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 Les enfants des neiges [Naruto]

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MessageSujet: Les enfants des neiges [Naruto]   Jeu 7 Mar - 7:29

Rappel du premier message :

Voici une fiction Naruto qui je l'espère vous plaira...
Je ne vais pas m'éloigner de la trame du manga, mais juste traiter d'un autre village que celui de Konoha, donc de nouveaux personnages etc... Mais je ferai intervenir des personnages déjà existants.
Vous découvrirez que cette fiction va donner un côté plus sordide et mature à ce manga... Alors je commence par le premier chapitre.

Les enfants des neiges


Arc enfants des neiges :

1.0 Le nécro-village

Un village parmi tant d’autres. Un petit village oppressé parmi tant d’autres recueillait en son sein la pauvreté, la famine. Yuki No Kuni… Le village caché des neiges ou des flocons. Comme la plupart de ces villes de même instance, la guerre et ses conséquences se faisaient que plus ressentir chez eux que chez les cinq grands pays. Et cette troisième guerre ninja s’éternisait au grand damne de la population. Heureusement que le dirigeant, un Kage plus craint qu’aimé, avait su montrer les crocs à ses voisins, et faire les bons traités. Il dirigeait Yuki d’une main de fer. Son tempérament guerrier ne le présentait pas pour autant comme un sauveur. Une minorité commençait à s’agacer. Mais ils ne pouvaient rien y faire, ni même demander une audience auprès de leur Eminence. Ce redoutable ninja vivait au cœur de la ville dans une enceinte sécurisée et barricadée par ses hommes. En dehors de ce fort aux nombreux malaxeurs de chakra, la vie des citadins n’était pas rose. Les réquisitions des uns et les attaques des autres en avaient démunis plus d’un. Le pays n’était plus le même. Les gens n’étaient plus les mêmes. Ils étaient plus froids, distants. L’ambiance devenait aussi glaciale que lors des mois d’hiver dans ce pays. Plus on s’écartait du centre de Yuki, plus les quartiers étaient malfamés, insalubres, et respiraient la misère. Un port à l’Est et ses entrepôts étaient un nid de délinquance et de crapules formant des bandes violentes. Les ninjas peinaient à faire régner l’ordre dans toutes les zones sensibles. L’hiver avait commencé et les sans abris et les orphelins dans les rues allait le sentir passer. Qui sait combien de victimes de ce système allaient reposer dans la neige éternellement…

Des gamins s’étaient en effet retrouvés sans famille, sans chez soi. Leurs parents avaient été victimes de la guerre ou alors les avaient abandonnés ne pouvant subvenir aux besoins de tout le monde. Il arrivait qu’à la fin de l’automne, Yuki grouillait de gosses frêles et sales. L’hiver ferait une sélection naturelle et cruelle. Dans le quartier Sud, une petite mamie portant son lot de pain et de riz pour la semaine, s’attristait de dessous son foulard qui couvrait ses cheveux grisonnants. L’œil blafard sur les bordures de ruelle, elle ne pouvait que s’épouvanter du décor. Ne pas pouvoir offrir une miche de pain à ces jeunes mendiants lui arrachait le cœur. Elle les regardait errer ça et là, sans but réel, les bras ballants à cause d’un manque de force évident. Ceux qui se sentaient défaillir, se meurtrissaient la peau juvénile de leurs cuisses sur des morceaux de trottoirs verglacés. Puis, au fond d’un cul-de-sac, elle entraperçut un autre bambin, un garçon de six ans pas plus, prostré contre une barrière de planches pourries. Il était assis, les genoux refermés sur ses bras, et collés à son front. Des mèches bleues grises trempaient ces articulations cagneuses. Il faisait par contre partie des jeunes qui venaient de se jeter dans cette vie de débauche. Sa tenue vestimentaire moins rongée en témoignait. Rares étaient ceux de son âge qui arrivaient à se débrouiller dans pareil merdier. Il était incapable de contrôler ses tremblements. Cette image était plus que ce que la vieille femme pouvait en supporter, voir ce pauvre petit grelotter et mourir à petit feu était une vision atroce. Elle se rebiffa, ses rides s’étant accrues, et claudiqua jusqu’à retrouver sa maisonnette. Tout comme cette dame d’un certain âge, les villageois ne faisaient qu’encaisser sans rien dire. Un jour peut-être, la guerre aura fini de les harceler…

Le petit recroquevillé dans ses membres continuait à trembler. Le fait de se tenir dans l’ombre omniprésente d’une allée avait de quoi intensifier la sensation de froid. Ses lèvres étaient gercées, et ses doigts présentaient des engelures. Les mêmes symptômes le déformaient aux orteils, malgré les sandales dont il était chaussé. Il ne pouvait empêcher sa figure se rougir au sommet de ses pommettes et ce, même s’il tentait de le réchauffer au creux de son corps en position fœtale. Il respirait lentement. Etrangement, le gosse ne tremblait pas vraiment de froid, il ne le ressentait pas, ou du moins il en faisait abstraction. C’était plutôt des gémissements provenant d’une crise nerveuse. Il s’était volontairement isolé dans un coin reculé et assombri, ne voulant pas encore se confronter aux personnes du dehors. Ses troubles et ses peurs le hantaient. Ses larmes ne tarissaient pas. Il ne comprenait pas… Que faisait-il ici, sans parent ni personne le réclamant ? Pourquoi était-il dans un état aussi déplorable, délaissé dans une ville où ses habitants n’étaient que des pierres tombales qui se trainaient ? Une même bande de film défilait à n’en plus finir. Plus rien n’avait de sens. Il était perdu sans aucune attache sûre. Il était prêt à ce qu’une trainée de convulsions le prenne de cours. Mais il trouva une seule pensée dans son for intérieur… en fait c’était plutôt un sentiment, mais il valait mieux qu’il s’en contente si cela pouvait lui valoir de rester conscient. Aussi saugrenu que cela puisse paraitre, ce n’était pas de la tendresse ou une chaleur lointaine. Il se saisit de cette dernière échappatoire, cette corde de survie. Ce qui lui donna un semblant de courage pour envisager l’avenir, était une haine qui le bouffait. Il n’avait que cette solution, nourrir sa haine, même si celle-ci n’avait aucun fondement. Il aurait voulu se rabattre sur autre chose, de plus positif et réconfortant. Mais rien d’autre ne lui venait, alors il prit sur lui-même. « Non, je ne peux pas… pourquoi… pourquoi je les déteste ? Que m’ont-ils fait ? Je n’y comprends rien… Que m’arrive-t-il ? Suis-je un monstre ? Je veux des réponses… Pourquoi ne sont-elles pas dans ma tête ? » Ce néant le détruisait, et il vint à ce qu’il le préoccupait, l’essence de son être. « Qui suis-je ? » Mais il se reprit. A ces moments d’égarements, il ne pouvait que revenir sur sa haine, il s’en sustentait. Il pouvait ainsi se sentir plus fort, plus vivant. Il les détestait… Il détestait les ninjas de Yuki, le Yukikage, et dans une plus large mesure tout ce qui faisait le shinobi. Finalement, un timide rayon solaire qui s’était perdu, imbiba son cou d’une tiédeur. Il sortit de sa torpeur et leva sa caboche amochée. Il avait oublié que des poubelles étaient plaquées contre le mur à sa droite, et que des piles de cartons ouverts tapissaient une parcelle de neige. Ce devait être sa couche provisoire… si seulement elle pouvait l’être ! Ce qu’il vivait était un cauchemar à durée illimitée. Il était temps d’arrêter de pleurnicher, sa vie pouvait avoir un sens grâce à cette prise floutée de son esprit tâtonnant. Il ne devait plus sombrer, mais survivre, faire front à une réalité, une horrible réalité qu’il n’aura de cesse que de chercher à la braver. La neige avait retenu ses flocons, le temps de son introspection. Une fois revenu à lui, elle délivra une poignée de ses cristaux d’eau sur cet innocent et les alentours. Une vague de froid se profilait, chacun devra s’y préparer, peut-être même à aller jusqu’à s’entretuer.


Dernière édition par bl00dy le Jeu 7 Mar - 13:23, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Mar 17 Sep - 13:05

4.6 Confession

Ensei s’arrêta net sur l’attitude détachée du métissé à la touffe proéminente. Le jounin qui venait d’apparaitre, dévala les dernières marches qui le menèrent au rez-de-chaussée. Quant à Keigo, le découpeur, il prit en compte le conseil de leur informateur, et se rangea avec ses frangins. Au vu des apparences, Mokuya était bien plus qu’une taupe pour les Nikito, il avait son mot à dire sur les stratégies à adopter. Il était le quatrième cerveau de ce groupe criminel, et sûrement le moins influençable. Pourtant, c’est lui qui était le plus à l’écoute, et incita le gamin des neiges à faire sa proposition :

– Allez, il vaut mieux pour toi que tu délies ta langue avant que mon avis change. Tu avais une idée à nous faire part, alors parle !

– C’est d’accord, reprit-il de l’aplomb. Vous êtes obnubilés par les remparts, mais pourquoi ne pas appâter les ninjas ? Faire sortir la souris de son trou ?

– Hum… ça commence à me plaire. Continue.

– Je suppose que comme vous êtes l’espion, c’est vous qui avez pioché dans l’armurerie une bombe ?

– C’est exact. Je fais en plus partie des responsables de nos entrepôts.

– Si vous pouviez récupérer deux autres de ces matériels explosifs, on pourrait faire une diversion. Avec une bombe dissimulée dans le Quartier Ouest, le commercial, on attirerait toute l’attention dans cette direction, comme ça a si bien marché la première fois, dans le quartier Sud. Ainsi, les hommes que vous aurez rassemblé pourrons défoncer la porte Est, à l’opposé. Il y aura sûrement un peu de résistance, mais il faudra prendre notre chance dès le départ grâce à l’effet de surprise.

– Je trouve que c’est pas mal, c’est mieux que tout ce que l’on aurait pu planifier… Qu’en pensez-vous les gars ? Demanda songeur le shinobi aux senbons.

Les Nikito se concertèrent mollement, et durent approuver par des hochements de tête. Mokuya trouvait que c’était plutôt bien échafaudé. Il n’y eut qu’une chose qui le chiffonna :

– Et pour la seconde bombe ? Je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’en faire péter deux au même endroit. Une suffirait largement, ne perdit-il pas le fil.

– C’est exactement ce que j’avais en tête…

– Attend… vous voulez provoquer deux diversions successives ?!

– C’est à peu près ça… Il faut les plonger dans la confusion la plus totale. D’ailleurs à propos de l’emplacement des explosifs, il faudrait procéder différemment. Pour la première, ce sera dans un lieu fréquenté. Vous avez déjà instauré la peur, maintenant il faut montrer que l’on est prêt à tout, même à sacrifier des vies.

– C’est quand même dur, on s’en prendrait à des innocents, hésita Ahidoru Nikito, un gaillard petit et trapu, les cheveux châtains décrépis.

– C’est à vous de voir… il faut en payer le prix, si vous voulez que l’on vous prenne au sérieux, surtout vis-à-vis de la Yukikage. Par contre, la seconde que l’on posera au Sud n’aura pas à être aussi meurtrière.

