever l’essentiel des paroles de son éducateur, et ce qui avait retenu son attention était les commanditaires de l’attentat. Ils étaient le fer de lance de la rébellion. S’il pouvait le diriger à sa guise, son complot pourrait atteindre des sommets. Mais pour cela, il devait se renseigner sur eux, et il rencontra quelques difficultés. Peu d’éléments se rapportaient sur le clan Nikito. Ce n’est que par un gros hasard qu’il fit trainer un œil sur un arbre chronologique des clans principaux de Yuki no kuni. Il conjugua les noms qu’il avait préalablement recopiés sur d’autres cahiers. Subitement, il fit le rapport et tout ce qu’il avait eu vent de l’Histoire du village s’imbriquait à la perfection. Ses découvertes étaient fructueuses, et il pourrait s’en servit à bon escient. N’étant pas à l’avance dans son timing, il prit la porte de sortie et serra le poing victorieux en s’apercevant que le ninja était toujours en stase. La récolte d’informations était quasiment terminée, il en était assez fier. Avec cet élan de sérénité, il reprit sa place tant adorée dans les ténèbres, disparaissant instantanément.

Changeons d’horizon… sans non plus aller trop loin. Dans ce petit pays qui a vu défiler, rivalités, massacres et guerres, de nombreuses bourgades ont su résister aux intempéries. Même des villes plus florissantes s’épanouirent jusqu’à développer leur industrie et leur économie. Des familles avaient travaillé d’arrache pied pour concrétiser leur rêve, et asseoir les générations suivantes sur une situation financière avantageuse. C’était le cas, d’un brave monsieur. Il avait ce privilège, et il chérissait son ascendance. C’était Mr Nawako. Non seulement il chérissait sa famille mais aussi son travail. Il était un passionné. Dans son atelier accolé à sa boutique, il suait de concentration sur un tabouret aux pieds étonnement élevés. Sa petite taille en avait besoin. Le peu de cheveux qu’il avait à l’arrière de son crâne étaient gominés. De plus ses lunettes à la monture en or lui tombaient sur le nez. Et pourtant, quoi qu’il puisse survenir, rien ne le détachait de son passe temps favori. Il maniait le brunissoir et la cisaille avec précaution. Affinant les détails, il se surpassa pour faire d’un diamant brut, un chef d’œuvre. Il admira la pierre polie entre son index et son pouce. Elle brillait avec caractère. Elle ferait un bijou d’exception. Il sortit de sa contemplation pour consulter sa pendule. Il était 4h du matin ! Quand il était aspiré sur le modelage d’une pierre précieuse, il en perdait la notion du temps. Ses yeux noirs l’irritaient, il n’avait plus la vue de ses vingt ans. Il ne pouvait plus se permettre de nuit blanche. Tandis qu’il rangeait ses clics et ses clacs, une voix retentit, sinueuse et tourmentée :

– Je ne pensais pas qu’à votre âge, vous puissiez tenir contre le sommeil ! J’aurai dû me douter que vous êtes un acharné au travail.

– Qui êtes-vous ? Arqua-t-il son vieux cou tandis que ses paupières s’alourdissaient.

Il était obligé de plisser ses globes oculaires pour que des formes lui apparaissent. Un drôle de personnage peu engageant, se tenait au seuil de son bureau. Il avait à peu près la même taille que lui. De plus une cape de fourrure terne masquait son identité.

– Ne vous en faites pas. Je ne vous veux aucun mal. Même s’il est trop tard, ou trop tôt, tout dépend comment vous voyez les choses. Seulement, j’aimerai que vous m’accordiez un moment. J’aurai besoin de vous parler.