– Pourquoi ça ?! Tu viens juste de nous prouver le contraire, le critiqua Keigo.

– Oui, mais comme ils auront vu les dégâts du premier assaut, ils craindront tout autant le second. Pas la peine de rajouter des morts pour rien.

– Bon on fera comme ça, s’imposa Mokuya en s’étirant les muscles. J’ai déjà ma petite idée sur la position de la première bombe, ce ne sera pas loin du marché.

– J’aimerai vous conseiller le lieu dans l’attentat suivant.

– C’est d’accord. Je ne vois pas d’objection. Notre stratégie aura besoin d’un certain temps pour qu’elle soit opérationnelle. Faire sortir deux bombes ne sera pas un problème, mais il faut réunir le plus de combattants pour cette bataille de grande envergure…

– Cinq jours ! Lancer l’assaut dans cinq jours serait l’idéal, trancha Ensei.

– J’adore ce mec ! Je suis tout à fait d’accord avec lui. Ça ne sert à rien d’attendre trop longtemps, haussa le ton le plus indiscipliné des frères.

Les autres avaient leurs avis plus réservés. L’ainé aux cheveux particulièrement soignés, demanda des chiffres au plus potelet.

– Ahidoru, si on se cantonne à cette courte période, combien de personnes pourraient grossir nos rangs ?

– Ecoute, si on s’y met sans plus tarder, on atteindrait notre objectif de 400 criminels.

– Je vois que nous sommes tous d’accord, se relâcha l’indiscernable ninja. Je retourne immédiatement à mon poste. Je ne veux pas que mon absence se remarque, fit-il dans un mouvement de cap.

– Attend ! Pourquoi tu ne nous montrerais pas ton visage ? Je serai curieux de connaitre qui a le courage de se dresser contre la Kage, sourit Mokuya guilleret. En plus, ta voix me dit quelque chose.

– Mon anonymat me sert de couverture. On ne sait jamais. Je préfère être franc avec vous, peut-être que notre plan échouera. Vous ne m’en voudriez pas si je garde ce moyen de repli ? D’ailleurs, vous auriez dû faire de même.

Mokuya avait de quoi se sentir blessé, mais ce n’était pas du tout ce qu’il démontrait. Un long échange de regards invisible se maintint jusqu’à ce que le baraqué lui permette de partir. « Qui sait, cette personne qui s’invite à la fête, pourrait très bien tout mettre en désordre à Yuki. Je demande à voir. » S’amusa le jounin.

La veille du cinquième jour, cette alliance nouvellement créée avait mis les bouchées doubles. Les Nikitos rassemblaient le plus possible d’hommes belliqueux et prêts à prendre les armes. Mokuya parfaitement détendu, disposa le matos sur les deux sites préalablement déterminés. Il le fit en toute discrétion. Ensei sentait venir le moment fatidique. Lors du coucher de soleil rouge vif, il s’était permis une pause sur un balcon sécurisé de balustrades. Dire que ce pour quoi il avait œuvré, allait se concrétiser demain. Il avait encore du mal à y croire lui-même. Ne manquait plus qu’une dernière disposition à prendre. Il faisait encore doux, au moment où un autre individu vint prendre un bain de soleil. Il s’accouda au rebord, tenant Ensei à une distance respectueuse. Le fond de sa gorge sans vie fut traversé par son souffle et le son de ses cordes vocales :

– Cela faisait un bail que l’on n’avait pas discuté tranquillement, glissa-t-il en fixant les volutes et les draps brumeux qui ressortaient des couleurs rougeoyantes.

– Ce n’est pas faux, sensei, opina Ensei.

– Comment te sens-tu ces derniers temps ? Je te trouve préoccupé.

– Vous n’avez pas de souci à vous faire, se rasséréna le plus jeune. J’ai mon lot de corvées quotidien, et ce n’est pas toujours évident.

– Je comprends que tu ne te sentes pas à ta place. Je suis en train de négocier pour qu’on te reconduise à un poste qui t’ira mieux. La clinique, par exemple.

– C’est sûr que les blocs opératoires me manquent parfois.

– Je ferai entendre ma voix, et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour faire raisonner notre Kage. En espérant qu’il soit encore temps…, dit-il en mangeant sa dernière phrase comme pour la faire taire.

Après une pause nécessaire pour se remettre les idées au clair, Denonai ne se sentait pas en forme, ou du moins coupable. Il devait lâcher du leste et confiait ce qu’il avait sur le cœur.

– Tu sais Ensei, je m’en veux de ne pas t’avoir tout dit…

– Que voulez-vous dire ? S’étonna Ensei.

– A propos de ta famille, j’ai bel et bien connu ta mère.

– Pourquoi ne pas me l’avoir dit plus tôt ?!

– Ici, les murs ont des oreilles et leur perception va au-delà de l’entendement. Nous sommes surveillés en permanence.

– Alors pourquoi tout me déballer maintenant ?

– Tout ceci n’a plus d’importance à présent. Ecoute, n’oublie jamais ce qu’a ressenti ta mère envers toi, inconsciemment tu dois encore en ressentir les effets.

– Aidez-moi à me souvenir…, se troubla l’enfant soldat en fermant les yeux.

– Elle avait des cheveux mi-longs qui ondulaient comme des vagues à la couleur du ciel. Ses yeux perçaient les nuages tels deux faucons. Elle avait le teint clair et rigide mais en même temps il avait la délicatesse de la neige. Son parfum n’était pas le même selon la saison, entre la menthe et la cerise.

– Oui, ça me revient, merci… Vous aimiez ma mère ? En déduisit-il.

– Nous étions amis, rien de plus. Ton père m’a devancé, plaisanta-t-il sans tabou. Tout cela est de l’histoire ancienne. Ce que je veux pour toi, c’est que tu saches t’entourer des bonnes personnes, Ensei. Que tu nourrisses des amitiés fortes et incassables. Ce n’est que comme ça que tu seras capable de sortir la tête de l’eau, le conseilla-t-il comme si lui-même l’avait vécu.

– J’en ai au moins un, Ryusuke. C’est un début, pas vrai ? Illumina-t-il son visage d’un faux sourire radieux.

– Bien sûr, mais c’est par le nombre de compagnons que tu sauras faire face, et aller de l’avant.

–… Maintenant que vous m’y faites penser, je prépare une surprise pour Ryusuke, de quoi raffermir notre amitié ! C’est pour fêter notre camaraderie, cela fait six ans que l’on se connait ! Par contre, j’ai besoin de matériel pour que ce soit mémorable. Rassurez-vous, rien de bien compliqué, le strict minimum.

– Il n’y a aucun problème. J’ai accès à tous les locaux. De quoi as-tu besoin ?

– Pour ce soir, de quatre, cinq micros, d’un casque avec micro, et d’un haut parleur.

– Bah dis-moi, tu ne fais pas les choses à moitié ! Tu ne voudrais pas un bouquin sur la sonorisation et l’électricité par hasard ? L’embêta-t-il.

– Non ça ira, prit-il un air ronchon.

– Très bien, je t’amène tout ça, à ta chambre. A toute à l’heure ! S’en alla le maitre plus enjoué que d’habitude.

Ensei l’observa en train de se perdre dans les méandres du dojo géant. Sa jovialité s’était estompée. Tous traits sympathiques s’étaient effacés. Il n’était plus qu’un enfant sans cœur. Un cœur qu’on lui avait volé.

La nuit avait été difficile pour le shunin. Sa coupe qui bonifiait sa tête se suintait de sueur. Avait-il tout pris en compte ? Cette question revenait sans cesse, fondement de son insomnie. Il dormit d’un sommeil léger pour ensuite se lever aux aurores. Il avait de quoi se retrousser les manches ! Il fit son rituel du matin, tout à fait banal, répondit au bon vouloir de sa Supérieure en effectuant pour elle, des emplettes. Il était sur le pas de course quand 11h sonna le gong. Aussitôt, un boom tonitruant suivi d’une secousse, se déclencha, serrant les esprits d’effroi. C’était la panique à bord ! Cette cohue de ninjas gesticulait dans tous les sens. Un appel se fit écho dans tous les étages pour mobiliser le plus de monde.

– Que tous ceux qui peuvent attendre dans leurs obligations, se libèrent tout de suite ! Une nouvelle attaque a ravagé un ensemble de maisons à étage, quartier Ouest ! Nous montons des équipes pour se charger des sinistrés. Dépêchez-vous !

Dans la précipitation qui se répandait chez tous les partisans de la Dame, un seul personnage lugubre allait à contre-courant. Il devait se préparer lui aussi, c’est vrai… mais ce n’était pas pour sauver des vies. C’était le départ d’une journée mouvementée et sous haute tension.
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MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Mer 18 Sep - 21:02

4.7 Force de la nature

La catastrophe avait fait migrer un bon nombre de sauveteurs. Débris de briques et de ciment s’envolèrent pour se répandre dans le secteur. Des maisonnées entières avaient été amputées. Touchés par l’ignominie de cette violence gratuite, le plus de survivants furent pris en charge. Une équipe médicale sur le terrain, avait la plus grande peine à satisfaire la totalité des blessés, surtout que leur nombre allait croissant. Le bilan des morts était aussi lourd, ce qui affligeait les uns et les autres. Par contre, seuls les chargés à la protection du manoir, et ceux postés autour de la muraille restèrent soumis à la première exigence de Yokona Raikoku. Leur poste était primordial pour la sécurité de la Kage. Heureusement pour eux qu’ils veillaient au grain, car c’est l’un d’eux qui cria un avertissement. Ce ninja avait mis sa main en visière afin d’améliorer sa vue. Se trouvant en hauteur de plusieurs mètres, il guetta en contrebas de l’agitation. Il aurait pu croire à une bagarre de rue ou une émeute conflictuelle entre gangs, après tout, c’était courant dans le quartier Est. Mais c’était bien plus grave.

– Mon dieu !... Sonnez l’alerte ! Tout un régiment armé vient nous rendre visite ! C’est du sérieux ! Gueula-t-il.

Ses collègues ne le crurent pas immédiatement, par contre dès qu’ils le virent de leurs propres yeux, une nouvelle effervescence battait son plein. Quelques jounins d’expérience réorganisèrent ces hommes et femmes avec un temps de retard. Le bataillon adverse s’était rué à la porte Est pour l’enfoncer par la force. Les victimes de ce système s’étaient unies. Il ne fallait pas les sous-estimer, car leur savoir faire accumulé, pouvait faire des miracles. Pour preuve, ces centaines d’individus colériques se relayaient pour soulever un mât de galion rafistolé. Ils l’avaient modifié pour en faire un bélier de siège. Les lourds battants de l’entrée résistaient, mais à chaque choc assourdissant, le bois et la ferraille s’affaissaient. Sachant quoi faire en pareil cas, les militaires perchés tout là-haut les criblèrent d’étoiles ninja afin de les faire lâcher prise. Ils actionnèrent même des canons à shurikens géants pour les dissuader. Rien n’y changeait, tant qu’il y aurait des bras, ils étaient décidés à dégommer le rempart. C’était une vague de folie destructrice. Néanmoins, les pertes du dehors devenaient trop importantes, s’ils voulaient conquérir le territoire de la Dame Blanche.
C’est alors que deux rebelles se lancèrent dans l’ascension du mur vertigineux. Contrairement à des escaladeurs normaux, ils couraient littéralement sur la paroi ! Les shinobis de garde ne s’étaient pas attendus à ce que des ninjas se soient mélangés aux rustres du port. Le duo arriva subitement à leur rencontre pour en découdre. Les shurikens qui leur étaient destinés ayant été déviés par une force invisible, ils firent face à la défense sans une égratignure. Les deux acolytes côte à côte furent des proies faciles pour une autre salve. Les étoiles en métal tournoyèrent dans un concert de sifflements aigus. Elles n’étaient plus qu’à un mètre des intrus, quand tout à coup, ces armes de jet se figèrent dans l’espace. Elles s’étaient mises à geler comme si torrent frigorifique les avait emprisonnées dans la glace.