Il était exténué… Il s’était endormi comme une masse après un parcours du combattant nocturne démentiel. Au lever du jour, il avait réussi à passer inaperçu pour rejoindre sa couche sans à avoir à se justifier. Le repos lui était imposé et ô combien bénéfique après une nuit riche en rebondissements. Si seulement, il pouvait se douter de ce qui se tramait derrière son dos… 11h avait sonné alors qu’il était encore somnolent. Ce sommeil mérité fut cependant écourté. On cogna à sa porte. Il avait l’impression que l’on frappait à l’aide d’un marteau, tant son crâne bourdonnait sous les coups répétés. Maladroit puisqu’il était dans le cirage, il se fit violence pour ouvrir au perturbateur. C’était un ninja, l’un de ces toutous de Yuki. Voir ce genre d’individus au pas de sa porte, le mettait de mauvaise humeur et annonçait la couleur de la journée. Il venait lui délivrer un message extrêmement important :

– Il était temps que vous vous leviez ! La Yukikage s’impatiente, elle doit vous confier quelque chose.

Ensei grommela pour affirmer qu’il se présenterait à elle au plus vite. Elle avait le don de lui casser le moral à tout bout de champ ! Il se changea avec lassitude, et déambula dans les allées, retenant une série de bâillements.
Les cloisons japonaises se décalèrent unanimement pour lui indiquer la voie. La Yukikage l’attendait dans son espace enfermé, protégée d’une garde personnelle statufiée. L’air crépitait, ce qui mit Ensei sur la défensive. Elle déclara brusquement de sa voix gutturale :

– Il est temps Ensei que tu montres jusqu’où peut aller ta dévotion envers moi ! Pour cela tu auras une mission à accomplir, bien plus reluisante que tout ce que tu as pu faire dans mon manoir. Elle est du même rang que celle dont je t’avais chargé lors de l’examen.

– Je suis prêt à exécuter tout ce que vous pourrez me demander, s’affirma-t-il.

– Je le sais bien, mais dis-toi, qu’elle sera bien plus délicate. Je devrai la confier à un jonin expérimenté mais aucun ne convient au profil. Tu es le seul de mes troupes à pouvoir endosser ce rôle.

– Je vous écoute attentivement, Maîtresse. « Beurk ! Qu’est-ce qu’il m’a pris ?! J’en fais trop là, je vais vomir ! »

– Un ninja des forces spéciales de Kiri isolé, a été localisé par mes patrouilleurs. Je leur ai donné l’ordre de l’abattre ainsi que de lui extirper ce qu’il savait. Ils ont réussi à l’acculer. Souffrant le martyr, il n’a pu donner que son nom avant de se faire sauter la cervelle, raconta-t-elle avec vices.

– Quel est le rapport avec moi, madame ?

– J’y viens. On m’a rapporté son nom, sa taille, son poids, et une photo lorsqu’il était lié, et figure-toi que tu es son portrait craché. Vous avez le même gabarit, et la même coupe de cheveux. Il n’y a que vos traits de visage qui vous différenciaient. Mais avec son masque d’ANBU que nous avons conservé, n’importe qui n’y verrait que du feu, ricana-t-elle à gorge déployée.

– Vous voulez que je m’infiltre à Kiri ?! Mais pourquoi ? Ils ne sont pas censés être nos alliés ?

– Les têtes pensantes de ce village sont des langues de vipère. Ce village est médisant. La présence d’un membre du Brouillard sur notre patrie est révélatrice de leurs mesquineries.

« Regarde-toi dans un miroir, grosse cruche. » Avait-il envie de glisser dans le dialogue.

– Toutefois, je désire autre chose que Kiri garde avidement. En échange de leur soutien, nous leur avons offert en butin, l’un de nos trésors les plus convoités. La Gemme des Glaces ! C’est un saphir d’une rareté exceptionnelle puisqu’il contient du chakra condensé. Il confère à son porteur, s’il en est digne, un pouvoir améliorant nettement ses jutsus. Personne jusque là n’a su en extraire son essence. J’aimerai qu’elle revienne dans son pays natal où je pourrai l’enterrer sans que personne d’autre ne soit au courant.

– J’ai du mal à saisir. Si Kiri l’apprend, ce serait assurément une déclaration de guerre !

– Oui, s’il l’apprenne. Tu comprends en quoi ta mission est capitale ? Tu dois leur voler ce joyau, en faisant preuve de discrétion et de fourberie. Tu ne dois surtout pas te faire démasquer comme étant un ninja de Yuki ! Saisis-tu ce qui repose sur tes épaules ? Tu as dans tes paumes la vie de beaucoup de personnes, de gens tout à fait normaux qui vivent tant bien que mal au sein de notre nation. Fais en sorte que leurs enfants n’aient pas à souffrir par ta faute.

« Quelle pétasse ! Elle a un sacré culot à me choisir moi, avec tout ce qu’elle m’a fait ! En revanche ce qu’elle ignore, c’est qu’elle vient de me tendre une porte de sortie… Si elle croit qu’elle me tient dans sa paume, elle s’en mordra les doigts ! »

– Quand dois-je vous quitter pour le Sud ?

– Tu as le temps de te préparer. Je te procurerai les vêtements adéquats et tout ce dont tu as besoin de savoir. Tu as cinq jours maximum pour partir. Il faudra que tu romps tout lien avec le village pendant toute la période d’espionnage, qu’elle dure quelques jours ou plusieurs années.

– C’est soudain, mais je veillerai à respecter vos exigences pour le bien de la mission. « Cela réduit fortement mon temps d’action ! Je n’ai plus le choix, je dois fignoler les derniers détails avant de m’en aller. Il ne me reste que cinq jours… »

– Et n’oublie pas !

Ensei qui s’apprêtait à retourner à ses occupations, toisa son ombre de derrière les fils de perles, d’un regard fuyant. Un courant d’air glacé secoua les breloques suspendues, ce qui les fit tinter.

– N’oublie pas que dans le cas où tu t’enfuirais, je te retrouverai. Si ce jour arrive, tu regretteras que tes parents t’aient mis au monde.

Elle était effroyable, Ensei en avait une boule au ventre. Le bras de fer avait débuté.

A l’image d’une valse où celui qui menait la danse changeait à tour de rôle, la lune devint reine en cette nuit. Sa robe s’était teintée de rose pour l’occasion. La communauté du centre ninja de Yuki était trop affairée pour la contempler sous toutes ses coutures. Au contraire, les miséreux de dehors, se réchauffaient l’âme avec ce beau spectacle. Parfois, les choses les plus simples étaient les meilleures à prendre. Cette nuance rosée évoquait aussi la violence, la trahison mortelle. Mais cette signification échappait à tout ce peuple, d’autant plus aux malfrats du Quartier Est. Des entrepôts surplombaient la baie du lac, et des quais étendaient leurs bras à pilotis bien loin du rivage. C’est dans un bâtiment à un étage, encastré au milieu de ruelles insalubres que des haussements de voix débâtaient. Ils n’apportaient aucun intérêt aux bidons qui flambaient à l’extérieur, mais préparaient plutôt un sale plan pour causer le trouble. Au rez-de-chaussée, c’était un véritable débarras. Toutefois, trois hommes n’y prêtaient guère attention, et habitaient dans ce taudis. Ils n’étaient vraiment pas d’accord sur la manière de lancer le soulèvement. En fait, ils étaient deux à défendre leur opinion contre un autre plus effronté. Ils étaient assis autour d’une table ovale, et le résistant avaient les pieds sur le meuble se fichant éperdument des remarques de ses compagnons.

– Nous sommes à deux voix contre une ! Tu dois te faire une raison, Keigo ! La majorité l’emporte.

– Vous et votre logique, pff… et pourquoi mon vote n’aurait pas plus de valeur que les vôtres, hein ?

– On s’est arrangé comme ça, je ne vois pas pourquoi il faudrait revoir nos règles. Tu es trop impulsif, Keigo ! Tes idées saugrenues pourraient nous mener à notre perte. Il ne faut pas prendre de décision à la légère ! Appuya l’ainé, un homme d’une trentaine d’années, les cheveux d’un blanc immaculé brossés en arrière, et les yeux bleus turquoise.