– La rumeur était donc vraie ! S’alarma un shunin de bas étage. Les frères Nikito sont vivants ! Qu’est-ce que l’on va bien pouvoir faire, notre arsenal est inefficace.

– Bien joué frérot, félicita Ahidoru, celui au bel embonpoint.

– A ton tour maintenant, le sollicita le grand frère.

Ahidoru chargea férocement, à la ressemblance d’un rhinocéros imperturbable. Le soldat d’une vingtaine d’année qui les avait reconnus était sur sa course. S’il se tenait à leur réputation, les offensives classiques ne leur feraient aucun effet. « Putain, je suis à sa merci… » Il était sur le point d’abandonner qu’un bras secourable fit une irruption fracassante ! Un personnage à la stature de lutteur avait intercepté la ruée du Yuki le faisant ainsi basculer à l’extérieur du domaine avec une charge de l’épaule renforcée au doton. Black venait de répondre à l’assaut promptement, et c’est avec ce même élan de meneur qu’il rejoignit son souffre-douleur. En descendant d’une traite, il donna son mot d’ordre.

– Résistez-leur, à tout prix !

Puis, il disparut dans sa chute, et s’amortit dans la poudreuse. L’ainé des Nikito était resté de marbre, voyant clairement que Black le laissait agir à sa guise. Il n’allait pas s’en plaindre, et se tourna vers les ninjas qui canardaient les membres de son escorte. Toutefois il fut vite rappelé à l’ordre. Il vit dépasser de son angle mort, la pointe d’une lame affûtée. Il dût se décaler vivement et se laisser choir à l’intérieur de l’enceinte. Il avait bougé avec instinct et précipitation, au moins il ne fut même pas touché. Toute une brigade le cerna de toutes parts dans le but de le neutraliser. Il n’avait pas le droit à une pause. Cependant avant qu’on ne l’assaille, le membre de Yuki qui avait tenté de le trancher sauta pour les rejoindre, et même repoussa ses compagnons du revers de la main. Sa silhouette appartenait à une femme, même si le doute pouvait subsister à cause d’un masque de l’ANBU, l’ANBU de la cinquième branche.

– Dégagez tous de là ! Je m’occupe de lui personnellement. Il est bien trop fort pour vous autres. C’est Shudomaru Yuki du Vent du Nord !

L’homme solitaire recoiffa habilement ses mèches décolorées. Cette femme savait à quoi s’attendre avec lui, les forces spéciales étaient très bien renseignées à son sujet. Dans un sourire en coin, il montra qu’il en était satisfait. Il ne voulait qu’une seule chose, qu’il fasse encore plus froid !

De l’autre côté, les envahisseurs persévéraient à démolir la passe verrouillée. Black se trouvait au milieu de ce camp, et fut vite attaqué par du menu fretin. Ses poings durcis au doton écrasaient ou fêlaient les côtes selon son humeur. Le reste de son corps se recouvrait de roche dure, ce qui l’empêchait de ressentir coups de poing et coups de couteaux.
Rapidement, les moins doués se mirent en retrait, ouvrant la voie à l’un de leur pivot, Ahidoru. L’enveloppé n’avait, semble-t-il, pas encaissé le plaquage de l’homme de couleur.

– Tu aurais dû avoir l’épaule de démise après que je te sois rentré dedans, lui signala-t-il.

– Ne me considère pas comme l’un de tes larbins. J’ai bien plus de ressources.

Il le confirma en prenant le combat en main. Au lieu d’en venir au corps à corps, comme son physique le laissait présager, il prit ses distances, et fabriqua en un éclair, des shurikens de glace en forme de flocons, entre ses doigts. Autant il pouvait être dangereux au taijutsu, il l’était tout autant avec ses projectiles personnalisés. Black se mit à l’abri dans sa carapace de roche. Elle était difficile à briser, et même des shurikens de glace ricochaient dessus. « Il est avisé, il a tout de suite compris qu’il n’avait pas une chance face à moi au corps à corps, et ça juste en se prenant un coup… qui ne lui a rien fait d’ailleurs. » Evalua-t-il son opposant. Il continuait d’encaisser les étoiles coupantes qui se succédaient sans interruption. Ahidoru se rechargeait en continu sans faiblir, mettant à mal l’armure de terre. Si les armes du Yuki étaient peu gourmandes en chakra, ce n’était pas le cas de la défense ultime du jounin confirmé. C’était à lui de débloquer la situation. Une faiblesse au niveau de l’aisselle avait failli l’handicaper. Un shuriken fila juste sous son bras. C’était l’assaut de trop ! Il n’était pas du genre à se laisser dominer !

Doton – Butte de Terre !

Une colonne rectangulaire monta de la neige aplatie, cette roche agglomérée avait pour but d’asséner un coup ascendant dans le menton du terroriste. Ce dernier fit le mouvement de recul nécessaire. En même temps il avait stoppé son harcèlement. Sa déconcentration n’était que succincte. Il avait la ferme intention de reprendre le dessus. C’était sans compter la témérité de Black ! Le colosse en avait profité pour facilement réduire la distance qui les séparait. Pour se déplacer avec plus de célérité, il avait délaissé les parties de son armure qui craignaient le moins. La surprise fut de taille, tout comme l’impact qui fut bruyant. La torgnole avait été décochée, cependant elle ne trouva pas la joue d’Ahidoru. « Hyoton – Bouclier flocon ! » A l’image de ses outils de mort précédents, Un magnifique et gros flocon de taille humaine se cristallisa entre les deux protagonistes. La frappe se heurta à l’objet flottant, et fut arrêtée. Black n’en revenait pas. Son doton renforcé avait à peine esquinté la surface de cet amas de verglas. « C’est comme ça qu’il a réduit les dégâts de ma première attaque ! » Tout de suite après, Ahidoru ne se reposa pas sur cet acquis. Sans même s’en saisir, il fit tourner son bouclier sur lui-même à grande vitesse, telle une scie circulaire électrique. Le noir de peau ne donnait pas cher de sa peau et de son enveloppe s’il se prenait ce méga flocon. Ça promettait de faire des étincelles ! Il remit de la distance entre eux, et se baissa au passage de l’ovni glacé. Le flocon exécuta un virage, pour ensuite revenir à son envoyeur, à la manière d’un boomerang.
Entre temps, les minis shurikens d’Ahidoru furent à nouveau projetés pour le meurtrir sèchement à la cuisse et sur le flanc. Le coût de sa retraite était lourd et douloureux. Il avait un peu plié son genou, on aurait dit qu’il était à la limite de la rupture. « Regarde-toi, bon sang ! Tu fais pitié à voir ! Comment pourrai-je croiser le regard d’Esméralda après une démonstration aussi pitoyable ! » Il respirait fortement, une brume éphémère s’échappait de sa bouche. La tension dans ses muscles le dynamisa. Soudainement, il reprit ses appuis et démarra une course, celle du dernier espoir, celle du coup fatal. Le Nikito n’était pas le moins du monde impressionné, dans un premier temps son flocon géant du début traça son vol pour découper en deux le shinobi des neiges. Manqué ! Il fut assez souple pour se mouvoir à droite du disque découpeur. Il le négocia même avec un timing parfait ! « Doton – Marteau de Vulcain ! » Il transforma son bras en un marteau de terre de forte densité, et l’abattit sans hésitation sur le shuriken furtif. Il explosa en plusieurs morceaux. Les ennuis se profilaient pour Ahidoru. Il se faisait de plus en plus rabougri, à force que son assaillant s’approchait de lui. Il se fabriqua un nouveau bouclier sentant qu’il allait passer un mauvais quart d’heure. Il ne réussit pas à le durcir complètement quand Black fut sur lui. Au lieu de frapper d’une seule main, il arma son marteau en y ajoutant tout l’appui de sa seconde main. Une telle puissance exercée en un point, démolit le flocon. Il venait de taper horizontalement, et sans même ralentir, encastra son membre dans le torse du renégat. Une fois le coup subi, l’ennemi du pays enchaina les roulés boulets sur des dizaines de mètres, et ne put plus jamais se relever.

De retour au quartier ninja de Yuki, l’accès de la porte Est avait été désertée grâce au bon sens d’une blonde masquée, qui nous le savons ne pouvait être que la future compagne de Black, Esméralda. Selon elle, ce membre de la famille Nikito aurait été une plaie s’ils avaient été toute une équipe à l’affronter. Elle était au courant de sa renommée. Il était de nature calme, posé et filou. Elle savait à quoi s’attendre avec lui, et c’est ce pour quoi elle avait une infime chance de sortir victorieuse. Rien qu’en y songeant, une gouttelette de sueur froide perlait le long de son faciès féminin voilé. Elle avait à engager l’un de ses combats les plus difficiles. Elle était aux aguets, sabre au clair, celui qu’elle avait utilisé pour taillader ce gus très attentif. Pourtant, rares étaient ceux pouvant anticiper une estocade en traitre. Comme métronome, les tambourinements du bélier dehors rappelaient que le temps pressait.

– Mes gars tendent à entrer sans invitation. Désolé pour le grabuge occasionné, mais quand on est le chien d’un tyran aussi négligeant, je dirai que c’est un moindre mal, conversa-t-il de manière sophistiquée.

– Vous croyez que vous serez de meilleurs dirigeants, peut-être ? Laissez-moi rire !

– Après tout, c’est notre droit, non ?

Esméralda détestait avoir tort, et les longs discours n’étaient pas faits pour elle. Ce qu’avançait Shudomaru avait du sens, et ça la mettait en rogne. « Il faut que j’arrête de m’énerver pour un rien. C’est un adversaire coriace. Je ne dois pas lui donner d’opportunité. Il n’a pas l’air de vouloir commencer. Il veut sûrement gagner du temps pour que la porte tombe. »
Contre son gré, elle était obligée de faire le premier pas au risque d’être submergée par une nuée de rebelles. Elle fonça en avant. Elle opéra quelques zigzags pour feinter le Nikito. Aucun signe de son envie de castagne. Puisqu’il demeurait immobile, elle fit semblant de vouloir le planter au niveau de l’abdomen, alors qu’elle se trouvait déjà au dessus de lui, épée prête à fendre l’air. Elle lui suffisait pas d’une seconde pour l’achever. Toutefois elle fut rapidement rappelée à la réalité. Subitement, sa lame se pétrifia, une couche de gel se répandit le long du tranchant, et contamina aussi le bras de la pro en kenjutsu. Son masque prit malheureusement le même chemin, il se glaçait. Aussitôt, elle annula son premier essai. Elle s’y était attendue, mais voulait le tester. Ce jutsu, elle l’avait étudié comme faisant parti des plus meurtrier du clan Yuki.

– C’est donc bien vrai… Shudomaru, tu es capable de faire chuter la température de manière exponentielle dans un certain périmètre, pouvant ainsi geler ce qui est à ta portée, révéla-t-elle en quittant son masque des forces spéciales.

– Bien vu, tu aurais dû t’en tenir à tes connaissances au lieu de me pousser à me servir de ma technique.

Afin de lui répondre avec une provocation, elle tira son deuxième long katana pour casser la glace qui tétanisait son membre gauche à l’aide du pommeau. Elle avait du mal à retrouver des sensations dans cette partie du corps. « Venir à lui avec du kenjutsu simple relève de l’impossible, je mourrai de froid sur le coup. Je n’ai pas le choix, je dois le surprendre avec mes jutsus de vent. » Le temps de sa réflexion, la porte Est s’écroula.
Des combattants profanaient le sanctuaire de la Raikoku. Ils pénétrèrent dans les lieux, mais bizarrement ne se mêlèrent pas au combat en cours. Le chakra givrant de Shudomaru faisait que personne ne pouvait vivre autour de lui. Si elle était restée près de lui plus d’une seconde, tout à l’heure… Non, il ne fallait plus y penser. Les salauds du district Est étaient en train de mener la vie dure à la poignée de shinobis présente. Il lui fallait régler le problème ici et maintenant ! Mais Shudomaru la mit au pied du mur en réalisant un jutsu innovant :

Futon – Souffle Nordique !

Il cracha une bouffée d’air pressurisée qui prit beaucoup d’espace. Sur ses gardes, Esméralda esquiva les rafales les plus mortelles. Dans son déplacement, ses jambes reçurent des ecchymoses, mais le plus terrible était l’autre effet de ce jutsu. Le vent était si froid que sa motricité fut entravée dans un bloc de glace. Ce que faisait Yune avec deux éléments, lui, le faisait avec un seul. Pour une adepte du combat au sabre, elle était prise au piège, étant clouée sur place. Le Yuki ne souhaitait plus perdre de temps et refit la même technique. Elle était impossible à éviter. A peine tenait-elle sur ses pattes, que notre kunoichi envisagea une solution. Si cela échouait ce serait la fin. Elle saisit ferment son dernier katana fonctionnel à deux mains, et fit une série de moulinets, tournant et retournant l’arme blanche. Cette gestuelle fit apparaitre comme un cercle irréel. Puis, dans un dernier coup de sabre plus appuyé, elle envoya son dernier recours se confronter au souffle nordique.

Futon – Tornade Glaciale du Sabreur !

Elle avait puisé dans ses forces pour expédier un cyclone aussi violent. Les jutsus se rencontrèrent brutalement, et le mouvement rotatoire du vent fut bien plus pénétrant. La tornade passa au travers et assimila même les attributs de la bourrasque ennemie. L’œil de la tornade grossit tout d’un coup, et avala l’un de ses créateurs. Shudomaru n’avait pas cherché à fuir dans l’instant. Ce fut sa plus grande erreur. Alors qu’il se retrouvait balloté dans les quatre vents, il devint une statue de glace où juste le bleu fabuleux de ses yeux transparaissait. Ce fut toute essoufflée que la belle ne lâcha pas du regard le Yuki, c’était tout une dynastie qui s’éteignait. Elle le vit atterrir lourdement sur une toiture, fragmenté et éparpillé dans la rue.
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MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Mer 25 Sep - 11:38

4.8 Glace Pourpre

Les Nikitos venaient de se prendre une double défaite cuisante. Cependant, l’invasion n’en était pas troublée. Il fallait à tout prix poursuivre ce déversement de sang, mettre la pagaille dans le camp ennemi. Même avec la perte de deux guides, ils étaient toujours convaincus que le plan pouvait avoir du succès. Déjà, ils avaient galéré à ouvrir la grande porte de la muraille, la porte de leur libération. Par conséquent, ce n’était pas maintenant qu’ils baisseraient les bras. Ils se dispersèrent sur une multitude de fronts, envahirent des habitations et saccagèrent les installations militaires. Une guérilla s’installa puisque chacun des partis finirent par tenir leurs positions.
Même pour les shinobis, la situation était intenable. Après que leur fort ait cédé, ils s’étaient tous mobilisés pour mettre un terme à la rébellion, du moins ceux qui n’avaient pas osé sortir. Ryusuke était parmi eux, jouant des poings. Il frappait à tout va. En plus, sa taille d’enfant faisait qu’il n’était pas évident de lui porter un coup, lui qui sautillait partout en les désarçonnant d’une jambe tendue. Son taijutsu s’était perfectionné et était devenu exemplaire. Pour les rebus de la société qui s’étaient mis à l’écart des autres, Ryusuke se contentait de les faire plonger dans une illusion paralysante. Il en assomma un quinzième quand une inquiétude le gagna : « Où sont passés le sensei et Kamuhita ? J’espère qu’il ne leur ait rien arrivé… »
Le Harem avait apparemment reçu l’ordre de soutenir le front. Kagu Ito fendait l’air à l’aide de courtes lames. Non seulement l’air sifflait, mais les hordes d’assaillants perdaient pied face à elle. Le Lynx griffait, mordait et déchirait ses proies avec panache et confiance totale. Yune était dans le même esprit repoussant la vermine par la puissance du vent, et l’eau gelée. Elles faisaient des dégâts considérables, mais tout ceci prenait beaucoup de temps. Il fallait bien plus d’hommes pour assainir le sanctuaire sacré de la Yukikage. Black et Esméralda se relanceraient dans les escarmouches une fois qu’ils se soient requinqués. Au final, et à long terme, les rebelles ne pouvaient sortir victorieux. Alors pourquoi s’acharnaient-ils dans leur entreprise ?

Prenons un peu plus de distance avec le centre du village. Eloignons-nous même du drame qui a touché le quartier commercial là où les ninjas ignoraient encore tous les enjeux de cette triste journée. Partons plutôt plus au nord-ouest, dans un lieu insolite. A moins d’un kilomètre de Yuki no kuni, une tour cylindrique contrastait avec la neige amoncelée sur le sol. Elle était lugubre et hantée par une spirale de tourments sans fin. Nous avons eu par le passé un large aperçu de ce gratte-ciel. Ses étages retenaient prisonniers des personnes qui s’opposaient au règne de Yokona Raikoku, ou qui avaient nui au fonctionnement du village qui était suffisamment chaotique pour en rajouter une couche. Rien de bon ne pouvait en sortir, des ondes sordides en émanaient. Pourtant, malgré la très mauvaise réputation de la prison, un homme s’en approcha dans une démarche chancelante. La large porte en ferraille agissait comme un répulsif chez tout homme sensé. Néanmoins, l’être avançait sans crainte. Ses cheveux noirs étaient humides de crasse. Ils étaient si sales que des touffes s’entortillaient et se collaient sur son crâne. Il était maigre et avoisinait les deux mètres. A plus que quelques pas, il fit frémir les doigts de sa main droite. Le gel s’y condensa dans un soupir, l’atmosphère avait eu comme la chair de poule, l’espace d’une seconde. Le dernier Nikito encore debout fit épouser une pellicule de glace sur sa peau, confondant sa main à de grands ciseaux verglacés. Keigo avait manifestement des intentions peu louables, vu le sourire dément qu’il affichait. Toutefois, son expression de cinglé vira à la surprise quand il fut brusquement prit à parti par une volée de shurikens. Il les para en ayant adopté une pose défensive. Ses doigts aiguisés avaient renvoyé les armes virevoltantes comme de vulgaires coupe-papiers.
Une forme humaine se détacha du décor, de l’ouverture imperceptible de cet antre. Elle était revêtue d’un manteau noir impeccable. Son look accentuait sa prestance, raidissait ses traits parfois amicaux. Pour le coup, ce qui en transparaissait, était ni plus ni moins que de la sévérité, une dureté intimidante. Denonai endossait plus le rôle du tueur sanguinaire que du professeur compatissant. Le geôlier était résolu à barrer la route à cet énergumène. L’effrayant déserteur n’était pas plus dérouté que ça, au contraire il jubilait. C’était pour lui une occasion rêvée de frapper fort et là où ça fait mal. Il l’observa avec envie tel un prédateur affamé. Denonai n’en perdit pas son sang froid et entreprit de faire un brin de causette tant qu’il en n’était encore temps.

– Keigo Nikito, ou plutôt Keigo Yuki… Je m’attendais à ce que tu viennes visiter la prison tôt ou tard, depuis que vous vous faisiez de plus en plus remarquer.

– Ah ? Je suis vraiment impardonnable, moi qui croyez que les Raikoku étaient dénués d’intelligence, le provoqua-t-il.

– Oh, il ne faut pas être une lumière quand on est au courant de tes assignations. Tu étais le responsable des cachots avant moi, à l’époque du Nidaime, en plus d’être son assassin attitré. On te surnommé Glace Pourpre, tant tu étais reconnu dans le domaine. Ce dont je peux t’assurer depuis ton départ, c’est que ces murs derrière moi, sont toujours imprégnés par ta présence.

– Comme ça, tu te doutais que je me serai pointé ici juste en te basant sur ma réputation ?

– C’est à peu près ça. J’ai vu clair dans votre jeu. Vous vouliez diviser nos forces en deux, l’une dans notre périmètre de sécurité et l’autre dans le quartier Ouest pour faire une pierre deux coups. Pendant que tes frères et leurs hommes se seraient chargés du quartier général, tu aurais libéré les hors la loi incarcérés ici-même pour conduire une seconde armée bien plus dangereuse sur les lieux de l’explosion. Cela aurait été un massacre.

– Ce sera massacre ! Clama-t-il en faisant cliqueter ses doigts.

– Tu es complètement fou ! Autant de morts pour un si piètre résultat ! Pour quoi en fin de compte ? Gouverner ?

– Rétablir l’honneur de ma famille. Oh ? On dirait que tu ne t’y attendais pas. C’est pourtant l’évidence même. Nous sommes la famille qui a donné naissance à ce village. La Shodaime était une Yuki. C’est à nous d’offrir un nouveau départ qu’importe le nombre de morts. Pour avancer, les sacrifices sont nécessaires.

– J’ai l’impression d’entendre parler ma sœur… Raison de plus pour t’arrêter. Tu n’as pas du tout l’état d’esprit d’un Kage.

– Parce que toi tu crois le posséder ?! Laisse-moi rire ! C’est bien la meilleure ! Tu as soutenu ta cadette jusqu’à ce qu’elle parvienne à ses fins. Tu as été sali par les mêmes crimes qu’elle. En fait nous sommes de la même trempe, à une différence près. Tu n’es qu’un suiveur, un mouton.

– Tu as raison. Je me suis rendu coupable de bien des horreurs. Le génocide de ton clan fait parti de ces poids lourds à porter.

– Tu peux le regretter, mais jamais je ne te le pardonnerai, fils de chien ! Toi et ta sœur… elle a émis un décret comme quoi nous étions une menace pour le monde shinobi. Elle a diffusé le message partout ! Nous n’étions en sécurité nulle part ! Tu sais ce que ça fait d’être traqué sans temps mort ?! Non, bien sûr que non ! Les autres pays s’y donnèrent à cœur joie pour nous faire disparaitre. Un clan réputé d’une autre nation ninja qui est dénigré par son Kage, est une aubaine pour les autres puissances… Et tu sais pourquoi elle a fait ça, pas vrai ! Tout simplement parce qu’elle est orgueilleuse. Elle ne veut pas que de son vivant, un ninja se lève pour la remplacer à son poste. Mon clan était sur sa liste d’extermination après qu’elle se soit occupée des Tsubaki.

– Je sais tout cela…

– Et tu l’avais cautionné, bâtard ! Il est temps que tu expies tes péchés !

Keigo sortit ses griffes et accourut de manière désordonnée pour laisser libre cours à son déchainement. Denonai se lança à l’assaut pour lui mettre des bâtons dans les roues. Ils se rejoignirent et les frappes fusèrent. Même s’il était rageur, le Nikito ne perdait pas de sa précision. Chacun de ses poignards acérés attentait à la vie du Raikoku. C’était le grand dadais qui attaquait sans laisser d’occasion de répliquer au sensei. Les taillades allaient régulièrement au visage, il tentait en même temps des croche-pattes. Que ce soient les coups de griffes ou les esquives, les mouvements étaient fluides. Quelque part, Keigo faisait bien de le submerger continuellement, un contact avec une main de Denonai le congèlerait. C’était bien ce que lui réservait le jounin fidèle à Yuki. D’une main, il s’arma d’un kunai, lui permettant d’endiguer les agressions. De son autre main, il cherchait à le toucher. Les essais de Denonai étaient infructueux, en tout cas au début de leur échange. Il discerna vite une faille, repoussa cinq lames de ces cisailles, évita les autres. Puis en se faufilant au plus près de son adversaire, il lui tailla le bras droit de son kunai. Aussitôt il lui fit une prise se mettant bien à l’abri de ce piège à couperets. Il le fit basculer sur le côté, el lui infligeant un mauvais coup à la hanche, et l’attrapa aux épaules. Keigo était à terre, et muet comme une carpe. Son ennemi juré se mouvait de telle sorte qu’il pouvait passer au travers de ses dents carnassières. Néanmoins, Denonai n’avait pu échapper à une griffure bénigne à la joue. C’était le seul réconfort que pouvait s’octroyer le Yuki, car il était fermement maintenu par terre, les épaules et bras immobilisés.
En plus, le gardien du centre de détention avait tout de suite insufflé son chakra au travers de ses paumes. D’abord les épaules mais aussi les omoplates pour se répandre dans tout le corps, un froid mortel se transmis jusqu’au bout de ses orteils. La cryogénie de Denonai était capable de maintenir en vie une personne dans la glace comme pour Rumibayu. Mais elle pouvait avoir l’effet contraire, refroidir à l’extrême les organes, endormir le cerveau, glacer le sang. C’était ce qu’il faisait subir à Keigo. L’ex homme de main du Nidaime perdait toute sensation. Il fut parcouru de convulsions en même temps que sa peau palissait et bleuissait. Ces réactions signalaient qu’il était en hypothermie. Du givre se forma en petites particules sur sa peau pétrifiée. Puis, plus aucun signe de vie. Personne ne pouvait survivre à une telle baisse de température corporelle, même Denonai qui avait été entrainé dans des conditions de grand froid ne pouvait le supporter. C’était au-delà des capacités humaines. Il toisa de haut son vis-à-vis désormais couché, pour enfin s’en retourner. Son jutsu ne pouvait être contré. Cela faisait une plaie pansée dans cette guerre inutile.

– AHH !!! AHHH, AHHH, AHH !!!

Cette hilarité le fit sursauter, ce dont il n’avait pas l’habitude. Glace Pourpre se tordait de rire ce qui était absurde vu ce qu’il lui était arrivé. Il se releva sur de bons appuis, les articulations craquant comme une couche de glace. La cryogénie avait échoué ?! Keigo reprit contenance, et ne laissa paraitre que sa dentition afin de retenir ses esclaffements.

– Ah ! Ça fait du bien ! Avala-t-il une bouffée d’air tout en s’étirant.

– Comment peux-tu…

– Je le dois à mon frérot ! Tu te rappelles que Shudomaru peut faire chuter la température. Alors je lui ai demandé de superviser mon entrainement, en faisant passer mon corps en hypothermie régulièrement. Au bout du compte, et de plusieurs réanimations, il m’est possible de vivre dans des températures polaires. Tu comprends maintenant ? Tes techniques sont inefficaces contre moi.

Denonai se jeta sur lui corps et âme. Même si la poudreuse le ralentissait, il arriva sur sa cible avec une vivacité déconcertante. Les poings croulèrent et se déversèrent comme une pluie sur le bonhomme glacé. Denonai en vint même à lui enfoncer un kunai dans les côtes. La seule réaction du Yuki, fut un fou rire momentané tellement les attaques du brun bien coiffé étaient dérisoires. S’acharner ne servait à rien, Denonai profita du calme pour creuser de la distance. Il fut alors stupéfait qu’au lieu de l’avoir blessé, les impacts de son taijutsu avaient causé des creux sur l’épiderme du maigrelet. Il avait frappé dans de la glace molle, et les traces se réparaient en se résorbant. Ce Keigo était bien loin du ninja conventionnel. Il fit d’ailleurs danser ses coutelas qui avaient soif de chair et de sang. Lames pointées vers l’avant, Keigo Yuki se jeta à nouveau dans le duel. Maintenant, Denonai ne voyait pas d’astuce pour le vaincre au corps à corps, il devait sortir de ce schéma tactique. Il ajusta ses doigts :

Ninpo – Rideau Blanc !

A l’instant même, de gros flocons descendirent des cieux, obstruant toute vision. Le frangin était ainsi gêné, cependant la neige qui s’enfonçait sous chaque pas lui indiquait où se trouvait son gibier. L’oreille attentive, il remarqua que Denonai prenait la fuite. Avec toute sa hargne, il le prit en chasse tandis que le jutsu météorologique perdait en intensité. Ce voile n’était qu’une feinte, une ruse pour gagner du temps. Ce fut un succès jusqu’à ce que Keigo comprenne le subterfuge. Cependant la poursuite s’arrêta presque dans l’immédiat. Au bout de vingt mètres, les jambes bougeaient avec moins de facilité à cause de cette couche froide.
Ce ne fut pas exactement, la raison de sa halte. C’était plutôt un drôle de dôme, haut de deux mètres et demi, qui le bloqua. Il était construit tout en blocs d’une glace lourde. On aurait dit un igloo à la seule exception qu’il n’y avait pas d’accès. Denonai avait certainement trouvé refuge sous ce toit qui était de sa fabrication. Ça ne semblait pas poser de problème au Nikito qui en testa la solidité en toquant sur la paroi d’un air amusé. Il la reconsidéra et appliqua donc ses doigts de fée sur la surface. Il voulait par ce biais, découper tout le pourtour à la manière d’une boîte de conserve. Puisque le découpage lui prendrait un certain temps, il patientait en chantant comme une casserole :

– Ô toi le macchabé, ferme tes paupières ! Tu n’auras plus à trembler… une fois que je t’aurai tranché !...

En accompagnement, ses griffes grinçaient sous l’effort. Véritablement, cet individu était dérangé ! S’il se marrait bien avec ses paroles noires, il s’aperçut rapidement que son coup de cutter se refermait derrière lui. Denonai ne manquait pas de ressources. Par conséquent, ce n’était pas ainsi qu’il prendrait le dessus. C’est donc avec d’avantage de détermination, qu’il prit un malin plaisir à faire pousser ses ongles mal coupés, à l’intérieur de ce sorbet géant.
Se protéger de dix épées qui s’allongeaient et se rétractaient n’importe comment était mission impossible, en ne sachant pas ou se tenait le Yuki. Denonai reçut de grosses blessures profondes dans les membres. Le coup fatal qui lui arracha un râle fut une triple griffure dans le dos. Elle fut plus douloureuse qu’un coup de fouet, le dos à nu. Il devait pourtant tenir ; son dôme devait tenir !

Hyoton – Avalanche ! Hurla-t-il.

Là, Keigo fut dans l’incompréhension la plus totale. Comment le grand frère de cette peste de Yukikage pouvait engendrer une telle masse de neige et de chakra ? Ce jutsu était plus efficace avec une bonne quantité de neige sur le terrain. L’endroit correspondait aux attentes du Raikoku. En légère pente douce, un soulèvement de flocons et de débris de glace vinrent les harceler. Ce jutsu était terrifiant par la furie monstrueuse qui en émanait. L’assassin des neiges ne voyait qu’une solution : se manger ce cataclysme. Pendant que le tueur fou faisait la grimace, Denonai rétablit sa carapace pour en faire un bunker inviolable. La tempête passa, et Keigo Yuki trépassa. Le froid qui le lacérait n’avait pas de prise sur lui, en revanche il était chahuté comme une plume dans une tornade ! De nombreuses lésions se multipliaient, et son squelette accueillait fracture sur fracture. Il était mal en point, mais à la fin de l’avalanche, il sut se dépêtrer de ce manteau hivernal. Il était vivant et devait se tenir tranquille pour récupérer, allongé dans la nature.
Il fut alors abordé par une personne qu’il vit comme un soutien dans les moments de détresse. Même étendu sur le ventre, il le reconnut sans difficulté.

– Mokuya… super, tu es là. Aide-moi, s’il te plait. On va se débarrasser une bonne fois pour toute de ce type !

– On se connait ? Feignit-il l’innocent.

– Quoi ? Tu te fous de ma gueule ?! Tu ne peux pas retourner ta veste comme ça !

– Qui te dit que j’ai changé de camp ? J’ai toujours bossé pour la Yukikage, pauvre con !

– Tu… tu nous as roulé… ce n’est pas possible.

– Bah si, vous pensiez que j’étais un agent double, alors qu’en réalité j’étais un agent triple. Depuis le début, la Dame Blanche a un coup d’avance sur vous. Tu ne crois pas qu’elle se serait jointe à cette bataille si elle avait été surprise ? Elle vous manipule depuis le début. Pour ma part, je dois avouer que votre cause était noble, et tout… mais je m’associe toujours avec celui qui paye le mieux.

– Espèce de bâtard…

– Allez, ça suffit ! Je n’en peux plus de tes grossièretés. Bye, bye le guignol.

Brutalement et sans hésiter, le sang gicla. Yokona Raikoku avait prémédité toute cette mascarade qui tournait plus à une pièce de théâtre dramatique. Cette piètre révolution n’était déjà plus qu’un lointain souvenir, enterré dans les annales. Mais il se pourrait bien que quelqu’un s’arrange pour titiller la Dame.

Une boule blanche et pure émergea des draps enneigés. L’igloo de fortune avait tenu le choc, et c’était juste car il se désagrégea une fois que son résident se sentit en sécurité. Il avait mis en œuvre une dépense phénoménale d’énergie pour associer deux jutsus dans un laps de temps aussi court. Reprenant ses esprits, le baroudeur Mokuya vint prendre de ses nouvelles :

– C’est dur la vie, le salua-t-il.

– Ne commence pas, je t’en prie , le supplia Denonai.

– Je viens vers toi pour te confirmer le décès de Keigo. Bravo, tu as géré. Je n’aurai pas pu faire mieux. Les deux autres frères aussi sont morts. Les Yuki ne sont plus qu’une histoire ancienne. Bah quoi ? Tu n’as pas l’air content ?

– Ce n’est rien. Je n’en peux plus de faire couler le sang. Tu peux le comprendre ?

– Vaguement, se caressa-t-il le menton. Je ne sais pas, mais quelque part on est des ninjas, non ? Quoi ? Ne me dis pas que tu ne veux plus en être un ?!

Devant son silence, l’artiste aux senbons ne se démonta pas, et lui fit un topo de la situation :

– Quoiqu’il en soit, je dois t’annoncer que nous arrivons à grappiller du terrain sur les révolutionnaires. Ils commencent à saisir qu’ils ont perdu. Par contre, il y a un détail qui m’embête depuis un bon bout de temps.

– Que veux-tu dire ?

– J’ai reçu comme information, qu’une bombe allait se déclencher dans les minutes qui viennent. Fort heureusement, elle ne fera pas de victimes, elle est dans le quartier sud.

– Dis-moi tout ! Pendant qu’il en est encore temps, je vais aller la désamorcer. Autant limiter la panique.

Mokuya fut si pressé par un Denonai qui reprenait tous ses moyens, malgré les blessures, qu’il obtempéra. Il lui donna le descriptif du lieu, et aussitôt le maitre bienveillant se mit en route, planant au dessus des maisons rapiécées. Il ne lui fallut que deux minutes pour localiser un entrepôt. C’était ici, selon les dires de l’autre désinvolte que ça allait péter. Il pénétra dans un hangar, ou plutôt LE hangar.
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MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Mer 25 Sep - 13:44

Je suis vraiment désolée, je n'ai toujours pas eu le temps de me lancer dans ce long récit. é_è
Je pense m'y mettre durant les vacances prochaines. ><
En tout cas, merci à toi de continuer d'actualiser ta fanfic' ! *^*

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MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Mer 25 Sep - 15:07

Bah il n'y a pas de raison de t'excuser.
Si tu dois tout rattraper, c'est galère. Je comprends que tu ne puisses pas le faire. ^^

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MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Jeu 3 Oct - 17:30

4.9 Regrets

    Le temps était compté. Denonai ne prit pas la peine de faire une visite des lieux. Agir au plus vite était le mieux. Qui sait combien de temps le compte à rebours tiendrait. Contenant son affolement, il jeta son regard un peu partout. Il ne lui fallut qu’une brève seconde pour dénicher la bombe hérissée. Elle était proche du mur à sa droite. Les criminels n’avaient fait aucun effort pour dissimuler l’arme massive. Les fondations étant instables, elle était donc idéalement placée. Le Raikoku la jaugea en se penchant sur elle. Il se devait de la désamorcer. Parmi tous les parchemins explosifs qui la tapissaient, l’un d’entre eux était le détonateur. Il savait le reconnaitre, décidément Denonai avait des connaissances en tout, même en déminage ! Il passa en revue cette sphère menaçante, mais ne vit aucune trace de ce rectangle de papier qui devait se différencier des autres. A force de l’inspecter sans résultat, il en vint à une conclusion des plus déroutantes. « Non… elle ne peut pas exploser par elle-même. Quelqu’un aurait pris le détonateur. Mais qui ? »

– Bienvenue sensei ! Fit cordialement une voix hachée comme si elle avait été enregistrée.

Mais c’était du direct ! Denonai ne perdit pas son calme, et visualisa quatre hauts parleurs accrochés aux quatre coins de l’entrepôt. La salutation avait été diffusée grâce à cette installation. Le ton juvénile de l’individu ne faisait aucun doute, malgré tout Denonai posa une question juste pour poursuivre l’échange.

– Ensei ? C’est bien toi ?

– Arrêtez de vous moquer de moi ! Vous saviez pertinemment que j’étais derrière ce complot ! Mon but était de vous attirer et vous isoler des autres ninjas.

– Désolé, je n’ai pas cru que tu aurais pu lire en moi aussi facilement… Je vois que tu m’as bien roulé dans la farine. Tu as disposé de toute la sonorisation, micros et hauts parleurs, dans ce vieux hangar, commenta-t-il avec lassitude. Où es-tu à présent ?

– Cela ne vous regarde plus ! Si vous êtes ici, c’est que vous n’avez plus d’avenir. Mais avant toute chose, je veux des réponses !

– Je m’en doutais. Tu as retrouvé la mémoire, l’essence même du pouvoir de ta mère est en toi.

– Oui, vous avez compris. Désormais, je sais qui a tué mes parents. L’assassin, c’est vous Denonai ! Dire que j’avais de l’estime envers vous. Comme quoi, on est souvent déçu… j’ai été proche de mon pire ennemi depuis tout ce temps, sans m’en rendre compte. Dès que vous décederez, je serai libéré d’un poids.

– Ainsi tu as été incapable de tourner la page. J’avais nourri l’espoir que tu ne serais pas allé aussi loin. La vengeance appelle la vengeance.

– Vous n’avez plus à vous inquiéter pour moi…

– Si tu veux des excuses, sache que je regrette toutes les horreurs qui ont été réalisées par mon intermédiaire, dont le meurtre de ta famille.

– Je m’en fous ! Le mal a été fait, et plus jamais je ne reverrai mon père et ma mère. C’est en grande partie à cause de vous, mais surtout je voue une haine sans faille à celle qui est derrière tout ça… votre sœur la Yukikage est celle qui a tout orchestré, n’est-ce pas ? Vous n’auriez pas agi de la sorte pour vos propres intérêts. D’après mes recherches, les Makusa avaient un rôle qu’il prenait vraiment à cœur au sein du village. Ils formaient la sécurité d’un bijou inestimable, la fierté de Yuki, la Gemme des Glaces. Le dossier que j’ai feuilleté n’était pas complet, donc je n’ai aucune idée des tenants et aboutissants du massacre dont vous avez été l’outil de mort.

– Très bien. Je vais tout te révéler. Tu as le droit de savoir, se recueillit-il puis il continua dans un soupir. Comme tu l’as découvert, tes parents devaient garder l’œil sur cet objet convoité. Il a été taillé sous le règne de la Shodaime Hatsuri Yuki, et renferme une part de son chakra. Voilà pourquoi, les shinobis des autres nations lorgnaient dessus. Le Nidaime Monza Tsubaki a perpétué cette obligation chez les Makusa pour l’honneur du village. Vint alors l’envie de diriger de ma cadette, la guerre civile a fait rage. Beaucoup trop de monde s’étaient joints à elle, tes parents étaient dans le lot. Nos clans respectifs étaient très proches. La trahison n’en fut que plus fatale. En fait, ce qui est survenu, c’est que Koshi et Taru, ont vu peu à peu les mauvaises intentions et l’aura maléfique de ma sœur. Ils étaient bien plus perspicaces que moi, et aussi plus courageux. Je t’explique… la Dame Blanche avait décidé de bafouer le pacte conclu avec Kumo qu’avait créé le Nidaime Yukikage, en s’alliant avec une nation adverse, Kiri. Tout ceci est une histoire très sombre qui implique le clan Yuki, ça ne doit pas t’intéresser. Pour en revenir à cette alliance, Kiri exigea de Yuki, un présent de valeur, en retour d’un soutien militaire en cas d’invasion.

– La Gemme des Glaces, émit le garçon dans un grésillement.

– Tu as raison, et bien entendu, tes parents s’opposèrent vivement à cette décision jusqu’à ce que la Kage considère qu’ils étaient une épine dans son pied. De ce point de vue, elle devait impérativement se débarrasser d’eux. Tes parents trouvaient que l’union avec Kumo était bien plus fiable. Contestée, ma sœur m’a confié la mission de les réduire au silence, pour avoir ainsi la main mise sur ce saphir magique.

– Je remarque que tu n’as pas su désobéir et venir en aide à tes amis. Tu n’es pas une personne de confiance.

– Tu ne m’apprends rien, Ensei. Ce n’est que peu de temps après, rongé par le remord, que j’ai saisi que les ordres étaient bien peu de choses à côté de la véritable amitié.

– La véritable amitié… Ces mots sonnent creux à mes oreilles.

– Pourtant une personne devrait correspondre à la vision que je me fais d’un vrai ami, et tu le connais tout aussi bien que moi, sourit-il.      

Un silence se fit sous un fond sonore comme si l’homme était sous une ligne de haute tension. Ensei devait être en proie à la réflexion, et devait penser à ce compagnon qui lui avait été cher. Le shunin ne fit pas plaisir à son mentor en prononçant ce prénom, et se concentra sur cette traumatisante nuit.

– J’aimerai comprendre autre chose… Vous deviez éliminer tout le monde cette nuit-là. Pourquoi ne pas être allé jusqu’au bout de la mission que l’on vous avait assigné ? Pourquoi m’avoir laissé la vie sauve ?

– J’étais sur le point de t’empaler sans que tu ne souffres. J’étais cependant hésitant. Tu ne le voyais peut-être pas, mais je tremblais après avoir achevé tes géniteurs. Ta ressemblance troublante avec ta maman… et tout d’un coup, tu te retires instinctivement ta mémoire. Non, je ne pouvais finir mon travail. Ta vie était beaucoup trop précieuse. Alors en souvenir à mes amis d’enfance, j’ai permis à leur fils de poursuivre sa route. Combien de fois j’ai pu pleurer en te retrouvant dans ma prison. La Yukikage n’en avait pas fini d’agresser les Makusa, et cela par ma faute, s’effondra-t-il, les yeux embués.

Il était méconnaissable.

– La moindre des choses, est de vous remercier pour avoir étanché ma soif de réponses. Il ne fait plus de doute que la vermine doit disparaitre, maintenant que je suis convaincu de qui il s’agit. C’est le moment de se dire adieu, lâcha-t-il avec un détachement total. Je vous laisse 45 secondes pour vous préparer, pas une de plus, ne mâcha-t-il pas ces mots.  

    Aussitôt, un projecteur au verre cassé s’alluma dans une détonation de flash et lumière. Ainsi un cône éclatant apparut au centre de ce bâtiment vide. Ce jaune orangé souligna un mobilier simple et glauque. Au milieu de la pièce attendait sagement une chaise en bois si moisie qu’elle avait certainement trainé dans les poubelles du quartier. Au dessus d’elle, pendait une corde au nœud coulant. La poulie rouillée au plafond avait servi à tendre la grosse ficelle. Elle était ensuite serrée à une attache au sol, pour ne pas qu’il y ait de jeu. Ce hangar, il le connaissait… en fait ce n’était que la seconde fois qu’il se dressait entre ces murs, donc il n’avait pas de souvenirs tristes ou joyeux. Mais quelque part, il avait toujours su que ce serait sa tombe. Il s’y sentait étrangement bien. Enfin, il pourrait laisser derrière lui ses angoisses, son mal être. Le détachement que la mort procurait lui tendait les bras. Respectant le délai imposé par son élève, il se leva debout sur la chaise. Puis, il enfila la tresse de cordage autour de son cou. Se donner la mort avait un drôle de goût. Il ne tressaillit pas tout de suite. En vain, il voulait se rassurer :

– Ensei, peux-tu me faire une faveur, en souvenir du bon temps ? Je t’en prie, ne fais rien à ma petite sœur. Elle a toujours été sous mon aile, si tu pouvais partir sans lui faire de mal…

Le shinobi calculateur ne dit rien, il n’était pas là pour faire des promesses qu’il ne pourrait pas tenir.

–… Ta haine te ronge à petit feu, ce n’est pas ta faute. Tout ce que je te souhaite, c’est que tu trouves le bonheur… Pardonne-moi, susurra-t-il en faisant valser son perchoir du bout du pied.

La corde se raidit, tandis que ce ninja intransigeant s’étranglait, son passé défilant en bribes. C’était la fin d’un shinobi torturé, mais au moins libéré de ses chaines.

    Un petit être s’était mis à couvert à l’arrière du dojo grandiloquent de la Dame exécrable. Il s’était emmitouflé dans sa capuche, à cause du froid mais surtout pour dissimulé son oreillette lui transmettant les paroles de son professeur, et un micro portatif pour faciliter la communication. Dès qu’il entendit le siège tomber à la renverse, il fouilla une poche et en tira un parchemin gribouillé. Il insuffla alors le papier de son chakra… c’était le détonateur. Cette fois, il n’avait laissé pas l’ombre d’une chance à Denonai, à partir du moment où il avait pénétré dans sa maison mortuaire. La bombe fit son ravage, la construction recouvrit de débris le corps d’un homme déchu. L’oreillette cracha ses interférences. Le tonnerre du souffle explosif résonna une énième fois dans tout le village. Les citadins se terraient, se demandant encore combien de temps cela allait perdurer. Les ninjas qui s’étaient déplacés dans le quartier du marché, furent prompts à envoyer une équipe moins importante pour celui du Sud. Ensei était content de ce second pic de désordre. Il écrasa sa radio et l’enfoui dans la neige. Il se mut jusqu’à l’entrée du fort, prêt à prendre sa chance. Il profita de la discorde en procédant à un jutsu avec lequel il voulait les prendre à revers. Il mordit son pouce et posa ses mains sur la nappe gelée.

Kuchyose no jutsu ! La Horde !

Comme convenu, une horde de canidés se jeta à l’assaut du palais. La famille adoptive d’Ensei avait répondu présente, le jeune homme les ayant mis dans la confidence. Apache n’avait pas été sollicité, vu qu’il attirerait l’attention sur des lieux. L’azuré accompagna dans le même élan toute sa troupe, des dizaines et des dizaines de loups. Comme une bonne partie de la surveillance avait été désertée, ils se ruèrent partout pour mettre la pagaille. Les hommes de garde étaient submergés. L’effet de surprise servit au gamin révolté pour gravir les étages. Sanpo, le modéré, faisait rage et couvrait leur course effrénée en se fabriquant d’énormes griffes de chakra bleu. Les loups se dispersèrent pour qu’au bout du compte, Ensei coopère avec Ippo, le loup ébène. Ils n’échangèrent pas le plus léger mot, leurs regards suffisaient. Ils avaient la vengeance qui leur hérissait le poil.
    Yokona Raikoku percevait qu’il y avait du grabuge, et étonnement elle faisait en sorte de se contenir. Derrière son voile de perles et ses vêtements officiels, elle était crispée. Un élément lui avait échappé, et elle n’aimait pas ça. D’un mouvement de ses pupilles bleutées, elle fixa un arrivant discret. C’était un shinobi de l’ombre, portant un masque de la Sixième Branche de l’ANBU.

– Madame, des intrus sont au seuil de votre salle close.

– Bien, tu peux disposer.

Ainsi fit-il exactement, il s’évapora dans la nature. Il était l’heure que ces impertinents repartent la queue entre les jambes.
    Brusquement, les cloisons en planchettes et en tissus se déchirèrent. Un animal sauvage au pelage noir surgit et la défia, les crocs luisant comme des coutelas. Auprès de lui, le shunin nouvellement nommé, avait de même montré son croc, un kunai. Ils étaient déterminés, plus rien ne pouvait les faire reculer. La maitresse de Yuki était à moitié estomaquée. Sans faire le moindre geste, ses yeux sortaient de leurs orbites. Quelle serait la finalité de cet ultime face à face ?
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MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Dim 6 Oct - 20:00

4.10 La félonne

Les cœurs pulsaient chez chacun des trois protagonistes. Ils étaient entrés dans le jeu de celui qui tiendrait le plus longtemps dans ce silence maintenu, ce que l’on appelle le calme avant la tempête. Ce fut l’invocation qui vociféra le premier :

– Espèce de garce ! Tu as enlevé Takumi, et en plus tu l’as menée à sa perte ! Tu mérites que je finisse de te couper la tête !

– Non seulement Takumi, renchérit Ensei, mais aussi tous ceux qui sont morts lors de la guerre civile, et qui ont défendu leurs droits. Mes parents étaient des gens biens… Avant je n’en étais pas sûr puisque je ne savais pas la raison de leur meurtre. Dorénavant, il ne fait plus aucun doute que vous êtes la femme à abattre. De cette manière tout rentrera dans l’ordre.

– Pff…, pouffa-t-elle de rire. C’est bien plus complexe que tu ne le crois. Si je meurs aujourd’hui, comment crois-tu que le village des flocons va tourner ? Apprenant que la Kage est décédée, les villageois se soulèveront, et au final les cadavres se répandront dans la neige. L’ensemble des habitants s’entretueront. Tu cherches vraiment à causer plus de souffrances ?... Quoiqu’il en soit, je constate que tu as retrouvé ta mémoire de gosse pourri gâté. Je devrai te coller une fessée… tu m’as menti délibérément. Tu connais même mon implication dans cette affaire… Je couperai la langue à Denonai, une fois que je t’aurai maté, mugit-elle de sa voix rauque.

Elle fit alors trembler sa silhouette, elle était en mouvement dans son milieu à l’abri des regards indiscrets. Depuis toujours, elle avait été de marbre, elle n’avait jamais cillé. Rien que le fait qu’elle bougeait, le plantait sur place. Son aura, sa force de persuasion étaient écrasantes. Qu’elle ait pu manipuler son monde pour la faire monter sur le trône, ne lui ne surprenait plus. Elle était intimidante, même cachée. Le moment tant redouté arriva, et le shunin se demandait s’il n’était pas allé vite en besogne. Le froissement du métal les fit déchanter, elle se découvrit alors à ses interlocuteurs. Ce bruit qui crissa provenait d’une hache de guerre monstrueuse dont la hampe devait être celle d’une hallebarde. La portée de cet objet devait bien s’étendre sur deux bons mètres. A son autre bras, la Dame avait pris ses précautions, en y fixant un écu rond tapé à l’effigie du village, les quatre flocons. Ce blason remplaçait le bandeau frontal. Elle s’était en outre dévêtue de son costume de Kage. Des bandelettes lui serraient la taille et la poitrine jusqu’aux cuisses. Des plaques métalliques gantaient ses mains, protégeaient ses épaules, son buste à la manière de pièces d’armure. Un pantalon bleu léger recouvrait ses jambes. En revanche, ce qui était déstabilisant était son visage de guerrière. Ses longs cheveux bruns flottaient, dégageant ses traits raffinés, ses iris de glaces étaient si ensorcelants qu’ils en feraient pâlir les fantômes. Son teint était blanc, ne sortant presque jamais de son domaine. Pour finir, une vilaine cicatrice déformait sa gorge. Elle était à la fois belle et repoussante. Une force invisible se déchainait dans cet endroit confiné. Alors que les appartements étaient parfaitement isolés du froid ambiant, la chair de poule caressa l’insubordonné. Il déglutit dès que la Yukikage se forgea aussitôt une armure sculptée dans la plus rigide des glaces. La tête était ce que l’on pouvait appeler son point faible, n’ayant pas de casque. Sûrement que par le passé, le Nidaime avait exploité ce défaut pour lui porter une large coupure au cou. Seulement depuis ce jour, Yokona devait faire bien plus attention à cette ouverture. Son blindage était resplendissant. Ce n’était que de l’eau solide, mais sa confection avait de quoi ébahir. Comment une telle femme pouvait avoir un sens aussi aigu de la splendeur ? Déjà son blindage devait lui peser une tonne. Son physique était largement supérieur à la majorité des kunoichis. Ce qui le subjuguait était ce que ressortait de cette enveloppe. Au lieu d’être fabriqué en une ou quelques pièces attachées entre elles, elle était faite d’une multitude de petits éclats gelés qui négociaient le moindre geste du tyran. Sa vitesse devait être réduite, mais pas sa souplesse ou sa mobilité. Elle n’était en rien entravée par sa lourde défense. Les ondulations mélodiques de sa robe translucide, réfractaient le peu de lumière qui les éclairait. Régulièrement, Ensei et Ippo étaient aveuglés par un feu d’artifice de loupiotes. Elle joua de sa grande hache un instant. « Hyoton – Garde-robe de l’Impératrice ! » L’air se frictionna.

– Je suis d’humeur clémente, je vous donne une chance de vous rendre sans faire d’histoire, les pointa-t-elle de son hallebarde.

Voyant qu’aucune réaction ne venait, elle les chahuta en frappant simplement le manche de son arme sur le parquet. Ceci leva un courant d’air qui les cloua sur place. Elle était bien loin de plaisanter. Eux non plus d’ailleurs.
Ne voulant pas se laisser faire, Ippo s’ébroua et chargea.

– Tu ne me fais pas peur, maudite femme ! Art des loups – Kage no Tsuki !

Tandis qu’il bondissait, il prit la peine, de se dissimuler dans les ombres qui les environnaient. Son pelage noir suie se confondait à merveille avec cette atmosphère lugubre. Ensei demeura en retrait, se demandant ce que pouvait réserver son acolyte canin. Il ne valait mieux pas qu’il interfère en agissant de son côté. Ainsi, il réalisa qu’Ippo était à quelques foulées de la Raikoku. La dictatrice s’apprêtait à le cueillir au moment où brusquement, d’autres Ippos se reflétèrent partout autour d’elle. Ce n’étaient pas des clones, en fait le loup noir se déplaçait si furtivement qu’on avait l’impression qu’ils étaient plusieurs. La question était où était-il à présent ? C’était peine perdu, puisqu’il n’était jamais au même endroit, au même moment. Yokona ne se démonta pas, et l’attendit. L’attaque d’Ippo fut soudaine, il fit s’abattre ses mâchoires près de la clavicule droite. Il l’avait pris par surprise et par derrière. Pourtant, malgré la morsure, la cuirasse avait résisté et empêcha le pire d’arriver. Puis, quelque part, même si elle était blessée, elle n’exprima aucun rictus qui le montrait. D’un punch du bouclier, elle chercha à lui faire lâcher prise. Il le reçut en pleine poire et la femme se baissant, elle le fit s’envoler vers l’avant. Il avait été désarçonné sans qu’elle n’ait à se fouler. Reprenant ses esprits durant son vol, il se ressaisit pour cracher une technique plus dévastatrice :

Katon – Déversement des Limbes !

Un flot incandescent se répandit en direction de la Kage. Ce torrent était si bouillant qu’il viendrait à bout de la cuirasse gelée. Ce fut le moment pour Yokona de brandir bien haut son écu rond. Normalement, l’alliage de cette maigre protection fondrait comme neige au soleil. Mais ce bouclier n’avait rien d’anodin. Dès que la technique le toucha, tout cet amalgame de flammes tournoyantes se fit absorber dans le disque protecteur… en une bouchée. Ippo retomba sur ses pattes, et se montra bien moins entreprenant devant ce tour de force.

– Comment est-ce possible ?

– Qu’y a-t-il ? Chercha à comprendre Ensei.

– Son bouclier et celui de Doukasen… c’est une arme sacrée ! Elle est légendaire tout comme celles qui ont appartenu au père des ninjas. Le bouclier de Doukasen a la capacité de sceller un jutsu quelque soit son rang. Il peut ensuite être libéré, pour que le porteur puisse réitérer l’exploit.

– Comment se fait-il qu’elle l’ait en sa possession ?

– Je n’en sais rien. Elle s’en est servie juste quand il le fallait. Je lui ai lancé mon plus gros katon. J’ai besoin de récupérer maintenant.

Ce fils du Loup Blanc s’était montré combattif. Il avait eu les atouts pour se charger seul de cette répugnante femme. Dorénavant, il était un peu au point mort, et c’était à Ensei d’exceller. Ce dernier aurait voulu soigner la gueule du loup, mais il le repoussa aussi sec.

– Ne gaspille pas ton énergie pour moi ! Occupe-toi de cette ordure !... Hein ? Que…

Il poussa Ensei du museau le plus loin possible. Le garçon rebelle avait du mal à saisir ce qui pouvait bien se dérouler, tandis qu’il s’affala sur le sol. Il décela que l’air exécutait des mouvements circulaires autour de l’animal. Cette sensation n’avait rien de naturelle.

– Sors de là ! Lui cria-t-il.

Il ne suivit pas le conseil. Ce n’est pas qu’il ne le voulait pas, mais qu’il ne le pouvait plus. Il était enfermé dans une cage invisible qui se rétrécissait. Ceci était l’œuvre de la Yukikage. Sa maitrise du vent était effroyable, et avec un sourire satisfait, elle claqua des doigts :

– Futon - Mistral Faucheur !

Subitement, ces vents rageurs s’intensifièrent et tranchèrent le pauvre canidé. Il n’y pouvait rien, tant que le jutsu était activé. Ce mini tourbillon faisait l’effet d’une dizaine d’épées qui venaient le trancher les unes après les autres. Il était bel et bien acculé, et ragea en se voyant défaillir. « Ensei… Tue-la, je t’en supplie. » Il s’éteignit.
La fureur du vent s’estompa, laissant derrière lui, une dépouille tachée de sang. L’effroi coula dans les veines du shunin. « Je ne peux pas… Je n’ai pas le droit de me faire piéger par cette technique, sinon… » Yokona Raikoku sentait qu’il avait moins de mordant désormais, elle en profita :

– Je reformule ma proposition. Rends-toi ! Il en est encore temps. Prête-moi allégeance, et j’oublierai ton affront.

« Si j’abandonne, elle saura trouver un moyen de m’embrigader. Elle sait tout de moi. J’ai atteint le point de non retour. »

– Une fois de plus, je suis obligé de refuser, se contint-il… et je vais vous en faire baver !

Avant même qu’elle ne réplique avec son venin, elle se retrouva genou à terre ! Un parchemin explosif détonna à son épaule, sous le commandement d’Ensei. Ippo l’avait collé sur son armure en même temps qu’il lui avait perforé la peau. Cette stratégie en équipe, la surprit mais les dégâts étaient superflus. Toutefois ce fut suffisant pour permettre à l’adolescent d’engager le combat à sa sauce. Il la mit immédiatement à contribution, en se faufilant autour de la Dame, lui projetant kunais et shurikens. Yokona réagit au quart de tour, se défendant bravement avec sa hache et son écu. Il fallait qu’il la contienne le plus longtemps possible. Arrivant dans un angle mort, il osa une attaque. Son doigt effiloché s’agrandit et se dirigea vers le cerveau de la meneuse. Il ne put s’enraciner dans les cellules nerveuses, la hache s’interposa.

– Tu me crois vraiment assez stupide pour ne pas épier le moment où tu lances cette maudite technique ?!

La balle passa dans le camp adverse. Yokona s’amusa à faire danser son subalterne. Son instrument de bucheron se chargeait en futon pour envoyer une lame de vent gigantesque et longiligne. Ses assauts à distance étaient plus redoutables que de simples étoiles ninjas. La plupart des cloisons étaient décimées, en lambeaux. Cependant, elle ne parvenait pas à atteindre Ensei qui s’en sortait de justesse, par des pirouettes, et même la dernière attaque lui passa au dessus. Si ça se trouvait, elle le faisait exprès. « Si je fais une erreur d’appréciation, ne serait-ce qu’une fois, c’est foutu ! Je dois gagner plus de temps ! » A ce rythme, le décor serait en ruine. Alors même si cela le répugnait, il conversa le premier, malheureusement il avait la langue trop pendu face à cette folle brune :

– Je me suis peut-être surestimé en pensant pouvoir vous succéder. Néanmoins, j’ai réussi à casser l’un de vos joujoux. Votre frère adoré n’est plus de ce monde.

– Tu… Tu plaisantes, pas vrai ?! Denonai ne peut pas… ! C’en est assez de tes mensonges !

– Oh que non, ce n’est pas une blague, autrement il serait là pour nous séparer. Il m’a tout dit sur ce que vous avez fait subir à ma famille, avant que je ne le supprime. Vous ne pouvez pas savoir combien j’y ai pris du plaisir ! La provoqua-t-il.

Il avait dépassé les bornes. Elle fulminait, mais le plus effrayant, était qu’elle ne déversait pas encore sa colère. La kunoichi viking sortit brutalement de ses gonds. Ses pupilles s’étaient dilatées, elle ne cligna pas une seule fois des yeux. Le bleu ciel de ses globes était devenu flamboyant. Un vent de tempête souffla, se concentra pour faire éclater en miettes le plafond et les toitures de tuiles. Ils étaient maintenant à l’air libre. Le ballotement de ses courants d’air s’accrut. Un blizzard de tous les diables entra dans la bicoque, emportant avec lui ses flocons. La Sandaime réapparut dans un grondement à chacun de ses pas. « Mon dieu ! Toutes ces tempêtes qu’essuie Yuki proviennent en fait de cette dingue ! Ses sautes d’humeur provoquent des bourrasques violentes ! » Yokona avait l’envie de le décapiter, cela se lisait dans ses intentions. Ça y est, elle était à portée de lui faire du mal !

– C’est bon ! Je vous demande pardon… faites de moi ce que bon vous semble, couina-t-il tout en se recroquevillant sur lui-même.

Il se sentait fini. Comment pouvait-elle se calmer après cette annonce ?! Pourtant, le blizzard diminua en intensité devenant une brise rassérénant l’âme de la kunoichi en armure de glace. Décidément, il allait de surprise en surprise. Il s’en sortirait probablement. Elle maugréa une parole :

– Je préfère ça. Il était temps que tu capitules. Mais toute action a ses conséquences. Black ! Conduis-le dans une cellule de la tour des Lamentations. Je veux qu’il me respecte et qu’il me prenne au sérieux. Ainsi ce genre d’incident ne se reproduira plus.

Le grand black chauve fit irruption dans ce qui restait de la salle. Soumis à sa Kage, il prit fermement les poignets du rebelle, et les serra dans des menottes de terre. Le silence était retombé, mettant en scène la décadence du Makusa.

– Je te ferai vivre l’enfer, s’indigna la guerrière. Je détruirai ton mental à un point tel, que tu auras peur de le revivre une seconde fois. Tu es miens.

Alors que le prisonnier et son garde progressaient à allure modérée, Ensei s’arrêta et tourna lentement vers elle sa frimousse.

– Je ne crois pas, non. Jamais je ne ma prosternerai devant vous. Vous n’êtes qu’une personne égocentrique et malade ! Allez vous faire soigner ! Je vous dis à la revoyure, car la prochaine fois, votre souvenir à votre cou s’ouvrira pour la dernière fois.

Le garde du corps se demandait vraiment si ce garçon était sain d’esprit pour insulter la Yukikage. Il fut alors complètement démuni quand le provocateur lui échappa en se dissipant en fumée. « C’était un clone ?! » A ce constat de dernière minute, la demoiselle péta un câble et hurla de rage. Son nouveau bras droit se protégea du mieux qu’il put de la nouvelle tempête de neige qui déferla.

Fuyant de bosquet en bosquet, un shinobi sillonnait le pays des neiges. Il se dirigeait vers la frontière sud. Très bientôt, il foulerait le pied au pays de l’Eau. D’ailleurs, il était habillé comme un ninja originaire de là-bas. Pourtant, il n’en était pas un. Ensei avait pris tout le nécessaire pour se réfugier à Kiri. La couverture que lui avait offerte Yokona sur un plateau, était une aubaine. Son clone disparut, et toutes les informations qu’il avait engrangées fourmillèrent dans sa caboche. Son objectif principal s’était avéré être un succès, Denonai s’était donné la mort. Pour la sœur écervelée, il verrait plus tard. Il n’avait pas encore tout le potentiel pour la vaincre. Il consulta en route ses papiers, dont la photo de celui qu’il remplacerait au sein de l’ANBU du brouillard. « Bon, dorénavant, je répondrai du nom de Jyu… En tout cas, prendre du recul dans un autre pays me changera les idées. La Yukikage ne pourra pas me dénoncer autrement elle perdra toute crédibilité envers le Mizukage, et une guerre ouverte éclatera. Un ninja des flocons espionnant Kiri, ce ne serait pas bon pour ses affaires, héhé. De toute façon, il fallait que je passe dans cette ville… Une promesse et l’honneur de mon clan sont en jeu. » Malgré son jeune âge, Ensei n’avait pas peur de l’inconnu, ni du dépaysement. Il était préférable pour lui de se refaire une nouvelle vie, et c’était une étape pour l’accomplissement de son rêve. Approchant des limites des contrés de Yuki, il plaça un masque d’ANBU à l’expression neutre pour entrer dans la peau d’un autre. « C’est parti, direction KIRI ! »
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MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Sam 19 Oct - 11:36

Je vais donc m'arrêter ici pour cette fiction. ^^
Merci pour votre soutien.

Le sujet peut être locké !  
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Luffa
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MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   Lun 21 Oct - 16:11

Merci à toi de l'avoir partagée avec nous ! *^*
Je lock donc le sujet.

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MessageSujet: Re: Les enfants des neiges [Naruto]   

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Les enfants des neiges [Naruto]
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