– J’en ai marre de faire du surplace. Je veux que l’on frappe un bon coup, et que la Yukikage implore mon pardon, fit-il un brin rêveur.

– Pour l’instant, on ne le peut pas, poursuivit le moins expansif de la bande. Nous n’avons pas assez d’effectifs pour balayer leur ligne défensive. Nous sommes environ deux cents, et nous devrions recruter le double, si nous voulons avoir une chance.

– Alors dépêchez-vous, putain ! Extériorisa le sanguin, tout en penchant sa tête en arrière.

– J’ai la solution et je vous l’offre sur un plateau ! Les surprit une autre personne qui avait trouvé leur quartier général.

– T’es qui toi ? Se leva Keigo menaçant.

Un large manteau plongeant le faciès de l’étranger dans la pénombre ne demandait qu’à se joindre à eux. Une voix juvénile leur parvenait et se faisait insistante et persuasive.

– Mon nom importe peu. Sachez juste que je suis un allié. Je connais le malheur qui vous a frappé à cause de cette répugnante femme qui gouverne actuellement. Vous êtes connus sous le nom des frères Nikito : Shudomaru l’ainé, Ahidoru le second et Keigo le cadet. Mais en fait, votre nom n’est qu’une couverture, vous êtes du clan Yuki, le clan fondateur !

Keigo s’approchait doucement, n’aimant pas le récit du jeune homme. Se faire déballer sa vie par un inconnu, ne lui plaisait pas du tout. Ses cheveux ébène collants et bouclés lui donnaient l’apparence d’une sorcière. Ensei, le surveilla et accéléra le débit de parole.

– Ce qu’Elle a fait est impardonnable, je vous rejoins en ce point. Je ressens la même chose, car Elle a fait supprimer mes parents. Votre douleur et votre haine sont les miennes.

Le repoussant frère Nikito était maintenant à sa portée. Il ouvrit les doigts d’une seule main, et dans un claquement, des lames de gel les recouvrirent et se prolongèrent comme des griffes courbées et édentées. Les cinq poignards gelés piégeaient la tête encapuchonnée. Le bonhomme sans échappatoire ne frémit pas d’un poil.

– Je t’aime bien, toi ! Tu en as dans le pantalon ! Le félicita le fou dangereux. Mais comme je ne fais pas dans le sentimental, explique-moi ce que tu pourrais nous apporter de plus. Selon ta réponse, je verrai si je te laisse la vie ou non.

– Je suis au service de la Yukikage, je pourrai ainsi participer à l’armement et je serai un bon informateur. Surtout j’ai un plan infaillible, ce qui semble cruellement vous manquer.

Keigo fit alors mine de réfléchir :

– Dommage, mauvaise réponse ! Pouffa-t-il, prêt à le lacérer de ses propres mains. On a déjà un espion !

Tout à coup, avant qu’il ne se fasse déchiqueter, le gamin entreprenant eut la vie sauve par un quatrième équipier. Ce traitre dont le Nikito aux doigts impitoyables venait de mentionner. Il se posta au milieu de l’escalier après avoir entendu le vacarme d’en bas.

– Cesse-moi ton délire de vouloir tout découper, Keigo ! Au contraire, deux taupes valent mieux qu’une, s’interposa-t-il.

« Cette carrure, ce visage éreinté.. ! Je n’y crois pas ! C’est Mokuya, le fournisseur ?! »
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Les enfants des neiges [Naruto]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 3 sur 4Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4  Suivant
 Sujets similaires
-
» Les enfants des neiges [Naruto]
» Nouvelles questions sur les enfants de Naruto [Résolu]
» Hikari : Bijuu dès la présentation, Uchiwa, enfants de Naruto [Résolu]
» Nous sommes tous des enfants, il n'y a que le prix des jouets qui change
» [BloodBowl] Mon équipe : Les enfants du Curé...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Manga No Sekai :: Bibliothèque-
Sauter vers: